Appel contre la suppression des cours d’histoire en Terminale S

Par un collectif de professeurs, à propos de la réforme des lycées
mercredi 23 décembre 2009
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Nous publions ci-dessous un appel contre la suppression de l’histoire-géographie en Terminale S.


« L’Histoire est la conscience de l’humanité » a écrit il y a plus d’un siècle et demi le grand journaliste libéral Emile de Girardin.

C’est à cette conscience de l’humanité que s’attaque aujourd’hui le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, diplômé de marketing, ancien chef de produit, puis chef de groupe enfin directeur des ressources humaines de l’Oréal, leader mondial de cosmétiques.

Une mise à mort programmée.

Il vient en effet d’annoncer sa volonté de rendre cet enseignement optionnel en terminale S celle qui accueille plus de la moitié des effectifs de l’enseignement général en terminale. En réalité cette transformation en enseignement facultatif d’un enseignement jusqu’ici obligatoire et figurant comme tel au baccalauréat préfigure sa disparition définitive à moins que les enseignants s’appuyant sur une mobilisation de tous les citoyens attachés à l’école républicaine ne contraignent le ministre à renoncer à son projet. Luc Chatel croit nous donner le change en annonçant le maintien voire le renforcement de cet enseignement en première assorti d’une épreuve anticipée du bac à la fin de cette année. Mais concentrer sur deux ans ce qui s’étudiait en trois ans suppose inévitablement soit que l’on sacrifie des pans entiers du programme d’histoire contemporaine soit leur « compactage » en « thèmes » vagues et larges, propices à tous les endoctrinements, où l’idéologie préétablie submergera toute connaissance de faits objectifs.

On massacre l’enseignement de l’histoire depuis plus de trente ans.

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie dénonce à juste titre ce dispositif et ses conséquences corporatives. Nous voudrions ici souligner la continuité entre cette contre réforme et celles qui l’ ont précédée : dès les années 1970, fut imposée en primaire la dissolution de nos disciplines dans le brouet clair de « l’éveil » et au collège apparurent les « thèmes » diachroniques ; si bien qu’en 1979 Alain Decaux pour le grand public, Pierre Goubert avec le prestige que lui conféraient ses travaux universitaires sonnèrent l’alarme : on n’apprend plus l’histoire à vos enfants.

Le lycée épargné jusque là subit à son tour l’assaut des démolisseurs : en 1995 le ministre Bayrou bouleverse les programmes de seconde sous prétexte d’y introduire l’enseignement du « fait religieux » et afin de souligner les hypothétiques racines communes aux nations européennes et en particulier leurs prétendues racines chrétiennes. Cela nous valut un programme à thèmes totalement désarticulé sans aucun souci de cohérence chronologique et interdisant par conséquent toute appréhension de la causalité en histoire : le citoyen à Athènes au Ve siècle, naissance et diffusion du christianisme, la Méditerranée au XIIe siècle, carrefour de trois civilisations (souligner les fondements religieux et politiques), Humanisme et Renaissance, la Révolution et l’Empire...

Pour faire face à l’indifférence croissante des familles et des jeunes à l’égard des questions religieuses dans une Europe de plus en plus sécularisée, on choisit de les aborder par le biais du culturel ce qui nous valut de beaux chapitres magnifiquement illustrés sur la Renaissance artistique des XVe et XVIe siècles mais au prix d’un escamotage des questions suivantes : la découverte de l’Amérique, le commerce transatlantique et la traite esclavagiste, l’effacement de la Méditerranée au profit des Etats situés sur la façade atlantique ! Le chapitre traditionnel sur la société d’Ancien régime passait lui aussi à la trappe, on étudierait désormais la Révolution en omettant de rappeler précisément ce qu’était cette société du privilège qu’elle abolit en proclamant l’égalité en droits !

Nouvelle offensive en 2003 : au nom de l’approche thématique, on imposa aux élèves de première littéraire et économique et sociale d’étudier l’histoire du premier XXe siècle avec la grille de lecture suivante : « guerres, démocraties et totalitarismes » (1914 1945)., inspirée directement par le révisionniste allemand Ernst Nolte.

Cette confusion délibérément entretenue entre nazisme, fascisme et stalinisme au nom du fumeux concept de totalitarisme faisait fi des circonstances historiques différentes qui avaient présidé à la naissance de ces régimes, ignorait les forces sociales qui les soutenaient, les objectifs poursuivis, l’un menant à la chambre à gaz et l’autre au camp de travail suivant la formule de Raymond Aron. Cet envahissement majeur du thème du totalitarisme permettait de gommer le rôle des magnats de la sidérurgie allemande dans la venue au pouvoir de Hitler, d’effacer le lien entre la grande crise de 1929 et la marche à la seconde guerre mondiale ! Celle-ci disparaissait des programmes de troisième et devenait une crise comme une autre, un accident de la croissance en première ! D’une manière générale, les faits économiques et les luttes sociales n’étaient plus mis en rapport avec les évènements politiques, et la trame chronologique était disloquée par ces fameux thèmes, interdisant de fait aux lycéens de première de trouver une quelconque causalité dans l’enchaînement des évènements.

La fin de l’histoire ?

Ce fut le pronostic émis par l’illuminé Fukuyama saluant la chute du mur de Berlin et la désintégration de l’URSS - deux événements de nature et de portée différentes - comme l’avènement d’une ère paisible pour un capitalisme sans entraves et sans crises...Or depuis 1989 les guerres n’ont pas manqué ni les crises économiques. Néanmoins nos ministres de l’éducation nationale persistent. Luc Chatel veut aujourd’hui parachever l’oeuvre entreprise depuis près de quarante ans, de mettre à mort l’enseignement de l’histoire et de la géographie. La contre réforme de Luc Chatel annonce le coup de grâce.

« Celui qui ignore son passé est condamné à le revivre. »

Veut-on condamner la jeune génération à revivre la grande crise de 1929 ? Veut-on rendre inévitable la marche à de nouveaux affrontements guerriers, pour le pétrole, pour l’eau, pour les métaux rares, le tout déguisé en conflits de civilisation ? Ou en « lutte contre le terrorisme » ?

Le président de la république préfère les curés aux instituteurs.

Avec Condorcet nous pensons que la théologie n’a rien à faire dans l’instruction publique et que celle-ci, gratuite, générale, laïque et obligatoire est due par la république à tous les jeunes, les futurs citoyens.

Nous rejetons les affirmations intéressées de ceux qui prétendent que pour « rétablir le lien social » il faille développer le sens du « sacré » et souligner les « fortes valeurs fédératrices » des trois monothéismes, (tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu aimeras ton prochain, vaste programme ironise Paul Veyne, et qui n’ a jamais empêché les clergés de tous bords de bénir les guerres, les guerriers et les financiers ...)

Avec les grands révolutionnaires de 1789-1793, nous pensons que les hommes, les femmes et en particulier les jeunes générations ont besoin d’être éclairés et non pas endoctrinés, comme avant-hier sous Pétain sous la bannière du Sacré Coeur et du culte du chef, aujourd’hui sous le drapeau de l’Education civique moralisatrice façon patronage, où la tolérance, la solidarité et le développement durable sont chantés sur tous les tons : pendant que de multiples associations s’invitent dans les classes pour « construire un puits au Burkina Faso », on néglige d’enseigner aux collégiens la géographie de l’Afrique et aux lycéens le rôle du FMI, de la Banque mondiale et des multinationales dans le pillage de ce continent.

Nous invitons tous ceux qui croient encore aux valeurs républicaines et démocratiques, à dire « halte au massacre de l’enseignement de l’histoire et de la géographie » et, comme première mesure d’urgence à signer la pétition de l’Association des professeurs d’Histoire et de Géographie [1] qui exige le maintien de l’enseignement obligatoire de l’histoire géographie en terminale scientifique. La jeunesse a le droit de connaître le passé afin de pouvoir comprendre le présent et s’attacher ainsi à ne pas revivre les désastres qui ont toujours accompagné et suivi le déferlement de la misère, l’ignorance et l’enrôlement des hommes et des femmes au nom de la race ou de la religion ou de la terre.

Nous invitons ceux qui veulent se joindre à cet appel à le faire savoir auprès de Nicole Perron 71 A rue de Talant 21000 Dijon / lucienperron [at] wanadoo.fr


Premiers signataires :

- Paul Arrighi, docteur en histoire
- Michel Barbe, agrégé de géographie
- Marie Claude Bartholy, professeur de philosophie
- Odile Dauphin, coordinatrice du livre collectif L’enseignement de l’histoire-géographie de l’école élémentaire au lycée, vecteur de propagande ou fondement de l’esprit critique ? paru en 2009 à l’Harmattan
- Christine Excoffier professeur d’histoire géographie, lycée Périer à Marseille
- Rémy Janneau, agrégé d’histoire, ancien professeur à l’IUFM de Basse Normandie
- Elsa Forey, professeur de droit public, Université de Franche Comté
- Franck Labrasca professeur de lettres à l’université Rabelais Tours
- Claudie Lescot, professeur au collège Sonia Delaunay, en ZEP, Paris, XIXe arrondissement.
- Jean Jacques Marie, agrégé, historien de la révolution russe
- Danièle Moatti-Gornet, agrégée d’histoire, docteur en philosophie, professeur au lycée Simone Weill à Paris
- Nicole Perron, agrégée, historienne de la révolution française
- Serge Sebban, professeur au lycée Bergson, Paris XIXe arrondissement.
- Jean Marc Schiappa, historien des babouvistes, président de l’Institut de recherches et d’études de la Libre pensée


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Mouvement 2019 des personnels ATSS :

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Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

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la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

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Lire la suite sur le site La Vie Moderne

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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
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4 pages spécial Retraités de la FERC

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Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

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Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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