49ème congrès CGT : position du SGPEN-AC-CGT sur le texte d’orientation

vendredi 20 novembre 2009
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Le syndicat SGPEN-AC-CGT des ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche, constate un très grand décalage entre les thèmes du texte d’orientation et la situation actuelle.

Le congrès devrait tirer toutes nos organisations vers le haut, vers une mobilisation générale des salariés pour faire face à ce qui s’annonce comme la plus grande crise de toute l’histoire du capitalisme. Le congrès devrait en faire son thème prioritaire.

La crise est structurelle, elle trouve son origine dans la contradiction entre l’énorme puissance sociale de la production et la base étroite sur laquelle elle repose, l’appropriation privée des fruits du travail. Incapable de faire fructifier dans la sphère productive les énormes profits accumulés, le capital a cherché d’une part à créer des marchés à sa mesure, les marchés financiers, d’autre part à piller les richesses sociales constituées par les services publics, enfin à perpétuer et à aggraver le système de pillage des ressources des pays en voie de développement.

La crise venue, le Gouvernement s’est empressé de venir au chevet du monde de la finance, déployant des centaines de milliards d’euros afin de s’assurer de son bon rétablissement et de celui des superprofits. Les milliards distribués pour sauver le système sont d’ores et déjà budgétés sur le dos de la collectivité, ce sont les services publics et les fonctionnaires qui sont désignés comme responsables du déficit abyssal des finances publiques, ce sont les salariés du privés qui devront payer par les licenciements, la baisse des salaires et l’intensification du travail.

Face à cette situation, le SGPEN-AC-CGT considère que notre confédération CGT devrait être tout entière mobilisée (et le 49è congrès devrait refléter cette position) pour :

  • élaborer avec toutes les forces qui le veulent bien, un programme de lutte contre les conséquences de la crise, avec des revendications précises et chiffrées (comme par exemple 300 € d’augmentation immédiatement pour tous), revendications liées au recouvrement, par le monde du travail, des 10 points de PIB qu’il a perdus en faveur des profits depuis 25 ans, profits qui ont essentiellement alimenté les circuits financiers qui amènent aujourd’hui le monde dans l’abîme. Il faut donc les récupérer, dans les salaires directs, et dans les cotisations sociales (maladie et retraite en particulier). Il faut en finir par ailleurs avec les destructions massives d’emploi dans le privé comme dans le public, qui entraînent ces formes de management aux conséquences si graves pour les salariés ;
  • sur cette base, préparer, avec tous ceux qui le veulent, les conditions d’une mobilisation générale, pour peser de façon décisive, et qui pourrait prendre la forme d’une grève générale.

Par ailleurs, le SGPEN-AC-CGT constate que la défense du service public, de la fonction publique et de son statut est insuffisamment marquée dans le document d’orientation. La défense du statut de la fonction publique (attaqué de multiples manières, RGPP, loi mobilité, nouveau régime indemnitaire, etc.) n’est pas une question corporative, elle intéresse au contraire tous les citoyens et l’avenir de la démocratie. En effet, en période de crise notamment, le secteur public est un des modes de redistribution des richesses les plus efficaces. Le congrès devrait s’exprimer clairement sur le sens de la destruction du statut de la fonction publique :

  • réduire la fonction publique autour de quelques fonctions régaliennes de décision et de contrôle,
  • démanteler les services publics, en les confiant à des agences ou au secteur privé,
  • instaurer dans les services publics une logique marchande, concurrentielle, rompant avec les grands principes d’égalité, de continuité et de neutralité. Pour cela, la casse du statut de la fonction publique de 1946 (précisé en 1983) est nécessaire afin de supprimer les principes qui gouvernent l’emploi du fonctionnaire, comme par exemple la séparation du grade et de l’emploi et la logique de carrière, garantes de l’indépendance et de la neutralité des fonctionnaires.

Des services publics livrés au privé ou à la logique marchande, des administrations réduites à de petits états-majors obéissants, tout cela suppose d’en finir avec le statut général des fonctionnaires élaboré par les résistants à la Libération, afin de substituer au fonctionnaire impliqué dans le développement du service public un employé contraint par les ordres de son employeur.

Enfin, le SGPEN-AC-CGT affirme son opposition à la constitution d’un syndicat territorial, qui deviendrait l’organisation de base de la CGT. Ce type de structure est inutile et dangereux :

  • inutile, car toutes les fonctions qu’on lui prête peuvent être assurées soit par les UL et les UD, soit par les syndicats d’entreprise (ou d’institution), pour peu qu’on leur en donne les moyens. L’immense et historique grève des sans papiers de la région parisienne montre d’une part le rôle des UL et des UD comme de certains syndicats, et d’autre par que la question de la sous traitance est parfaitement posée par ce type de mouvement dans le cadre des structures actuelles.
  • dangereux, car le syndicat de territoire apparaît comme une structure bureaucratique éloignée de la base, et dépouillant les syndicats de base de leur autonomie. Le SGPEN-AC-CGT rappelle son attachement au fait que l’organisation de base de la CGT est le syndicat d’entreprise (ou d’institution), que ce syndicat de base doit garder son autonomie, en particulier qu’il doit conserver la maîtrise de son périmètre d’activité et de syndicalisation tout en favorisant les coopérations territoriales en renforçant notamment le rôle des UD et UL, et l’émergence de collectifs informels autour de revendications communes.

Paris, le 9 novembre 2009


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