LP : déclaration commune Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu

mercredi 2 mars 2005
popularité : 5%

Les organisations syndicales Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu dénoncent les orientations politiques actuelles en matière d’enseignement professionnel.

Les suppressions de sections de formation se poursuivent depuis maintenant 3 ans. L’offre d’enseignement professionnel est sérieusement entamée, les conditions d’études pour les jeunes et de travail pour les personnels se dégradent, notamment avec les regroupements en enseignement général.

Cette situation est le résultat de choix budgétaires qui sacrifient l’emploi dans l’Education nationale et singulièrement dans les Lycées professionnels.
Le budget 2005, qui programme la suppression de 2 166 emplois de PLP, se situe dans la lignée des 2 budgets précédents. Les postes ouverts au concours de recrutement des PLP connaissent une amputation de 1 500 postes en deux ans. Le recrutement prévu pour cette année ne compensera pas les départs prévisibles à la retraite (2 840 recrutements pour 3005 départs).

Les potentialités de l’enseignement professionnel sont attaquées alors que, dans le même temps, le gouvernement entend promouvoir l’apprentissage.

Ainsi, la loi d’orientation insiste sur la nécessité d’augmenter de cinquante pour cent le nombre d’apprentis actuellement présents -plus de 20 000 dans les lycées professionnels et les lycées technologiques- pour répondre aux objectifs fixés par le gouvernement de passer de 360 000 à 500 000 apprentis dans et hors Éducation nationale d’ici 2009.
Il y a là une certaine cohérence entre le désengagement de l’Etat vis-à-vis des formations sous statut scolaire et le développement de formations sous contrat d’apprentissage.

Ne sommes-nous pas dans une stratégie de substitution de l’un par rapport à l’autre ?
Les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu, rappellent leur opposition à cette politique qui hypothèque gravement l’avenir. Se trouve en effet posée la pérennité d’un système de formation qui a fait ses preuves.

S’il est vrai que l’apprentissage complète la formation initiale publique, la complémentarité dont parlent les ministres, et souvent les régions, est un moyen de concurrencer l’enseignement professionnel au profit de l’apprentissage. Il n’est pas, comme le présente la loi Borloo, un dispositif d’insertion réservé aux publics en difficulté. Il n’est pas non plus, loin s’en faut, un remède miraculeux contre le chômage des jeunes comme tente de le faire croire le gouvernement.
Il est conçu davantage comme une réponse politique au chômage des jeunes que comme un véritable dispositif de formation initiale.

Nous sommes attachés à la défense et à la promotion d’un enseignement sous statut scolaire qui accueille la moitié des élèves scolarisés du second degré, dans les lycées professionnels et les lycées technologiques :

- Parce qu’il pose le principe d’une formation professionnelle associée à un enseignement général complet et de haut niveau, permettant une insertion professionnelle et favorisant les évolutions ultérieures dans le cadre d’une formation continue ;
- Parce qu’il a su s’ouvrir sur l’entreprise pour asseoir les contenus de formation sur la réalité des métiers ;
- Parce qu’il pose les principes fondamentaux de la laïcité républicaine où prime l’intérêt général et non les intérêts des entreprises.

La mise en place de classes de 3è « découverte professionnelle » 6 heures dans les lycées professionnels complète les actuelles 4è en alternance et réhabilite en fait le palier d’orientation dès la 5è.

Découvrir les métiers est utile à tout collégien. Ceux qui sont en difficulté n’en ont pas plus, ni plus tôt, besoin ou envie pour vaincre leurs difficultés. Le traitement de ces difficultés nécessite d’autres analyses et d’autres moyens. Loin de cela, on utilise la découverte professionnelle renforcée en 3è comme filière de relégation. La "vocation" de remédiation à l’échec scolaire de l’enseignement professionnel se trouve ainsi confortée. Même si l’enseignement professionnel doit participer, comme les collèges et les LEGT, à la remotivation de certains élèves, le désigner comme le seul recours aux difficultés scolaires conduit à stigmatiser et cette voie et les élèves. C’est par ailleurs oublier que sa principale mission est de leur donner une qualification professionnelle reconnue.

Ainsi, la loi d’orientation, rejetée par la totalité des organisations syndicales et des associations de parents d’élèves et de lycéens au Conseil Supérieur de l’Education, constitue une sérieuse menace pour le service public d’éducation dans son ensemble.

Les dispositions concernant l’enseignement professionnel et les PLP sont particulièrement néfastes. Elles annoncent la casse du statut des PLP avec, en perspective, une redéfinition des services et de nouvelles obligations, notamment celle d’enseigner en apprentissage.

Après le succès des actions du 20 janvier les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu appellent les PLP à préparer activement les actions interprofessionnelles du 10 mars pour la défense du service public et à inscrire dans ces actions les aspects spécifiques portant sur les enjeux de l’enseignement professionnel pour :

- L’abandon du projet de loi d’orientation,
- L’arrêt du développement de l’apprentissage en concurrence à l’enseignement professionnel,
- Des moyens budgétaires permettant de préserver et de développer l’offre de formation des lycées professionnels et des lycées technologiques,
- L’ouverture de négociations.

Les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu décident d’entreprendre une campagne de mobilisation de l’ensemble des personnels de la voie professionnelle en lançant un appel unitaire pour arrêter le démantèlement de l’enseignement professionnel initial, public et laïque.

Dans un premier temps, elles engagent leurs organisations académiques à solliciter, courant mars, des audiences communes auprès des rectorats et conseils régionaux appuyées, partout où c’est possible, par des délégations d’établissement.
Elles se retrouveront afin d’examiner les termes d’une pétition nationale sur le thème « Halte au démantèlement de l’enseignement professionnel ».

Paris, le 2 mars 2005


Documents joints

Word - 155 ko
Word - 155 ko

Agenda

<<

2020

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
293012345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.