Compte rendu du congres confédéral de la CGT

Du 7 au 11 décembre 2009 : Nantes.
lundi 14 décembre 2009
par  Didier Germain-Thomas
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La grande majorité des délégués au congrès confédéral a donc approuvé le bilan d’activité, le document d’orientation et la nouvelle commission exécutive proposés par la direction sortante. Ce n’était pas le choix fait par les syndicats SDEN 76 et SDEN 27 qui au contraire s’étaient nettement prononcés contre.

Au cours de ce congrès on a pu vérifier à la fois les forces et les faiblesses de la CGT.

Force du nombre de ses adhérents (plus de 600 000) et de son implantation, même si c’est de façon inégale, dans toutes les couches du salariat, dans toutes les régions et villes du pays. Force de ses dizaines de milliers de militants syndicaux dévoués, combatifs, qui font de la CGT, indépendamment de la ligne de sa direction, la première organisation ouvrière de ce pays. Cette qualité est apparue à de très nombreuses reprises dans les interventions des délégués qui décrivaient leurs combats, défendaient leurs positions, quelles qu’elles soient. Des jeunes, des femmes, des travailleurs de toutes origines oui il y en avait beaucoup au congrès, et qui se sont affirmés avec force comme des militants de leur classe.
Cela a été manifeste lors des interventions des travailleurs sans-papiers, représentants de quelques 6000 grévistes, applaudis longuement debout par toute le congrès. Ou bien encore, par exemple, lors de l’intervention d’un jeune délégué de Mollex qui a enthousiasmé le congrès en racontant la lutte de ses camarades contre les licenciements.

Mais les faiblesses sont là. Et d’abord de lourds dysfonctionnements démocratiques. Certes un congrès qui doit refléter l’avis de 600 000 syndiqués est d’une extrême complexité à organiser. Mais combien de délégués étaient porteurs de voix dûment exprimées en assemblée ou réunion par les syndicats qu’ils représentaient ? Combien de mandats « muets » se sont transformés en mandats « pour » ? Certainement beaucoup plus qu’en mandats « contre » en tout cas ! Certains responsables de fédérations expliquant par exemple aux délégués perplexes qu’il fallait compter ces mandats en vote « pour » car :« qui ne dit mot consent ».
Pourquoi les syndicats qui avaient déposé des amendements (c’était le cas de nos deux SDEN) ne pouvaient-ils pas les faire voter par les délégués comme cela se fait dans les congrès de bien des fédérations CGT ?

JPEG - 13.7 ko Mais la principale faiblesse demeure l’entêtement de la direction confédérale à considérer que son orientation, une fois votée en congrès, est comme intangible. Bernard Thibault à la clôture du congrès a tenu à rappeler qu’à la CGT « il n’y avait pas d’opposition ». Ce qui est nier l’évidence. Bien sûr qu’un nombre considérable de syndiqués ne partage pas les choix stratégiques des journées d’action isolées et d’unité syndicale à tout (petit) prix de ces dernières années (plus de 100 000 mandats dans les votes « contre »). Ce n’est pas une « opposition » organisée, structurée, mais elle s’exprime avec de plus en plus de forces dans la CGT et elle s’est encore plus largement exprimée à ce congrès qu’aux précédents.
Au lieu de reconnaître ce fait, de poser clairement les choix de stratégies aux syndiqués, d’intégrer dans les organes dirigeants des représentants affirmés d’une autre ligne possible, la direction confédérale préfère nier en bloc et n’y voir que des complots hostiles au syndicat ou simplement l’expression de « doutes » ou de « questions » de la part des syndiqués.

En tout état de cause la résolution finale d’actualité adoptée à la fin du congrès ne risque pas de lever les « doutes » et encore moins de faire taire les oppositions. Une seule action concrète annoncée :Une journée d’action européenne le 24 mars. Sinon des « campagnes » sont envisagées, sur les salaires et l’emploi. Mais rien sur l’offensive à venir du gouvernement sur les retraites et rien de clair sur les revendications à mettre en avant, les méthodes de luttes et les alliances éventuelles avec d’autres syndicats…

Ce que nous souhaitons ardemment c’est que, comme c’est déjà arrivé lors de toutes les grandes luttes, les syndiqués de toute la CGT et les travailleurs, par leur combativité et les luttes qu’ils déclencheront, imposent dans les faits un tout autre scenario que celui, si peu offensif, que vient d’adopter la direction confédérale.

Didier Germain-Thomas
Délégué des sden 76 et 27 au 49ème congrès confédéral


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