Identité nationale : un débat piégé, mascarade dangereuse et raciste !

mercredi 23 décembre 2009
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Eric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a initié à partir du 2 novembre « un grand débat sur l’identité nationale ». Un site internet est ouvert et des réunions auront lieu dans les préfectures et sous-préfectures, un colloque de synthèse est prévu le 28 février 2010. Deux questions sont posées dans le cadre du débat sur « les valeurs de l’identité nationale » : « Qu’est-ce qu’être français ? Quel est l’apport de l’immigration à l’identité nationale ? » Notons que ce gouvernement n’est pas le premier à soulever ce type de questions. L’Institut Montaigne, dirigé par Claude Bébéar, boîte à idées de la droite libérale (financé par Bolloré, les Caisses d’Epargne, Bouygues, Dassault, Media Participation) avait déjà prévu un colloque intitulé « Qu’est-ce qu’être français ? » le 4 décembre à l’Ecole Militaire ( !) dont la clôture est prévue avec un discours de Nicolas Sarkozy. En 2007, la lettre de mission du président au ministre Hortefeux auquel succéda Besson en juin 2009 précisait : « En étant nous-mêmes fiers d’être français, nous facilitons l’intégration des étrangers que nous accueillons. Comment leur demander d’aimer la France si nous ne l’aimons pas nous-mêmes ? »

Derrière ce « faux débat » pointe le racisme lié au nationalisme, le racisme qui vise à stigmatiser l’étranger et le musulman.

Cette double injonction, à l’endroit des français et des étrangers « accueillis » est à mettre en rapport avec cette menace : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes ».
Il n’est pas inutile de préciser que les mesures concrètes à prendre à l’issue du débat sont déjà avancées par le ministre : remettre au goût du jour « les symboles et les emblèmes nationaux », « faire partager les valeurs de l’identité nationale », mettre en place « un contrat d’intégration nationale » pour les nouveaux venus et « un contrat avec la nation » pour les étrangers candidats à la naturalisation, faire chanter La Marseillaise au moins une fois par an aux jeunes…

Les initiateurs gouvernementaux du débat sont disqualifiés tant les arrière pensées sont évidentes et les pratiques en matière de traitement des demandes d’asile, de l’immigration, de manquement aux textes internationaux signés par la France sont indignes.

Qu’il s’agisse de l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention avant expulsion de tout ou partie de familles, emprisonnement interdit par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont on a fêté le 20ème anniversaire le 20 novembre (la suppression des moyens et de la fonction de défenseur des enfants a à voir avec cette question) ! Qu’il s’agisse du renvoi de 3 afghans dans un pays en guerre ! Qu’il s’agisse des contrôles policiers au faciès, un noir est contrôlé 6 fois plus qu’un blanc, un « arabe » 8 fois plus ! Qu’il s’agisse des discriminations à l’embauche, de l’exploitation de la main d’œuvre immigrée avec ou sans papiers qui lutte actuellement pour sa régularisation et l’égalité des droits. L’Etat foule aux pieds les valeurs dites républicaines.

Quels sont les objectifs du débat lancé par Besson ?

C’est une opération dont le gouvernement et le chef de l’Etat entendent tirer tout le bénéfice : agiter le drapeau de l’identité nationale dans une période précédent immédiatement les élections régionales n’est pas fortuit et permettra de rééditer le coup de la campagne présidentielle en forme de siphon des voix d’extrême droite. Cela fait aussi diversion sur les effets de la « crise » durement ressentie par les travailleurs et les jeunes. Dans le même temps cela vise à ressouder une droite dont certains éléments renâclent fortement. JF Copé, patron des députés UMP, interrogé (1) début octobre sur la seconde partie du quinquennat évoque « une question centrale qui est à (mon) avis LA question, qui est celle de l’identité française ». Fillon estimait (1) le 6 octobre que la seconde partie du quinquennat va se jouer dans les 3 mois qui viennent. La question identitaire serait donc le premier étage d’un nouveau projet politique à droite ?

Pas question donc de participer à la mascarade du débat.

Ce n’est pas à l’Etat de définir notre identité. Nos cultures, nos expériences sociales, nos itinéraires de vie divers et variés, nos métissages ont forgé des identités multiples.
Les valeurs d’égalité, d’humanité n’ont rien à voir avec la défense d’un quelconque drapeau national car les valeurs progressistes sont universelles, elles n’ont pas de frontières.
Notre réponse sera donc de refuser de rentrer dans le débat officiel mais d’y répondre en actes en donnant notre point de vue publiquement, en défendant plus que jamais face à cet écran de fumée le principe de laïcité, celui d’égalité des droits et les libertés et droits fondamentaux que ce gouvernement foule aux pieds quotidiennement.
Nous soutenons toutes les initiatives qui dénonceront cette propagande gouvernementale. Nous rejoignons tous ceux, historiens et autres qui ont réclamé la suppression du ministère de l’Identité nationale.

Dominique Pierre.


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Brèves

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.