Déclaration au CDEN du 1er avril 2010

lundi 19 avril 2010
par  François-Xavier Durand
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Les effets de la crise sociale et économique, accentués par les plans de licenciement ou de restructuration dans les entreprises et les services publics, touchent l’ensemble de la population. Cela se traduit par une augmentation du chômage et de la précarité. Dans ce contexte, le gouvernement poursuit sa politique de destruction d’emplois de fonctionnaires, notamment dans l’Éducation Nationale : 40.700 emplois de supprimés en 3 ans dont 16 000 à la rentrée prochaine... Et la tendance va en s’accentuant ! Parallèlement, les personnels sont frappés de plein fouet par les effets de la RGPP caractérisée par de nouvelles méthodes de management et coupes franches dans les politiques publiques.

Cette politique nationale de réduction de postes s’accompagne aussi, comme au Havre, de fermetures d’écoles, réduisant non seulement l’offre d’un service public d’Éducation de proximité, mais favorisant à terme la mise en place des EPEP. Ainsi, après avoir fermé l’école Henri Wallon en 2008, puis Marie Laurencin, Pauline Kergomard et Anatole France à la rentrée 2009, la municipalité poursuit en fermant à la rentrée prochaine, les écoles Erik Satie, Jean Macé et Pré-Fleury. De 130 écoles en 1995, la municipalité ne cache pas son objectif d’atteindre les 100 écoles à la fin de la mandature, prévoyant déjà pour la rentrée 2011 de nouvelles fermetures d’écoles. La CGT Éduc’Action 76 dénonce ces fermetures d’écoles et s’opposera à toute tentative de constitution des EPEP.

Dans notre département, qui n’est pas épargné par la crise sociale et économique, une partie de la population va en subir une nouvelle fois les conséquences et ce malgré une hausse affichée de 7 postes, puisque le nombre des fermetures de classes risquent d’être plus importantes que celui des ouvertures. Une fois de plus, les besoins exprimés par les enseignants, pour la réussite de tous les élèves ne sont toujours pas pris en compte.

Ces créations de postes, ne masquent pas l’insuffisance des départs en formation d’enseignants spécialisés, ne permettant pas de répondre aux nombreux postes vacants dans notre département. Entre 2008 et 2010, les départs en formation spécialisée ont baissé de 76%. Aggravé par la sédentarisation des maître E imposé par le gouvernement l’année dernière, ce sont évidemment les élèves les plus en difficulté qui en paient un très lourd tribut. La CGT Éduc’Action 76 continue de revendiquer le rétablissement des postes de maitre E supprimés l’an passé et l’augmentation des départs en formations d’enseignants spécialisés pour répondre aux besoins des équipes éducatives pour la prise en charge sur le temps de scolarité obligatoire des élèves en grande difficulté.

Ces créations de postes ne correspondent pas, non plus, aux postes nécessaires qu’il faudrait créer dans les écoles maternelles pour accueillir correctement les élèves notamment ceux de 2 ans, alors que dans le même temps le gouvernement continue de vanter les jardins d’éveil qui accueilleront au maximum 12 enfants de 2 ou 3 ans par unité ! Dans notre département, la scolarisation des 2 ans ne cesse de baisser. La dégradation des conditions d’accueil ou de scolarisation des jeunes enfants induite par les jardins d’éveil est inacceptable, mais pas inéluctable. L’exigence de qualité pour l’accueil et la scolarisation des jeunes enfants est légitime et indispensable pour promouvoir leur développement, leur bien-être et favoriser l’entrée dans les apprentissages. La CGT Éduc’Action 76 réaffirme son opposition à toute tentative de casse de l’école maternelle et continue de revendiquer un allègement des effectifs en maternelle à 25 élèves maximum par classe (hors ZEP) et 20 en ZEP, et pour les élèves de 2 et 3 ans des effectifs maximum à 15 élèves par classe.

La réforme de la formation des maîtres, qui a amené la suppression des PE2, va induire de fait le redéploiement d’une trentaine de poste pour continuer d’assurer les nécessaires décharges de direction des écoles de quatre classes.

Cette année, conséquence de la réforme dite « de masterisation », des étudiants, pour certains sans formation préalable, ont assuré des remplacements de deux fois quinze jours dans les écoles. De plus, l’application de cette réforme, qui débutera dès la rentrée prochaine, remet en cause toute la formation initiale qui était effectuée par les IUFM dont les modalités permettaient au stagiaire d’être préparé, accompagné, d’entrer progressivement dans le métier et d’effectuer les nécessaires analyses de leur pratique. A l’inverse, le Ministre, pour des raisons idéologiques et budgétaires, propose une formation essentiellement sur le terrain en affectant les stagiaires sur des postes de remplacements dès la Toussaint, sans réelle préparation, ni connaissance préalable de la classe.
La CGT Éduc’Action rappelle son opposition totale à la mastérisation du recrutement des enseignants et rappelle son combat pour une mastérisation de la formation des enseignants, c’est à dire à un recrutement au niveau licence puis 2 ans de formation rémunérée, permettant aux stagiaires d’atteindre le niveau master.
La CGT Éduc’Action s’oppose à l’emploi d’étudiants pour assurer les remplacements et revendique la création de postes en nombre suffisant pour répondre aux besoins de remplacements.

Les élèves eux-aussi subissent la politique dévastatrice du gouvernement. Depuis 20 ans, les réformes ne manquent pas : apprentissage d’une langue étrangère dès le CE1, informatique validé par le B2I, Attestation de Première éducation routière (APER), Attestation de Premiers Secours qui se sont faits au détriment d’autres apprentissages. À cela s’ajoute la réduction de la scolarité obligatoire de 2 heures par semaine. Entre la Petite section de maternelle et le CM2, c’est l’équivalent d’une année de scolarité que perdent les élèves. La multiplication des processus d’évaluation met une pression de plus en plus insoutenable sur les enseignants et les élèves. La mise en place des primes aux évaluations ne correspond pas à l’idée que nous nous faisons de l’école de la République. Ce n’est pas non plus, l’idée que nous nous faisons de la nécessaire revalorisation salariale qui doit s’appliquer à tous les fonctionnaires Le pilotage annoncé des académies et des écoles par l’évaluation va aggraver cette dégradation des conditions de travail des enseignants et par conséquent les conditions d’apprentissage des élèves. Le débat qui s’engage sur les rythmes scolaires ne doit pas occulter cette réalité. Comment peut-on raisonnablement croire qu’en transférant les enseignements le mercredi matin, on pourra rattraper le manque de temps accumulé depuis des années ? N’y a-t-il pas aussi à s’interroger de l’incidence sur les élèves des contraintes horaires des parents-salariés, surtout à l’ère du « travailler plus pour gagner plus » ? La CGT, toute entière, se prononce pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous les salariés qui sont aussi des parents. La CGT Educ’Action 76 a des propositions concernant le rythme de l’enfant et les conditions d’apprentissage des élèves qui passent par l’allègement des effectifs, la création d’un poste supplémentaire pour cinq classes favorisant l’apprentissage par petits groupes sur le temps de scolarité obligatoire, le développement des RASED, la formation initiale et continue des enseignants, la réduction du temps de travail à 24 heures comme première étape vers les 18h de service...

Ce sont, une nouvelle fois, les conséquences directes de la politique du gouvernement qui vise à démanteler le Service Public de l’Éducation Nationale en réduisant le nombre de fonctionnaire, en rognant sur la formation initiale et continue des enseignants, en augmentant d’année en année toutes les formes de précarité dans l’Éducation Nationale ou encore en tentant de sacrifier l’école maternelle au profit des jardins d’éveil.

La rentrée s’annonce difficile. La CGT Éduc’Action ne peut que condamner et s’opposer à cette politique de casse des services publics menée par le gouvernement. Nous continuerons à revendiquer pour l’Éducation Nationale des moyens à la hauteur de ses missions de service public et clairement répartis en fonction des besoins des écoles et non plus des politiques de restriction budgétaire.

D’ailleurs, si de nombreux enseignants étaient en grève le 23 mars, c’est autant dans le cadre de revendications sur l’emploi, les salaires et la retraite que pour réclamer des conditions de travail correctes et pour défendre le service public d’éducation. La CGT Éduc’Action 76 ne manquera pas de porter ses revendications pour une autre politique de l’Éducation Nationale, lors des prochaines mobilisations.


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Déclaration de la CGT Educ'Action au CDEEN du (...)
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Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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