Fillon le censeur

Lu dans L’Humanité
dimanche 3 avril 2005
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On croyait le temps de la censure, au moins de la censure officielle et directe, révolu. Las... c’était sans compter sur la fébrilité d’un gouvernement qui ne fait l’économie d’aucune manœuvre, aussi grossière et antidémocratique soit-elle, pour tenter d’endiguer la montée du « non ». Dernier épisode en date, révélé mercredi par le Canard enchaîné : la censure d’une revue pédagogique à destination des enseignants. Le cabinet du ministre de l’Éducation nationale a bloqué la publication, dans un hors-série de Textes et documents pour la classe, d’un débat contradictoire entre Florence Deloche-Gaudez, docteur en sciences politiques, auteure de plusieurs ouvrages sur la constitution européenne, favorable à sa ratification, et Dominique Rousseau, professeur à l’université de Montpellier, membre de l’Institut universitaire de France, et partisan du « non ». Cette revue du Centre national de documentation pédagogique (CNDP) a finalement été publiée avec la seule contribution de Florence Deloche-Gaudez.

Rappel des faits. En novembre dernier, la rédaction de Textes et documents pour la classe contacte Florence Deloche-Gaudez et Dominique Rousseau, dans la perspective d’intégrer au numéro spécial consacré à la constitution européenne un débat pluraliste et contradictoire. Quelque temps auparavant, Dominique Rousseau avait clairement exprimé, dans une tribune parue dans Libération, son hostilité à ce projet de constitution. Florence Deloche- Gaudez, elle non plus, ne fait pas mystère des positions qui sont les siennes. D’ailleurs, le contrat est clair : il s’agit de permettre l’expression, à égalité, des arguments d’un partisan du « oui » et d’un partisan du « non ». Le principe et les noms des débatteurs sont validés par le cabinet du ministre. L’entretien croisé est réalisé en janvier, il est retranscrit, mis en page.

DES ARGUMENTS QUE LES ELEVES NE SAURAIENT VOIR

C’est à ce moment-là que le cabinet du ministre, sans doute conscient de la progression du « non », met son veto. Fin février, Dominique Rousseau reçoit un courriel lui signifiant que l’entretien n’est pas validé. Quelques jours plus tard, on lui propose de renoncer à certains de ses arguments, et de remanier le texte, afin qu’il se termine sur une réponse de Florence Deloche-Gaudez. Il refuse, et prévient qu’il s’exprimera publiquement en cas de censure. À Florence Deloche-Gaudez, on explique que le choix se porte finalement sur une explication « pédagogique » de quelques articles clés du projet de constitution.

LA CONFRONTATION DES IDEES ETOUFFEE PAR LE GOUVERNEMENT

Le ministère, qui avait pourtant validé, au départ, le principe d’un débat contradictoire entre un partisan du « oui » et un partisan du « non », estime aujourd’hui qu’il ne peut « pas y avoir de débat contradictoire en période électorale et que l’école doit être un lieu de neutralité ». Il assure que la contribution de Florence Deloche-Gaudez, finalement publiée, apporte des « explications factuelles et juridiques » sans prendre parti. Celle-ci ne dissimule pourtant pas son engagement pour le « oui », et estime, regrettant cet épisode, que « la pédagogie n’est pas contradictoire avec la confrontation des points de vue et des analyses ».

Reste que la censure de cet entretien est un acte grave, et, disons-le, indigne d’une démocratie. Au nom d’une conception de la « pédagogie » qui consiste dans l’exposé unilatéral des arguments du « oui », le gouvernement étouffe la confrontation des idées. Cela servira-t-il le camp du « oui » ? Rien n’est moins sûr...

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Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.