« Constitution » européenne : 14 questions et 14 réponses pour le Non.

dimanche 3 avril 2005
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  • « Si vous êtes contre la Constitution, c’est parce que vous êtes contre l’Europe ? »

Nous ne sommes pas contre l’Europe, mais nous refusons l’Europe actuelle, l’Europe libérale.
Car l’Europe libérale est synonyme de délocalisations ; de ruine des agriculteurs ; d’OGM et de malbouffe ; de recul des droits sociaux ; de privatisations et de démolition du service public.
Avec la Constitution, ils veulent en rajouter une louche ! Nous disons : ça suffit !
Nous disons : non à la Constitution libérale !
Nous refusons l’Europe libérale car nous sommes partisans d’une autre Europe, une Europe démocratique, écologique et sociale.

  • « Est ce que vous ne dramatisez pas un peu ? Est-ce que la Constitution est vraiment libérale ? »

Leur Constitution, c’est toujours plus de Libéralisme ! C’est écrit noir sur blanc !

 La Constitution veut interdire les aides aux entreprises en difficulté (Article III-167).
Combien de nouveaux chômeurs entraînera cette mesure ?

 La Constitution veut interdire les restrictions à la circulation des capitaux et des entreprises (Article III-156).
C’est la porte ouverte à la spéculation financière et aux délocalisations.

 La Constitution proclame « le principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée » (Préambule de la Charte).
Nous le savons tous : la concurrence n’est qu’une gigantesque course au fric qui ne profite qu’aux patrons et dont les salariés font les frais.

 Elle revendique une Europe « hautement compétitive ». On sait bien ce qu’il y a derrière le mot « compétitivité » : travailler toujours plus pour gagner toujours moins ; licencier et précariser ; sacrifier la santé et l’environnement à la loi du profit.

  • « Oui, mais les services publics sont enfin reconnus ? »

Rien n’est plus faux ! Le terme service public n’est jamais employé ! On parle de « Services d’Intérêt Economique Général ». Ce qui est précisé, c’est que les entreprises (publiques ou privées) qui remplissent des missions de service public doivent être en situation de concurrence et ne pas être aidées par l’Etat (III-166 et 167). Concurrence + loi du profit, c’est la mort des services publics !

  • « Dans le texte de la Constitution, il y a quand même de nouveaux droits pour les citoyens ? »

La Constitution affiche quelques « droits » démocratiques et sociaux. Mais ces droits n’engagent à rien et beaucoup sont en recul par rapport à ceux qui sont garantis par la Constitution Française ou par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Qui peut accepter une pareille régression ?
Ainsi, au lieu du droit au travail, on proclame la « liberté de travailler » !

  • « Vous ne pouvez pas nier qu’il y a des avancées dans les valeurs proclamées ? Pour les femmes, la laïcité ? »

Ni le droit à l’avortement, ni le droit au divorce, ni le droit à la contraception ne figurent dans le texte ! Quant à « Laïcité » ou « Laïque », ces mots n’y sont même pas présents ! Alors que la Constitution affirme qu’il faudra dialoguer avec les églises et les consulter !

  • « Mais si le « Non » l’emporte, ça va provoquer une grave crise en Europe ? »

La droite, le gouvernement et certains socialistes essayent de nous faire peur en nous disant que la victoire du non serait une catastrophe. Ils mentent, ils ont tout simplement peur de recevoir une grosse claque électorale. La victoire du non, c’est simplement un coup d’arrêt au libéralisme, l’occasion de dire que nous voulons une autre Europe, sociale, démocratique et écologique.
En cas de victoire du « non », les institutions européennes actuelles continueraient à fonctionner, le temps de renégocier un nouveau texte constitutionnel.
N’ayons pas peur de dire Non !

  • « Pourquoi ne pas voter la Constitution telle qu’elle est ? On pourra toujours l’améliorer ensuite ? »

Dire « oui » à cette Constitution pour chercher à la modifier ensuite, c’est mettre la charrue avant les bœufs ! D’autant plus que toute modification sera très difficile à obtenir.
Car une fois approuvée, la Constitution ne pourra être modifiée qu’à l’unanimité des pays membres. Autrement dit, il faudrait que tous les pays soient d’accord en même temps. A 25 pays aujourd’hui, à 30 d’ici dix ans, c’est quasiment impossible.
La Constitution, c’est le Libéralisme à perpétuité !

  • « Vous êtes contre la Constitution, pourtant, de nombreux partis de gauche et des syndicats l’approuvent ? »

Si autant de partis socialistes et de syndicats approuvent cette Constitution, cela montre malheureusement qu’une grande partie de la gauche et du mouvement syndical se sont convertis au Libéralisme. Nous l’avons également constaté en France. Dire « non », c’est aussi dire que nous voulons une vraie politique de gauche, en France comme en Europe !

  • « Est-ce que c’est le rôle d’un syndicat d’appeler à voter au référendum ? »

Si cette Constitution est adoptée, elle aura des conséquences sur notre vie quotidienne et nos conditions de travail. Alors comment le mouvement syndical pourrait-il rester muet ? La CGT a pris ses responsabilités : elle juge le traité mauvais. Et elle en tire la conclusion : il faut le rejeter.

  • « Vous dîtes « non à la Constitution de Chirac, de Raffarin et du MEDEF » ! Pourtant il y a du social dans cette Constitution ? »Qui peut croire que Chirac, Raffarin ou le MEDEF nous proposeraient une bonne Constitution, une Constitution sociale ? Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles ! Nous voyons tous les jours la politique qu’ils mènent en France, et nous n’en voulons plus, ni ici, ni ailleurs. La Constitution, c’est la politique du gouvernement Raffarin à l’échelle de l’Europe.
  • « Nous ne sommes jamais écoutés, alors est-ce que ça vaut la peine d’aller voter ? »

Depuis des années nous subissons l’Europe libérale.
Et cette Constitution nous concerne tous, elle va avoir des conséquences dans notre vie quotidienne.
Ne laissons pas les autres décider à notre place.
Cette fois on nous demande notre avis, alors pas d’abstention ! Il faut voter et faire voter « Non ».

  • « Vous ne croyez pas que cette Constitution nous permettra d’être plus fort face aux Etats-Unis ? »

Note but n’est pas d’être aussi « fort » que les Etats-Unis. Nous ne voulons pas être la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf.
Ce que nous voulons, c’est que l’Europe mène une autre politique que celle des USA.
Or, la Constitution défend un modèle de société libéral, tout droit importé des USA de Bush : la concurrence de tous contre tous ; la liberté totale pour les capitaux et les entreprises ; le règne du privé et la casse de tout ce qui est public et de tout ce qui est social.

  • « Au moins, la Constitution permettra l’indépendance vis-à-vis des USA ? »

L’article I - 41 affirme pourtant que les pays membres de l’OTAN (alliance militaire pilotée par les Etats-Unis) restent dans l’OTAN, et que la politique de défense doit demeurer « conforme aux engagements souscrits au sein de l’OTAN ». Drôle d’indépendance !

  • « Oui mais l’Europe, c’est quand même la Paix ? »

La Constitution proclame la nécessité de développer les armements (Article I-41), c’est une drôle de façon de défendre la Paix ! Pour nous, promouvoir la paix dans le monde, c’est désarmer ; rompre avec les politiques d’impérialisme politique ou économique ; aider au développement par de vraies politiques de solidarité et de coopération.

David Querret


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