EVALUATIONS NATIONALES

Une tromperie organisée par l’Etat dont les enseignants ne sont en aucun cas responsables !
mercredi 12 janvier 2011
par  François-Xavier Durand
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Le Ministère, pour la 3ème année consécutive, impose aux enseignants des élèves de CM2 de faire passer des évaluations nationales en janvier (entre le 17 janvier et le 21 janvier) sur l’ensemble du programme de l’année scolaire, alors que les notions visées n’ont pas encore été toutes étudiées en classe.

Les pressions exercées par l’IA via les IEN, pour atteindre des objectifs de réussite apparente ou pour transmettre les résultats, placent les collègues dans une position stressante, avec le risque de voir apparaitre des formes de bachottage ou de les entrainer vers un tri des compétences. Cela rend les conditions de passation de ces évaluations inégales.

Les tableaux parfois remplis ou « corrigés » par les IEN rendent inexploitables ces évaluations et faussent toutes analyses sérieuses qui permettraient de situer ses élèves par rapport à un échantillon national.
En outre, ces évaluations servent d’outils pour le gouvernement pour justifier les aides personnalisées ou les stages de remise à niveau, mise en place, parfois, sous la pression des IEN.

D’ailleurs nous ne nous y trompons pas. Conscients du mensonge organisé par l’Etat autour de ces évaluations nationales, les enseignants les font passer sans conviction, parfois les adaptent. Certains ne transmettent pas les résultats voire refusent de les faire passer. Mais tous s’interrogent sur leur bien-fondé et ne sont pas dupes. Ils ne sont en aucun cas responsables de cette tromperie !

Néanmoins le besoin d’avoir des repères nationaux concernant la progression des savoirs doit permettre d’envisager de donner des outils d’évaluations nationaux aux enseignants. Ceux-ci doivent faire l’objet d’un consensus, pouvoir être analysés pour mesurer les savoirs des élèves et construire des outils d’aide mais aussi mieux prendre en compte les difficultés propres aux secteurs où se concentrent le plus de difficultés scolaires. Ils ne doivent en aucun cas servir à évaluer les personnels.

De plus, l’exploitation par le Ministère de ces évaluations, et surtout de l’échec produit (cf l’enquête PISA), aboutit à noircir encore plus l’école publique, faire peur aux parents et les inciter à inscrire leurs enfants dans des écoles privées, d’autant que le gouvernement permet par ailleurs d’augmenter les subventions pour ces dernières sur le « dos » de l’école publique (loi Carle et dernièrement…).

En aucune manière, les difficultés sociales et économiques qui peuvent, malheureusement, générer ou accentuer les difficultés scolaires des élèves, sont prises en compte.

Elles peuvent aussi permettre d’établir une comparaison entre les écoles, pouvant creuser encore plus les inégalités entre elles, renforcées par un pilotage des académies par l’évaluation. Les moyens accordés aux écoles risquent d’en pâtir et renforcer la non prise en compte de critères sociaux ou économiques (remise en cause des ZEP).

Démantèlement de l’école publique

Il y a deux ans, le gouvernement a fait le choix de supprimer de façon importante des postes d’enseignants spécialisés (maitre E) qui prenaient en charge les élèves les plus en difficulté, en petit groupe ou individuellement, pour les aider. C’est l’ensemble des dispositifs d’aide qui a été réduit, et ce ne sont pas les quelques heures d’aides personnalisées ou de stages de remise à niveau qui vont permettre de résoudre les difficultés accumulées des élèves et combler les heures supprimées par le gouvernement. Il persiste dans cette voie : des postes spécialisés E et G vont encore disparaître, les effectifs vont encore grossir (suppression de 3367 postes d’enseignants, dont dans notre académie 156 postes soit certainement près de 200 fermetures de classes dans notre département.

En 4 ans, ce sont plus de 50 000 postes qui auront ainsi été supprimés dans l’Education Nationale.

L’an dernier, le gouvernement a fortement remis en cause la formation des futurs enseignants en imposant une « réforme » de la formation des maitres, réduisant ainsi leur temps de formation. Dès novembre de jeunes collègues sans expérience se sont retrouvés en responsabilité dans des classes.

La CGT Educ’Action s’oppose à toute publication des résultats pouvant entrainer une comparaison des écoles entre elles et par conséquent à leur mise en concurrence, ainsi qu’à toute évaluation des enseignants par les « performances » des élèves issues de ces évaluations.

Pour la CGT Educ’Action, le cadre dans lequel sont fixées ces évaluations nationales est inacceptable, tant sur le fond que sur la forme.

La CGT Educ’Action 76 vous invite à débattre au sein des écoles des décisions que vous pourriez prendre pour montrer notre désaccord avec ces évaluations nationales et mettre en échec ce dispositif.

La CGT Educ’Action 76 est convaincue que c’est collectivement et non individuellement que nous devons agir.

La CGT Educ’Action 76 revendique :
- Une profonde modification du cadre des évaluations nationales en l’état ;
- La mise à disposition pour les enseignants d’outils d’évaluations nationaux à tous les niveaux, d’une aide réelle à l’analyse des difficultés et à la construction des outils d’aide dans le respect de la liberté pédagogique de chacun ;
- La suppression de la prime aux évaluations CE1 et CM2 et une revalorisation indiciaire pour tous ;
- La création de postes d’enseignants en nombre suffisant et tenant compte aussi des spécialisations pour de meilleurs conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves.

Différentes pistes pouvant être débattues au sein des conseils des maitres

Individuellement :
- Poursuivre les apprentissages de façon normale sur le temps de l’année scolaire pleine et entière et refuser tout « bachottage » ;
- Répartir la prime avec l’ensemble des collègues du cycle 3 ou de l’école, convaincu que c’est ensemble que nous faisons progresser les élèves et collectivement que nous les aidons dans leurs difficultés ;

Collectivement :
- Informer les parents en utilisant le modèle de lettre jointe que vous pouvez adapter ;
- Ne pas tenir compte de ces évaluations nationales pour l’orientation ou le passage en sixième des élèves ;
- Ne procéder qu’à l’évaluation des exercices travaillés préalablement ;
- Ne pas transmettre les résultats de ces évaluations nationales ou de façon anonyme ;
- Ne pas faire passer les évaluations. Un préavis de grève est déposé par l’UNSEN CGT Educ’Action à cet effet (la grève permet de bloquer les passations des évaluations nationales sans subir de pression hierarchique) ;
- Informer l’IA en utilisant la motion de Conseil des maitres jointe ;
- Informer le Conseil d’Ecole en proposant une motion de Conseil d’Ecole...


Tenez nous informer des décisions que vous pourrez prendre, notamment au regard des pressions ou des sanctions que pourrait prendre les IEN ou l’IA. Nous interviendrons auprès de l’IA.


Documents joints

Proposition de motion de Conseil des Maitres
Proposition de motion de Conseil des Maitres
Lettre aux parents
Lettre aux parents
4 pages Evaluations nationales
4 pages Evaluations nationales

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Brèves

Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : "Certaines mesures vont dans le bon sens"

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

"Que les conservateurs tombent les masques !"

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : "Que les néo-libéraux tombent également le masque !"

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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