Repérage des élèves ou apprentis sortis sans un niveau de qualification - Pourquoi la CGT s’y oppose

mardi 6 juillet 2010
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Monsieur le Ministre,

Vous nous présentez aujourd’hui un projet de décret autorisant les différents établissements de formation à transmettre à des destinataires non identifiés, les coordonnées de leurs anciens élèves ou apprentis qui ne sont plus inscrits dans un cycle de formation. Ce projet de texte a pour objet de fixer le niveau de qualification requis : soit le baccalauréat général, soit un diplôme à finalité professionnelle de niveau V ou IV.

Le texte de loi ne dit rien des actions prévues une fois ces personnes repérées (« apporter des solutions de formation, d’accompagnement ou d’accès à l’emploi »). La CGT s’interroge notamment sur les solutions d’accès à l’emploi et craint davantage un système d’information qui facilite le repérage de jeunes, y compris ceux de plus de 16 ans, pour faciliter leur placement dans des situations de sous-emploi et de travail précaire sous payé.

Pour la CGT, il faut agir sur la prévention de la sortie sans diplôme
De nombreuses études ont porté sur les causes des sorties sans diplôme. Il est vrai que certaines évoquent la nécessité d’une meilleure coordination entre acteurs de l’Éducation nationale et de l’Emploi. Mais c’est loin d’être le seul et le plus important des leviers. D’après un Rapport du Conseil de l’Emploi, des Revenus et de la cohésion sociale CERC (n° 9, 2008) :
les inégalités scolaires s’accroissent tout au long de la scolarité, ce qui suggère qu’il faut intervenir tôt.
ces inégalités sont liées principalement aux conditions socio-économiques des familles, à la ségrégation sociale (alors que la carte scolaire est supprimée) et aux orientations de fin de troisième, qui se réduisent souvent, pour les élèves peu performants, à intégrer la filière de l’enseignement professionnel, au lycée ou en apprentissage.

Le CERC souligne qu’ « Un jeune sortant sans diplôme de la formation initiale est le plus souvent un jeune ayant progressivement et durablement subi un sous-investissement en capital humain et en capital social, sous-investissement pesant sur son dynamisme même et qui va peser sur les possibilités d’insertion dans la vie active et dans la société ».

De plus, les dispositifs « en sortie » pourraient très bien coûter plus chers que la prévention : centres fermés, centres de réinsertion scolaire, prisons, police, éducateurs, assistants sociaux…

Actuellement le Ministère est en train de désinvestir dans l’éducation ! Monsieur le Ministre, vous avez demandé aux recteurs de trouver des « gisements d’efficience », en supprimant des divisions, en augmentant le nombre d’élèves par classe, en supprimant les RASED… (c’est beau la novlangue managériale !)

C’est dans ce contexte, que la CGT s’interroge sur l’objectif de ce repérage. Si l’usage de l’outil était un usage statistique fiable (qui ne compte pas comme décrocheurs des jeunes qui sont accrochés ailleurs), nous pourrions y être favorables. Mais s’il y a confusion entre le traitement statistique et le suivi individuel, nous ne pouvons qu’y être opposés En effet, la confusion entre travail statistique et de repérage individuel est dangereux.
La CGT ne peut qu’être inquiète des possibles utilisations d’un outil comprenant des données personnelles consultables par des tiers et interconnectées, en fonction des volontés des gouvernements présents et à venir.

En l’absence de précisions sur l’outil, les objectifs, les modalités et les usages du signalement des « décrocheurs », la CGT ne peut que se prononcer contre ce texte et vous demande, Monsieur le Ministre, de garantir dans la mise en œuvre d’une véritable politique en faveur des « décrochés », le droit au respect de la vie privée des intéressés et de leurs familles et de favoriser toute mesure préventive pour lutter contre le décrochage en concourant à la réduction des inégalités sociales via le service public d’éducation.


Documents joints

déclaration 1/7/2010
déclaration 1/7/2010

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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
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« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED