Rapport Reiss sur la direction d’école : Le rapport de tous les dangers

Expression de la CGT-Educ’action Alpes-Maritimes
mercredi 24 novembre 2010
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Le rapport Reiss, commandé par le 1° ministre auprès d’un député UMP, est sorti il y a maintenant plusieurs semaines. Partant du constat réel du malaise existant des directeurs-trices d’école, qui croulent sous des tâches de plus en plus lourdes, sans qu’un temps suffisant soit donné ni une reconnaissance financière réelle, il fait des propositions...

Notons tout d’abord qu’il se garde bien de chiffrer réellement le coût d’une modification du « statut » et du rôle du ou de la directeur-trice... Parlant seulement de 2 possibilités, l’intégration dans un corps de direction du type de ce que l’on connaît dans le 2° degré ou, ce qui nous conviendrait mieux détaché dans un emploi fonctionnel (ce que nous appelons nous un cadre d’emploi).

Reste ce qui fait le fond du rapport, c’est à dire le fonctionnement souhaitable des écoles selon M. Reiss.

Il se prononce clairement pour la création d’EPEP avec à leur tête un chef d’établissement que deviendrait le-la Directeur-trice... Ces EPEP pourraient être soit de « grosses écoles » (zone urbaine le plus souvent par fusion d’écoles de taille moyenne) soit des regroupements géographiques dans les zones rurales... Le seuil étant fixé autour de 14 classes... Ces regroupements de fait provoqueraient la suppression de plusieurs milliers de poste de direction existant actuellement (d’après nos estimations 1/3 au moins)... Ce qui revient à dire que nombre de directeurs-trices actuel-les resteraient sur le carreau !

Les directeur-trices auraient un rôle hiérarchique très clair, puisque s’ils n’auraient pas le pouvoir de noter leurs collègues, il seraient consultés par les IEN lors de toute inspection de collègue. Ils auraient aussi le pouvoir de recruter des personnels de type EVS... Et bien entendu de fait celui de leur annoncer leur mise à la porte en cas de restrictions de postes comme nous venons de le connaître ou de fin de contrat... Sympa non ?...

Le-la directeur-trice deviendrait un « leader pédagogique », entendez par là, c’est écrit dans le rapport, celui qui est garant de l’application des directives ministérielles (le petit doigt sur la couture du pantalon, je ne veux voir qu’une seule tête) pas celui ou celle qui pourrait jouer un rôle d’animateur-trice pédagogique.

Il y aurait une augmentation des décharges... 0,25 pour les établissements de 4 classes (c’est déjà le cas... Merci Patron !), 0,50 pour les écoles de 7 à 9 classes, 0,75 pour les écoles de 10 classes et plus, le maximum étant limité à 0,75. La possibilité existerait après avis du Conseil des Maîtres de partager ces décharges... Le rôle et le « pouvoir » des Conseils des Maîtres-ses serait limité, le-la directeur-trice ayant une voix prépondérante.

En résumé, un rapport qui remet en cause très clairement le fonctionnement des écoles telles que nous les connaissons au profit d’écoles qui auraient un réel manager et serait considérée comme une entreprise. La Cgt-Educ’Action, pense quand à elle que le problème de la Direction d’école, s’il est réel, ne peut passer par de telles mesures. Elle s’est prononcée sur un cahier de revendications précises adoptées lors d’une réunion du Conseil National qui s’est tenu l’an passé. Nous en rappelons la teneur :

« La question de la direction d’école fait l’objet depuis de nombreuses années et plus encore aujourd’hui d’un vrai malaise.
Des milliers de postes restent vacants chaque année, la fonction est parfois imposée, et dans nombre d’écoles, le barème (particulièrement dans les maternelles) pour obtenir la direction est souvent inférieur à celui pour y obtenir un poste d’adjoint-e.

Les raisons de ce malaise sont multiples pour les directeur-trices :

  • Charge de travail en forte hausse avec une nette tendance par les IEN et les IA de se décharger d’un certain nombre de tâches administratives sur les directeur-trices (conséquence de la fermeture massive de postes d’administratifs).
  • Reconnaissance financière insuffisante.
  • Manque de temps évident, qui justifierait des décharges de service importantes, sans commune mesure avec ce qui existe aujourd’hui.
  • Pression des mairies qui cherchent de plus en plus à s’immiscer dans le fonctionnement des écoles et là aussi se déchargent de plus en plus sur les directeur-trices.
  • Détérioration des relations « au public » comme dans d’autres métiers.
  • Responsabilités et obligations mal définies.

Pour la CGT Educ’Action, la solution ne passe ni par la création d’un établissement du premier degré (EPEP), ni par un statut de Chef d’Etablissement pour les directeur-trices.

Le Conseil National de la Cgt-Educ’Action s’est prononcé pour l’ouverture de négociations sur la question de la Direction d’Ecole et pour :

  • La redéfinition d’un cadre d’emploi pour les Directeurs-trices d’école. Ce cadre d’emploi devant redéfinir de manière précise les tâches et responsabilités des Directeutrs-trices.
  • Une réelle formation.
  • Une augmentation importante de la bonification indiciaire pour la mener par étape à 80 points indiciaires.
  • Une augmentation immédiate de la nouvelle bonification indiciaire, actuellement 8 points, à 40 points.
  • Une augmentation de l’ISS uniforme pour atteindre 2400€/an
  • Une augmentation des décharges : 0,25 de 1 à 4 classes, 0,50 de 5 à 9 classes, complète pour les écoles de plus de 10 classes.
  • La création de postes statutaires d’administratifs sur la base d’un demi service pour les écoles de 1 à 5 classes et d’un service complet pour les écoles dépassant 5 classes.
  • La création dans le 1° degré un réel service de santé.
  • L’affirmation du rôle du Conseil des Maîtres-ses pour tout ce qui relève du fonctionnement pédagogique de l’école.

- consulter le site de la CGT Educ’ des Alpes-Maritimes


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Au sujet des dépenses scolaires…

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Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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