3ème DP6 : on ferme ... pour ouvrir des sections dans les CFA

samedi 8 janvier 2011
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Il y a trop de classes de DP6 dans les LP de l’académie ! Voila ce qu’affirme le rectorat. Et il organise la fermeture d’une division de DP6 dans tous les établissements qui en comptaient deux.

L’objectif est qu’il n’y ait plus à terme qu’une division de DP6 par bassin de formation. En effet, nous en aurions plus que dans les autres académies, ce qui ne correspondrait pas à la "philosophie" de ces classes et menacerait le collège unique...

Ce qui est certain, c’est que ces classes faisaient le plein et répondaient à un besoin. Elles correspondaient à des élèves en difficultés. Ces élèves devraient donc désormais maintenus dans les classes de troisième classiques, sans moyens supplémentaires, sans réponse adaptée à leurs problèmes.

Cependant, au même moment, on voit paraître au Journal officiel du 1er janvier un décret mettant en place le DIMA (Dispositif d’initiation aux métiers en alternance).

Ce dispositif prévoit que certains collégiens seront envoyés, après leur 4e, en CFA pour suivre un enseignement général auquel s’ajoute 18 semaines de stage en entreprise.

Derrière le blabla sur le collège unique, on constate surtout que la fermeture des 3e DP6 et la mise en place du DIMA permettent surtout d’offrir un vivier d’élèves en difficulté au CFA et d’accentuer encore le désengagement de l’Etat.


Nous reproduions ci-dessous un extrait d’un article paru le 14 avril 2008 sur le Café pédagogique au sujet de la circulaire créant le DIMA (dont le décret d’application vient d’être publié)

Selon la circulaire officielle qui le crée, le DIMA "permettra à des élèves de collège de découvrir un ou plusieurs métiers par une formation en alternance d’une année scolaire… tout en poursuivant l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences. Ce dispositif pourra être ouvert dans les lycées professionnels ou dans les centres de formation d’apprentis et se substituer ainsi à l’apprentissage junior abrogé". Présenté ainsi, le DIMA semble simplement répondre à un problème réel, celui de l’orientation.

Le DIMA remet en question le socle commun. Même si l’on ne connaît pas encore la réalité des horaires des classes DIMA, il est clair que l’alternance signifie que la moitié du temps scolaire sera utilisé pour travailler en entreprise. Cela veut dire que ces jeunes, qui auront 15 ans mais qui auraient du être en 4ème ou en 3ème, bénéficieront de deux fois moins d’heures de français, de maths, de langues que leurs camarades. Et puisque la circulaire nous dit que le DIMA se substitue à l’apprentissage junior, rappelons que celui-ci offrait 15 heures hebdomadaires d’enseignement général, à peu près 60 heures annuelles de français, là où leurs camarades en ont plus du double.

Dans ces conditions, prétendre, comme le dit la circulaire, qu’ils poursuivront " l’acquisition du socle commun" n’est pas sérieux. On ne peut pas à la fois prétendre à un socle commun et proposer aux plus faibles, ceux-là même qui en ont le plus besoin, un enseignement allégé. On avait pu apprécier le cynisme de Robien qui annonçait l’apprentissage junior le jour même où il installait le HCE sensé garantir le socle commun. Cette circulaire Darcos ne fait guère mieux.

Le DIMA excluera de l’Ecole. Il n’offrira pas de possibilité de revenir en arrière. C’est une réalité dont les documents officiels s’étaient ouverts à propos de l’apprentissage junior. Le "guide pédagogique" de l’apprenti junior, publié par la Dgesco, explique que les apprentis ont un niveau trop bas pour intégrer une 3ème même pré-professionnelle (DP6) et trop de lacunes et de décalage dans le comportement pour revenir en 4ème. Le DIMA ne fera pas mieux et méritera pleinement son caractère de relégation.

Le DIMA ne formera pas davantage. Car, comme l’apprentissage junior, il repose sur l’idée que certains jeunes ayant un bas niveau d’instruction, peuvent s’en sortir malgré tout grâce à l’apprentissage. Malheureusement cette idée simple est rejetée par les analyses du Céreq. Pour eux, "l’apprentissage se compose en fait d’espaces divers... dont le plus dynamique actuellement n’est peut-être pas le mieux à même de répondre au principal enjeu des politiques de l’emploi : réduire le chômage des jeunes". L’étude révèle que "entre 1995 et 2003, les effectifs d’apprentis ont globalement augmenté mais ils ont diminué de 13 % dans les métiers de l’alimentation et de la cuisine, de 16 % dans l’hôtellerie-restauration. Ces métiers sont pour certains saturés, tel coiffeur ou employé de pharmacie". Résultat : pour les jeunes peu qualifiés l’apprentissage n’est pas, pour le Céreq, une réponse efficace. Le succès de l’apprentissage se fait ailleurs sur le territoire du « nouvel apprentissage » qui est investi massivement par l’enseignement supérieur. Entre les deux il existe bine une zone intermédiaire, celle du bâtiment ou de la mécanique, où les entreprises embauchent essentiellement au niveau du bac professionnel. Ce que montre l’étude du Céreq c’est que l’apprentissage s’est "scolarisé" et que les jeunes sans bagage scolaire solide ont peu de chances d’y réussir. Les orienter sur ce terrain c’est les induire en échec.

Le DIMA nie les droits. Une formation qui n’ouvre pas la voie à l’accès à l’emploi, qui empêche le retour à l’école et qui écarte du collège dès 15 ans, c’est tout simplement une voie de relégation qui remet de facto en question un héritage républicain, le droit individuel à l’éducation jusqu’à 16 ans. Elle "enfoncera" dans la relégation et l’échec les enfants des milieux populaires, ceux qui ont le plus à attendre de l’école de la République. Financièrement, elle fera financer par les plus démunis la formation des classes moyennes.

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Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : "Certaines mesures vont dans le bon sens"

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

"Que les conservateurs tombent les masques !"

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : "Que les néo-libéraux tombent également le masque !"

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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