Contre ces attaques, Défendons le Service public

mercredi 9 février 2011
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Fusion de corps, réforme de la catégorie B, menace sur les personnels de l’enseignement supérieur, blocage des grilles et des carrières, contre ces attaques, n’ont qu’un but : réduire les budgets et les emplois des secteurs publics au nom du déficit public.

  • Le gouvernement entend faire voter plusieurs projets de décrets modifiant radicalement la carrière des personnels de catégorie B des laboratoires du second degré, des bibliothèques et des universités lors des Comités Techniques Paritaires Ministériels (CTPM) de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale, respectivement prévus les 7 et 8 février. Le ministère annonce qu’il a d’ores et déjà prévu de reconvoquer ces CTPM les 10 et 11 février en l’absence de quorum lors de la première session. Ces projets de décrets organisent la suppression des corps des personnels techniques de laboratoire et leur transfert vers les corps d’ITRF des Universités

Projet de décret sur les Ingénieurs Techniciens Recherche Formation (ITRF)

Une première version du décret enlevait toute référence à la Fonction Publique de l’Etat pour les ITRF. Dès réception du texte le 13 janvier 2011, la CGT avait immédiatement dénoncé une telle mesure pouvant conduire les ITRF à devenir des fonctionnaires d’universités sous la coupe de présidents tout-puissants. Le ministère semble avoir aujourd’hui fait marche arrière, et n’enlèverait plus cette référence dans l’article 1 de son nouveau projet.

Alors que l’UNSA, qui ne s’est jamais exprimé publiquement contre cette mesure, se glorifie d’avoir obtenu le recul du Ministère, la CGT estime que ce recul est à mettre au compte de ceux qui se sont exprimés clairement, dès le départ, pour le maintien des ITRF dans la Fonction Publique de l’Etat.

Néanmoins rappelons qu’à ce jour, ce projet de décret abroge tous les articles constituant la carrière des fonctionnaires des personnels de recherche et de formation sur la réduction de durée d’échelon, avancement de grade, droit de mutation, changement de résidence et réorientation professionnelle.

Dans le même temps, Fusion des corps

Fusion des techniciens et adjoints techniques de laboratoire des lycées et collèges dans le corps des personnels techniques des universités = corps uniques interministériels

Cette modification statutaire a aussi pour objectif d’intégrer les techniciens de laboratoire qui travaillent dans les lycées et collèges. Ces personnels, au nombre de 6000, seront désormais gérés par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les commissions administratives paritaires devront gérer à la fois des personnels venant des lycées et des personnels venant des universités. Comment feront-elles ?

Cette volonté de fusionner les corps est globalement affirmée dans toute la fonction publique. Pour la CGT, le premier objectif de ces fusions est de faciliter les redéploiements en supprimant les procédures de détachement. Pour le gouvernement cela doit aider la Révision Générale des Politiques Publiques, la mutualisation, le redéploiement et à terme la suppression de ces postes. Cette fusion, qui s’inscrit dans la réforme de la catégorie B, ralentira la carrière des techniciens et des personnels de catégorie C du secondaire.

Fusion des Bibliothécaires Adjoints Spécialisés et Assistants de Bibliothèque dans un nouveau corps des Techniciens de bibliothèque

Le projet de décret prévoit la fusion des actuels Assistants de bibliothèques (recrutés niveau bac) et des Bibliothécaires adjoints spécialisés (recruté niveau Bac +2) dans un nouveau corps et l’inscription de ce nouveau corps dans le NES, nouvel espace statutaire.

Ce corps comportera trois grades : classe normale, classe supérieure et classe exceptionnelle

  • les missions dévolues aux techniciens des bibliothèques reprennent globalement les missions confiées aux assistants des bibliothèques et aux bibliothécaires adjoints spécialisées. Les techniciens de classe supérieure et de classe exceptionnelle ont ainsi vocation à occuper des fonctions nécessitant un niveau d’expertise supérieur à celui requis pour occuper des fonctions afférentes au premier grade, en cohérence avec les diplômes exigés pour l’accès au deuxième et troisième grade
  • pour l’accès au grade de technicien de classe supérieure, a été reprise la condition de titre ou diplôme de niveau III, dans le domaine du livre, des bibliothèques, de la documentation, de l’information scientifique et technique ou son équivalent, qui était exigée pour le recrutement, par la voie du concours externe, dans le corps des bibliothécaires adjoints spécialisés
  • la grille indiciaire du corps des assistants des bibliothèques correspond à la grille des corps de catégorie « B type », le reclassement se fait donc à équivalence de grade dans le corps des techniciens des bibliothèques
  • la grille indiciaire du corps des bibliothécaires adjoints spécialisés correspond à la catégorie « B CII », le reclassement des bibliothécaires adjoints spécialisés du premier grade s’effectue donc dans le deuxième grade du corps des techniciens des bibliothèques, le reclassement des bibliothécaires adjoints spécialisés des deuxième et troisième grades s’opère dans le troisième grade du corps des techniciens des bibliothèques

La CGT s’oppose à cette pseudo réforme et à ce saupoudrage indiciaire, menés au seul prisme d’une gestion comptable des carrières et ignorante de la réalité des métiers et des compétences. La CGT portera les revendications suivantes :

  • un seul grade pour une carrière plus courte et rapide
  • une amélioration significative de la grille indiciaire et des déroulements de carrières avec de vrais débouchés en catégorie A
  • l’intégration en catégorie A des agents ayant atteint le grade hors classe

Contrairement aux syndicats qui réclament la fusion des corps ITA et ITRF, la CGT estime qu’une telle fusion des corps éloignerait la gestion des carrières de la politique des organismes. Elle constituerait un obstacle supplémentaire pour les organisations syndicales et les élus en CAP pour défendre efficacement les personnels. Un tel processus de fusion ITA-ITRF serait aussi lourd de conséquences pour l’existence même des organismes de recherche.

La carrière des Techniciens

Le corps des techniciens comprend 3 classes. Mais la classe supérieure est conçue comme un corps puisqu’on y accède par concours externe (bac+2), par concours interne, sélection professionnelle et au choix. Il n’y a plus de possibilité de passer directement par sélection professionnelle de Technicien Classe Normale à Technicien Classe Exceptionnelle.

Le nouveau statut n’est pas une avancée mais un recul !

Ces propositions font également l’impasse sur de nombreuses autres insuffisances comme l’amélioration du reclassement des hors statut et la reconnaissance des carrières hors fonction publique. Les gouvernements successifs bricolent des aménagements limités de la grille indiciaire. Nous demandons une réelle revalorisation des grilles et le rétablissement du lien entre la qualification, la classification et la rémunération, pour garantir le pouvoir d’achat indiciaire.

Réforme de la catégorie B ou le déclassement des diplômes BTS et DUT

Dans le cadre de la réforme de la catégorie B, un nouvel espace statutaire (NES) est mis en place pour les techniciens de ce corps. On assiste à un allongement des grilles et de leur durée. Les quelques points d’indice obtenus lors du reclassement permettront à peine de limiter les dégâts du gel des salaires. Cet accord, voté notamment par l’UNSA, ralentira la progression des carrières des plus jeunes.
La progression indiciaire devrait au contraire être accélérée en début de carrière et l’indice de fin de carrière devrait être le double de celui du début. De plus le NES organise la possibilité de recruter les Bac +2, BTS et DUT, en seconde classe du corps des techniciens. Ceci va créer, dans l’immédiat, deux niveaux de recrutement en techniciens et en ASI avec des carrières ralenties pour les jeunes. Pour dépasser l’indice 400 en ASI, il fallait 6 ans d’ancienneté, il en faudra 10 en Technicien classe supérieure. Nous exigeons le maintien d’un recrutement des Bac+2 dans la catégorie A.

  • Lors des CTPM Enseignement Supérieur et Education Nationale, la CGT sera porteuse des motions suivantes

La FERC-CGT réaffirme son attachement au positionnement des ITRF dans la fonction publique d’Etat, et contre toute tentative de les faire devenir fonctionnaire d’université. Elle exige l’abandon du projet de décret sur les ITRF.

La FERC-CGT se prononce contre les fusions de corps et la création de corps interministériels de catégorie B et C et pouvant permettre le redéploiement massif et la mutualisation des personnels ITRF, des bibliothèques et des laboratoires du second degré.
Elle demande l’ouverture de véritables négociations sur l’avenir des catégories A, B, C de l’enseignement supérieur et la recherche.


Documents joints

4 pages FERC
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Brèves

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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED