La CGT des origines à 1947

mardi 7 juin 2011
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1 / aux origines du mouvement ouvrier

Notre syndicalisme est un fait récent... Dès le Moyen Age, les travailleurs manuels, qu’ils soient ouvriers ou paysans, se dotent d’organisations collectives. Mais il serait déplacé de présenter ces organisations comme des structures prolétariennes. La plupart du temps ces organisations ont une composition multiclassiste, c’est à dire qu’elles recrutent les membres de différentes classes sociales [1]. Le compagnonnage reproduit ce schéma, on retrouve en son sein le poids déterminant de l’église et des « maîtres » (les patrons artisans).

Au fil de son expérience, forgée dans les luttes, le mouvement ouvrier va évoluer et des stratégies vont émerger. Mais c’est surtout le développement numérique du prolétariat au XIXème siècle qui lui permet de disposer d’assez de forces pour construire des organisations autonomes assez puissantes pour commencer à survivre à la répression et aux échecs ponctuels. Dès 1789 les partis bourgeois contre les syndicats ouvriers Dans toutes les grandes luttes démocratiques qui suivent la révolution de 1789, les travailleurs interviennent comme main d’œuvre des différentes tendances de la bourgeoisie. Ce sont eux qui fournissent les troupes qui s’affrontent à l’armée sur les barricades. Et lorsqu’ils commencent à mettre en avant leurs revendications sociales, les ouvriers reçoivent comme seule réponse de leurs alliés de la veille la répression sanglante. C’est ainsi le cas pour les Sans culottes à la fin de la Révolution Française. Dès 1789, la bourgeoisie s’est organisée en partis politiques, les clubs. Le parti politique est la forme d’organisation de classe dont se dote la bourgeoisie, une organisation d’élite.

Trois ans plus tard, avec la loi Le Chapelier, elle interdit dans la logique de l’individu citoyen tout regroupement « corporatiste » : l’interdiction d’organisation de la classe ouvrière, aura pour conséquence de livrer le prolétariat aux réseaux clientélistes des partis. Cette hostilité larvée culmine en juin1848 où les républicains (« libéraux ») font tirer sur les barricades ouvrières de Paris. 1864, l’AIT et la stratégie de « l’autonomie ouvrière » C’est pourquoi lorsque l’Association Internationale des Travailleurs est fondée en 1864, son slogan est largement repris par les secteurs militants du mouvement ouvrier français : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Cette stratégie, plus connue sous le nom « d’autonomie ouvrière » sera confirmée après la Commune de 1871. C’est la bourgeoise conservatrice qui va organiser le massacre des ouvriers de Paris (plusieurs dizaines de milliers de fusillés). Mais la bourgeoisie de gauche, celle que l’on appelle « progressiste », laisse faire ou apporte son soutien moral à la répression. Le mouvement ouvrier sort totalement défait de cette expérience. Mais les militants survivants tirent un bilan de cet échec. La classe ouvrière doit s’organiser de façon séparée.
Cette organisation va prendre deux formes : · Par facilité c’est l’organisation sous forme de parti qui est tout d’abord privilégiée. En effet, un parti permet de lutter sous une forme clandestine, sans trop être exposé à la répression. Plusieurs organisations « socialistes » se constituent au cours des années 1870 en regroupant ceux qui ont échappé au peloton d’exécution. Dès 1879 est ainsi fondé la Fédération du Parti des Travailleurs Socialistes de France qui va vite exploser en groupes rivaux. La deuxième option c’est l’organisation « de masse », le syndicat. Mais jusqu’en 1884, les syndicats sont interdits et subissent donc le harcèlement constant des autorités républicaines. Les militants syndicaux vont donc s’appuyer à nouveau sur des organisations qui apparaissent « neutres » : les sociétés de secours mutuels. Ces sociétés existent depuis très longtemps. Elles rassemblent le plus souvent des ouvriers d’une même profession afin de leur permettre d’organiser, des coopératives de production ou de consommation, des assurances sociales et des services d’entraide : les allocations versées pendant les périodes de chômage ou de maladie sont les plus courantes.

Ces organisations n’ont pas de contenu anti-capitaliste mais elles ont une nature de classe. Et le plus souvent les grèves partent de ces sociétés de secours mutuels qui ont pu construire des collectifs ouvriers grâce à la solidarité quotidienne. Elles aident à la formation d’une conscience de classe et au développement des capacités gestionnaires des travailleurs. Ayant pu constater qu’ils savaient gérer un tel organisme, en se passant des bourgeois, les ouvriers se sentent désormais aptes à gérer les entreprises et la société. Le projet Socialiste devient donc crédible dans la pratique. Dans les années 1880 le mouvement ouvrier a récupéré ses forces et il obtient la légalisation des syndicats. Le syndicalisme peut désormais s’exprimer publiquement et les expériences vont pouvoir se multiplier avec une plus grande facilité. Les débats prennent aussi de l’importance. C’est alors que les tendances syndicales commencent à trouver une certaine cohésion.

2 / Aux débuts de la CGT L’âge d’or du syndicalisme révolutionnaire

Dès ses origines, la CGT présente un caractère pluraliste. Elle se constitue officiellement en 1895. Le mouvement syndical est marqué par l’influence de trois courants qui ne cessent de s’affronter : Les réformistes. Les socialistes guesdistes. Ils sont favorables à la lutte de classes, mais pour eux c’est l’action politique « parlementaire » qui est prioritaire. La pratique syndicale lui est subordonnée et n’est qu’un instrument de sensibilisation des masses. Les « anarcho-allemanistes » ( « anarchistes » selon l’historiographie officielle communiste), sont opposés à toute représentation ouvrière et parlementaire et rejettent les partis politiques. Mais ils donnent la priorité à l’action syndicale qui doit déboucher sur une transformation révolutionnaire de la société. Ce courant regroupe bien entendu des anarchistes sociaux lassés des dérives illégalistes et de la propagande par le fait, des socialistes allemanistes (antiparlementaires), des vaillantistes et divers groupes plus anciens (blanquistes, proudhoniens...). Ils deviendront les « syndicalistes révolutionnaires ». Ces trois courants et leurs luttes d’influence vont fortement marquer la vie de la CGT jusqu’en 1914. Ce sont d’abord les réformistes qui président à l’implantation du syndicalisme. Les chambres syndicales se développent tout d’abord sur des bases modérées. Mais à partir du Congrès de Marseille, le mouvement ouvrier se radicalise et les réformistes sont désormais réduits à un rôle marginal. Les -guesdistes et les anarcho-allemanistes occupent désormais la première place. Le syndicalisme naissant est aussi marqué par la diversité des structures à partir desquelles se constitue la CGT.

Deux organisations préexistantes se trouvent essentiellement en concurrence : La Fédération Nationale des Syndicats. Elle reste alors assez effacée. La Fédération Nationale des Bourses. En plus de sa mission sociale, elle sert de caisse de résistance et d’agitation révolutionnaire. Elle subit de plus en plus l’influence d’anciens révolutionnaires anarchistes et socialistes radicaux. C’est dans le cadre des Bourses que se développe les thèses et pratiques du syndicalisme révolutionnaire. Malgré les tensions qui opposent ces deux fédérations, elles finissent par se rapprocher. A Limoges, le regroupement s’effectue enfin avec la création de la Confédération Générale du Travail. La nouvelle Confédération reste cependant assez fragile car elle rassemble de façon confuse toutes les formes possibles d’organisation syndicale. Elle doit assurer la cohésion entre des intérêts contradictoires. En particulier, il lui faut résister à l’opposition incessante de la puissante FNB qui a gardé son autonomie et exerce toujours une influence prépondérante.

A partir du Congrès de Montpellier, le rapport de forces s’inverse : la FNB est affaiblie après la disparition prématurée de Pelloutier ; la CGT commence à se consolider. Elle se dote alors de nouveaux dirigeants plus dynamiques. Elle affermit également son unité par la mise en place d’une structure plus claire. Désormais ne doivent plus subsister à la CGT que les Fédérations et les Bourses auxquelles doivent s’affilier conjointement les syndicats. La FNB est absorbée par la CGT qui l’accueille sous forme de section des Bourses aux côtés des Fédérations de métiers et d’industries. Au cours des années suivantes, l’équilibre entre ces deux organisations concurrentes va se modifier : l’influence des Bourses va progressivement diminuer au profit des Fédérations. Les Bourses vont être transformées en Unions Départementales et Locales. Cette double structure de la CGT va marquer son histoire et son fonctionnement, entre syndicalisme d’industrie et syndicalisme de proximité. En parallèle, les Fédérations de métier vont être peu à peu relayées par des Fédérations d’industrie. Les progrès de l’organisation du travail et du machinisme rendent en effet nécessaire de regrouper sur une base plus large les ouvriers qui travaillent sur une même matière première. Il en résulte une marginalisation des organisations qui reposaient sur les milieux les plus traditionnels.

L’essoufflement des Bourses du Travail n’empêche pas que se prolonge et s’impose avec succès le syndicalisme révolutionnaire que F. Pelloutier a largement contribué à impulser. Cette orientation doit essentiellement son rayonnement aux Bourses : elle a attiré des anarchistes, enfin tous ceux qui se démarquent des guesdistes. Ceux-ci ont été mis en minorité au Congrès de la FNS en 1894 et par la suite ils ne jouent plus qu’un rôle secondaire. Comme les réformistes sont également tenus à l’écart, ce sont les syndicalistes révolutionnaires qui vont tenir les devants de la scène jusqu’en 1914. Quelques principes du syndicalisme révolutionnaire Le syndicalisme révolutionnaire repose sur quelques principes de base : le syndicat doit travailler à l’émancipation des travailleurs et au renversement du capitalisme, l’Etat est rejeté car il est avant tout répressif et on lui refuse toute possibilité d’intervenir dans les domaines économique et social, la politique au sens de l’action des partis est perçue avec méfiance. Le syndicat doit préserver son indépendance de classe : la CGT est même considérée et présentée comme le « Parti du Travail » par Emile Pouget ; les méthodes d’action reposent essentiellement sur l’affrontement de classe et non sur la négociation. Toute amélioration doit être conquise par les travailleurs et non octroyée par l’Etat. L’action peut être déclenchée par une minorité consciente et dans ce cas, peut avoir un caractère spectaculaire pour entraîner l’adhésion des masses. Le prolétariat doit également sensibilisé grâce à l’éducation ouvrière. L’expression « action directe » ne désigne pas obligatoirement une action violente. Les syndicalistes révolutionnaires s’efforcent de mettre ces principes en application au quotidien. Pour eux, la révolution est proche et le mouvement ouvrier organisé doit être prêt à assumer la gestion de la société. Leurs thèses rencontrent peu d’opposition au sein des partis politiques à l’exception des guesdistes. Le thème de l’indépendance syndicale a été défendu dès la naissance officielle de la CGT : le Congrès de Limoges pose comme principe qu’est exclue toute action politique au sein de la Confédération. Cette orientation est ensuite solennellement réaffirmée au Congrès de 1906 dans la « Charte d’Amiens ». Cette option est partagée par les réformistes. C’est dans cet esprit d’autonomie qu’aucune relation n’est alors établie avec la SFIO, nouvellement créée. Le recours à la grève générale est préconisé pour faire adopter la journée de huit heures. Il s’agit d’une revendication ancienne qu’il faut impose par de nouvelles formes de lutte. Dès 1905, la date du 1er mai 1906 est retenue pour cette action. Malgré une très grande sensibilisation de l’opinion et une préparation de plus d’un an, cette grève générale est un échec relatif. Il y a eu une large mobilisation, mais sans qu’on débouche sur le mouvement révolutionnaire attendu et sans obtenir gain de cause. La grève générale est aussi le moyen envisagé pour s’opposer à la guerre qui menace de plus en plus. L’Etat est dénoncé à l’occasion de sa première intervention en matière de législation sociale. Les syndicalistes révolutionnaires s’opposent en effet à la loi sur les Retraites Ouvrières et Paysannes. Cette mesure est présentée comme une escroquerie détournant l’argent des travailleurs qui meurent trop tôt pour pouvoir en profiter. A partir de 1909, le syndicalisme révolutionnaire conserve la première place en apparence. En effet, la CGT connaît alors des difficultés de fonctionnement qui s’accompagnent de tensions internes. A l’intérieur de la Confédération les rapports de forces se sont modifiés. Le passage du syndicalisme de métier au syndicalisme d’industrie est une adaptation aux transformations qui se sont produites dans l’organisation du travail et les mentalités. De nouveaux militants, souvent jeunes ont été recrutés dans des catégories nouvelles. Ils ne partagent pas forcément les valeurs des militants de la première heure. De façon générale, on constate une perte de la culture antérieure et l’installation dans le confort d’une idéologie toute faite. Pour remédier à cette première crise du syndicalisme, un groupe autour de Monatte, cherche à adapter la CGT.

En octobre 1909, ils fondent « la Vie Ouvrière ». L’objectif est de donner aux militants, souvent insuffisamment formés une meilleure connaissance du monde où ils vivent pour pouvoir agir avec plus de conscience. Le groupe de « la Vie Ouvrière » réinsuffle de la réflexion dans le syndicalisme révolutionnaire dans cette période d’avant-guerre. Mais son dynamisme masque en réalité le recul partiel de cette orientation. De nombreux syndicats s’en démarquent. Le principe « une organisation, une voix », base de la démocratie industrielle, est stigmatisé par les réformistes qui constatent que cela bloque leur progression numérique. L’approche de la guerre entraîne par ailleurs un assouplissement des positions doctrinales. Devant la menace grandissante, l’idée d’indépendance syndicale est remise en cause. La CGT accepte en effet , conformément à ses campagnes antimilitaristes, de s’associer à la SFIO dans une lutte commune contre le service militaire de trois ans. La première guerre mondiale : virage réformiste ? La Première Guerre Mondiale constitue pour le mouvement syndical français une rupture brutale qui le traumatise pour longtemps. L’acceptation de la guerre et de la mobilisation sont en en complète contradiction avec la stratégie développée depuis de longues années. C’est la fin de l’unanimité. On peut expliquer ce brusque retournement par des causes diverses : une fraction croissante de la classe ouvrière a intégré les valeurs dominantes de la société ; le sentiment nationaliste s’est révélé plus puissant que l’on n’aurait cru... Néanmoins, ce retour en force des positions réformistes que l’on croyait révolues, apparaît à beaucoup comme incompréhensible. Mais, ce qui semble plus choquant encore est le ralliement à l’Union Sacrée. Le discours de Léon Jouhaux, jeune dirigeant syndicaliste révoutionnaire sur la tombe de Jaurès marque les esprits. Il signifie une reconnaissance de l’Etat et de la bourgeoisie et le cautionnement de leur rôle dans le déclenchement de la guerre. Les critiques portent sur diverses décisions engageant la CGT dans la voie de la coopération : · nomination de Jouhaux comme Commissaire National · politique de « présence » · soutien apporté aux ministres socialistes La Confédération est désormais en étroite relation avec un Etat de plus en plus impliqué dans le domaine économique et social. Peu à peu, elle élargit sa réflexion pour préparer la reconstruction économique et la réorganisation sociale d’après-guerre. Enfin la CGT envisage ses rapports avec l’Etat en termes de négociation et non plus d’affrontement. Face à l’orientation réformiste développée par la direction se manifeste une opposition dans le prolongement de l’internationalisme ouvrier.

En 1914, les militants qui mettent en cause la position officielle de la Confédération ne sont encore qu’une poignée : quelques anarchistes, quelques socialistes et surtout de nombreux SR proches de l’équipe de « la Vie Ouvrière ». Ce courant reste minoritaire, il est d’abord très isolé et ne se manifeste que par des actions ponctuelles. Cependant au fur et à mesure que la guerre se prolonge, la tendance minoritaire s’étoffe et cherche à canaliser le malaise ressenti face aux horreurs du front et à la dégradation des conditions de vie. Les interventions en faveur de la paix accentuent l’opposition à la politique confédérale. 1917 marque une étape importante : l’année est marquée par l’annonce de la révolution russe.
Sous la pression ainsi exercée se produisent des reclassements : un certain nombre d’opposants se rallient à la direction confédérale. Majoritaires et minoritaires font taire momentanément leurs différends : au Congrès de Clermont-Ferrand de 1917, ils se mettent d’accord sur un texte de compromis qui reconnaît à la fois les principes de paix de Wilson et le rôle moteur de la révolution russe. On peut expliquer cette pause dans le conflit qui oppose les deux tendances par un sursaut nationaliste de solidarité face aux périls qui s’accentuent en cette fin de guerre. Malgré ce rapprochement momentané, un lourd contentieux subsiste entre majoritaires et minoritaires qui va peser lourdement sur l’avenir. En marche vers la scission de 1921 Après la guerre, l’opposition réapparaît au grand jour et se durcit : du côté des majoritaires, l’inflexion réformiste est accentuée : acceptation des conditions de paix au nom du réformisme ; du côté des minoritaires, la critique des orientations de la direction s’organise autour de Monatte et de la « Vie Ouvrière » qui leur sert de tribune. Les camarades remettent en cause publiquement le syndicalisme de « présence » . Mais c’est surtout l’attitude pendant la guerre et le soutien à l’Union Sacrée qui sont dénoncés. Leur réserve sur cette question est symbolisée par la formule : « Nous ne voulons ni pardonner, ni oublier ». Avec le retour à la paix, le réflexe nationaliste ne joue plus. Dès le Congrès de Lyon, l’opposition, se manifeste de nouveau avec vigueur. Les minoritaires ont désormais reconstitué leurs forces. Ils restent cependant désorganisés.

Plusieurs éléments vont contribuer à renforcer l’opposition : Les grèves de 1920 accentuent la cassure interne de la CGT. Au départ, l’initiative provient des Cheminots qui viennent de doter leur Fédération d’une direction minoritaire et se montrent très actifs. Ils appellent à la grève générale et revendiquent notamment la nationalisation des chemins de fer. La CGT est très réservée sur ce mouvement mais elle ne peut que le soutenir. Or cette grève aboutit à un échec. Insuffisamment préparée, elle se heurte à l’inflexibilité de l’Etat et des compagnies de chemin de fer. La mobilisation est assez bonne chez les cheminots et quelques autres fédérations.
L’objectif de désorganisation sociale est donc manqué et la reprise du travail s’accompagne d’une répression féroce. C’est un coup fatal pour la combativité ouvrière comme l’atteste la diminution spectaculaire du nombre de grèves dès juin 1920. · La situation internationale contribue également à détériorer la situation. A la fin de l’année 1919, la question de la création d’une internationale syndicale révolutionnaire est débattue lors du premier congrès panrusse des syndicats.

La perspective est également débattue au IIème congrès de l’IC de 1920. Rappelons qu’à ce congrès de nombreuses délégations syndicales sont présentes, certaines apportant même leur adhésion à l’IC. C’est le cas par exemple de la CNT espagnole ou de l’USI italienne. Mais il apparaît rapidement que la plupart des organisations syndicales tiennent à leur indépendance et que la majorité ne désirent pas adhérer à l’Internationale Communiste. La création des Comités Syndicalistes révolutionnaires peut aussi être perçue comme un soutien à la vague révolutionnaire russe, embryons d’une section française de l’Internationale Communiste et celà avant même le Congrès de Tours. Les relations avec les révolutionnaires russes posent problème. Les majoritaires soulignent que l’adhésion à l’IC doit respecter 21 conditions requises.

Une des conditions fait en effet obligation aux partis de créer dans les syndicats des noyaux afin de sensibiliser les travailleurs au communisme. Une autre entorse à l’autonomie des syndicats est le lien organique qui existe entre l’Internationale Communiste et l’Internationale Syndicaliste Rouge qui vient d’être créée pour regrouper les différents syndicats révolutionnaires. Il faut toutefois modérer cette vision de mise sous tutelle en 1920 des syndicats par les bolcheviks, ceux-ci en effet concèdent aux SR de nombreux pays la plupart des postes dont le secrétariat général de l’ISR (le Profintern). Au final, chaque tendance va invoquer la « Charte d’Amiens » qu’elle interprètera dans le sens de ses intérêts. Il faut noter que persiste un important attachement à l’indépendance du syndicat, nul n’ose en 1920 critiquer l’autonomie du syndicat « la seule véritable organisation de classe ». Pourtant, les tensions qui vont en s’accroissant ont un processus qui aboutira à la scission : · Le Congrès d’Orléans de septembre 1920 marquait une progression des minoritaires, ainsi sont généralisés les Comités Syndicalistes Révolutionnaires. Les CSR ont vocation de recevoir les adhésions des syndicats minoritaires. · Au CCN de novembre 1920, les majoritaires réagissent contre cette manifestation « d’indiscipline » et dénoncent les adhésions aux CSR comme un acte « d’hostilité » et de « scission morale ». Par conséquent, la CGT « s’inclinera » devant les exclusions que prononceraient ses Fédérations et ses Unions. En fait l’arme de l’exclusion apparaît impopulaire et ne peut empêcher les minoritaires de progresser rapidement. Ils conquièrent d’importants bastions et l’écart avec les majoritaires se réduit fortement. · Le Congrès de Lille de 1921 est avancé de deux mois sur la date prévue par crainte d’une victoire des révolutionnaires. La question de l’affiliation internationale se pose alors. Un CCN de février 1921 avait déclaré illégale toute adhésion à l’ISR. Cependant l’épreuve de force est évitée : depuis février, les CSR ont décidé d’ajourner leur affiliation car au sein des CSR, les anarchistes « syndicalistes purs » ont repris du pouvoir et l’ISR a malheureusement clarifié ses positions concernant l’articulation syndicat- parti et réaffirmé le rôle d’avant-garde du parti face à l’organisation de classe.

A propos des exclusions, la majorité se montre extrêmement discrète pour ne pas aviver le s tensions. Dans ces conditions ils parviennent à éviter la rupture face à une minorité divisée entre composantes anarchiste et communiste. Ces deux sensibilités s’accordent dans leur opposition commune mais ont plus de mal à se mettre d’accord sur une programmation commune. · Au CCN de septembre 1921, la majorité confortée de justesse au Congrès, reprend l’offensive. Elle avalise les premières décisions d’exclusion. Le mécanisme d’exclusion par les Fédé et UD est ainsi enclenché. Menacés de démantèlement, le s minoritaires contre-attaquent en convoquant un Congrès extraordinaire du 22 au 24 décembre. Cette initiative est dénoncée par les majoritaires comme un nouvel acte d’indiscipline menant à la scission. Et en effet celle -ci est alors décidée malgré de nombreuses résistances chez les minoritaires : une nouvelle Confédération se constitue. Pourquoi cette scission ? Intervenant bien peu de temps après la terrible secousse occasionnée par la guerre, cette scission créée un traumatisme profond. Les protagonistes se sont accusés mutuellement de cette scission : · Pour les majoritaires, les véritables responsables sont les syndicalistes révolutionnaires communistes. Invoquant la « charte d’Amiens », ils dénoncent la dérive du Parti Socialiste. Ils lui opposent le syndicat. Décidés à se débarrasser des communistes, les majoritaires disposaient de l’arme de l’exclusion. Mais cette mesure extrême était mal vue et difficile à mettre en œuvre : en raison de la centralisation, la CGT avait peu de prise sur ses organisations de base qu’elle connaissait mal.

Un autre moyen était de pousser les opposants au départ volontaire. C’est ce qui a été tenté à propos de l’affiliation à l’ISR mais n’a pu alors aboutir. C’est également la conclusion inévitable du processus d’exclusion que la CGT cautionne. En laissant faire ses Fédé et ses UD, elle n’a plus qu’à attendre que les minoritaires prennent l’initiative de la rupture. Du côté des minoritaires, anciens syndicalistes révolutionnaires, les opinions sont diverses : le groupe de la « Vie Ouvrière » se qualifie de « syndicaliste communiste » car il reste fidèle au syndicalisme révolutionnaire. Ils restent aussi très attachés à l’indépendance du syndicalisme et sont méfiants envers l’appareil politique. Mais ils se sont opposés à une scission prématurée, qui a fait le jeu des chapelles politiques réformistes et anarchistes. Certains ont préfèré préserver l’unité de leur syndicat, et rester adhérents à la CGT et lutter à l’intérieur contre l’influence réformiste. - Les « communistes internationalistes » sont des syndicalistes qui suivent les mots d’ordre de l’ISR puis se rapprochent progressivement de l’IC. Conformément aux directives de ces instances, ils sont également opposés à l’idée de scission. Celle -ci laisserait en effet les masses sous le contrôle des seuls réformistes et affaiblirait la minorité.

Du côté du PC, la tendance, est aussi au maintien de l’unité syndicale. Les « syndicalistes purs », ou futurs anarcho-syndicalistes, groupés autour de Pierre Besnard et du Pacte : ils se démarquent des précédents par leur refus de suivre l’Internationale et de subir sa tutelle (vieille querelle anarchisme-marxisme). Certains continuent de se réclamer du syndicalisme révolutionnaire, mais vu sous un angle uniquement idéologique. Ce groupe revendique l’autonomie syndicale à la fois dans le parti et dans les CSR. Certains d’entre eux jouent de leur double appartenance et cela leur assure une influence considérable. Ils se rallient à l’idée d’une scission inévitable et en sont la cause principale. Les anarchistes sont peu nombreux et très divisés. Ils sont peu formés et peu organisés. Le mouvement d’exclusion les oriente plus nettement en faveur de la scission. Ils seront nombreux à choisir l’autonomie et à refuser le clivage CGT-CGTU, ce refus ne sera toutefois pas théorisé dans le cadre de l’indépendance de classe. Il semble donc qu’en se rapprochant les syndicalistes purs et les anarchistes aient poussé dans le sens de la scission face à des réformistes trop heureux de rejeter la faute sur les révolutionnaires. Au-delà de la recherche des responsabilités immédiates, on voit que les ferments de division existaient depuis longtemps et qu’à partir de 1920 le processus menant à la scission s’est enclenché de façon mécanique. Chaque mesure adoptée par une tendance entraînait automatiquement la riposte de l’autre. On peut rechercher les causes profondes de cet enchaînement. Pourquoi l’affrontement a-t-il été alors si violent alors que les désaccords antérieurs n’avaient pas été jusqu’à la rupture ? En effet, la Confédération a autorisé la liberté d’opinion. Ce droit à la critique a été souvent source de tensions.

C’est ainsi que dans le passé, se sont constitués des groupes d’affinité. On peut citer : · le Comité d’Union syndicaliste, · le Comité de Vigilance et d’Action révolutionnaire, · le groupe de la « Vie Ouvrière » qui joue un rôle d’avant-garde syndicaliste. Il y a même eu des scissions ponctuelles et création de syndicats dissidents. Mais jamais les mouvements séparatistes n’avaient pris une telle ampleur. La direction confédérale était arrivée à préserver l’unité. Cette fois, il n’a plus été possible de maintenir la cohésion. On peut se demander ce qui a déclenché un processus inéluctable de rupture : ·on peut situer le point de départ au moment de la révolution russe. Selon cette thèse, l’échec des grèves de 1920 et l’expérience de la Russie Bolchévique auraient marqué durablement le mouvement syndicaliste révolutionnaire français qui, face à ce reflux n’a trouvé refuge que dans des solutions partisanes. La guerre et l’Union Sacrée n’auraient été qu’une « parenthèse » dans l’histoire du mouvement ouvrier français. · A la lumière de travaux ultérieurs, le caractère politique de la scission a été confirmé. Néanmoins, en bons matérialistes, il apparaît que la Grande Guerre a joué un rôle décisif en provoquant une cassure irrémédiable : La guerre a été un facteur de transformations économiques mais aussi morales. Au plan économique, de nouveaux secteurs industriels se sont développés et inversement certaines professions ont été marginalisées. Le paysage industriel s’est aussi modifié selon la localisation par rapport au front et les commodités de transport. Cette évolution a eu pour effet la constitution d’une nouvelle classe ouvrière et la mise en œuvre de nouvelles pratiques sociales.

La guerre a mis en évidence la montée en puissance des réformistes. Pour la première fois la doctrine officielle a été remise en cause par des opposants qui ont imposé un point de vue contradictoire. Dans le contexte d’agitation sociale d’après guerre, la nouvelle orientation des réformistes se heurte aux pratiques d’affrontement et de luttes. La guerre a, de plus, suscité surtout une crise d’ordre moral. Si on peut admettre des opinions différentes, il semble intolérable que soient remises en cause les valeurs ouvrières et militantes. La CGT d’avant 1914 reposait en effet sur une grande exigence d’éthique. A l’opposé, étaient dénoncés les vices contredisant cette morale. La guerre a renforcé ce clivage en mettant en valeur auprès des jeunes générations, les sacrifices des combattants et en stigmatisant à l’inverse les profiteurs. Dans cette optique, l’expérience de la révolution russe est exaltée. C’est également cette attitude morale qui explique la dénonciation virulente de la direction confédérale qui s’est déconsidérée en acceptant la guerre et l’Union sacrée. Ces observations montrent donc que c’est la Grande Guerre qui a été à l’origine de la profonde cassure au sein de la CGT. Au final, le syndicalisme révolutionnaire n’est pas mort en 1920, il s’est transformé : de la rédaction de la Révolution Prolétarienne, qui marquera sa rupture d’avec un PC jugé contre-révolutionnaire et qui flirtera avec le réformisme, des « syndicalistes purs », qui crééront les syndicats « anarcho-syndicalistes » (sic) comme la CGT-SR puis la CNT, tout en reniant au quotidien le principe SR d’unité de classe, des « syndicalistes communistes », qui s’ils trahiront leur histoire et la réécriront,auront réussi à maintenir une culture de classe véritable au sein de la classe ouvrière francophone, des groupes SR, qui réapparaissent au cours du XXème siècle, pour réaffirmer l’« autonomie ouvrière » face au syndicalisme « trade-unioniste ».

3 / De la réunification de 1936 à la scission de 1939

Tout nouvel adhérent CGT est héritier de plus d’un siècle de luttes syndicales. Pour mieux comprendre notre confédération, un retour en arrière sur l’histoire du mouvement ouvrier apparaît nécessaire et permettra d’analyser les différents courants syndicaux facilitant ainsi la compréhension des relations actuelles entre Confédérations, qui seront présentées dans un article ultérieur.

 Les deux organisations vont coexister jusqu’en 1934, sans réussir à se mettre d’accord pour une action en commun. Mais la gravité de la crise économique et les nécessités de la lutte antifasciste provoquent un rapprochement qui va se concrétiser par la réunification de 1936. Pourtant les conditions dans lesquelles vont fusionner les deux confédérations rivales rendent fragile le nouvel équilibre. Une rivalité néfaste pour le mouvement ouvrier

Au début des années 30, la dégradation des conditions économiques entraîne un mécontentement croissant de la population. Sur le terrain, les militants veulent mettre en commun leurs forces pour résister. Ils constituent des syndicats uniques ou fractionnés. Au sommet c’est plus difficile : l’initiative en faveur de l’unité vient surtout des unitaires qui harcèlent les confédérés. Ceux-ci se montrent d’abord réticents. Le danger fasciste qui se précise contribue à rendre inévitable le mouvement vers l’unité. Soucieux d’aboutir, les unitaires acceptent d’importantes concessions : ils renoncent aux fractions politiques dans les syndicats ; ils acceptent les thèses majoritaires à propos de l’indépendance syndicale et de l’incompatibilité entre mandats politiques et syndicaux ; ils acceptent un programme fondé à la fois sur les objectifs du Front Populaire mais aussi sur le plan de nationalisation de la CGT ; ils acceptent d’être sous-représentés dans les instances de la nouvelle Confédération.

Explication de texte : En refusant une stricte représentation proportionnelle, les confédérés figent la situation du moment. Ils désamorcent ainsi les effets prévisibles de la poussée unitaire qui s’annonce. Dans l’esprit des unitaires ces sacrifices doivent servir à impulser l’action commune et faciliter le développement des luttes. Ils espèrent faire progresser leur conception d’un syndicalisme de lutte des classes.

LA REUNIFICATION SYNDICALE DE 1936

Après la réunification, le dynamisme du mouvement social conforte les positions des exunitaires. Ils font alors preuve d’une grande combativité. L’ampleur des grèves de 1936 est incomparable. Le mouvement est en grande partie spontané. Le succès de ces actions et les conquêtes sociales qui en découlent sont à l’origine d’une poussée considérable de syndicalisation.

La « promotion Blum » concerne l’ensemble des professions, mais l’afflux est particulièrement net pour les personnels sans statut. A l’inverse, les syndicats de fonctionnaires restent relativement stables. Le rapport de forces, à l’intérieur de la CGT réunifiée se trouve donc modifié. La poussée syndicale opère principalement au profit des ex-unitaires. Leur influence ne cesse de croître jusqu’en 1938 et ils deviennent majoritaires de fait. La percée des ex-unitaires s’explique donc par le succès des grèves. Elle est également encouragée par l’évolution du contexte politique. Le PC connaît alors une progression rapide qui s’accompagne d’une implantation accrue dans les entreprises. Les ex-unitaires peuvent ainsi bénéficier d’un soutien actif. Ce renversement de tendance au profit des ex-unitaires ne s’accompagne pourtant d’aucune réorganisation structurelle. La direction confédérale maintient sa position dominante. Par contre, l’avancée des ex-unitaires se répercute au niveau des directions confédérales. Elle se traduit aussi par une réactivation des oppositions internes.

Les tensions internes ont plusieurs causes : Une partie des ex-confédérés n’a accepté la réunification de 1936 que parce qu’elle leur semblait inéluctable. Leurs réticences n’ont pas disparu et n’ont fait que s’accentuer au fur et à mesure de la progression des ex-unitaires. Pour certains d’entre eux, la défiance pouvait aller jusqu’à l’hostilité. C’est le cas d’un groupe qui a créé la revue « Syndicats » pour contrebalancer l’influence de la « Vie ouvrière ». La tendance « Syndicats » manifeste un anticommunisme virulent et dénonce le noyautage de la Confédération par les « staliniens de la CGT ». Leur ton est volontiers violent. D’autres ex-confédérés sont appelés « les centristes ». Ils s’appuient alternativement sur chacune de ces deux tendances extrêmes. L’unité de la CGT, reconstituée sur des bases fragiles, et portée par l’élan du Front Populaire va être de nouveau compromise alors que se dégrade la situation sur le plan national et international.

Plusieurs étapes vont mener à la scission finale : La guerre d’Espagne fait apparaître des tensions au sein des ex-confédérés. Certains se déclarent favorables à la non-intervention et se démarquent ainsi de ceux qui désapprouvent cette prise de position. La fraction antifasciste qui veut alors résister se rapproche des ex-unitaires. En politique intérieure, « une pause » est décrétée dans les réformes. C’est l’occasion pour le patronat de prendre enfin sa revanche et il devient très offensif. Le climat social se dégrade et des difficultés apparaissent aussi dans le monde politique. La CGT n’est plus en mesure de s’opposer à la nouvelle orientation droitiste du gouvernement ni aux déclarations de Daladier qui veut « remettre la France au travail ». Au plan international, l’aggravation de la situation a des répercussions au niveau de la CGT qui doit se déterminer sur la question de la paix et de la guerre.

Les crises de 1938 sont, pour les centristes et les ex-unitaires, l’occasion de se rapprocher davantage. Ces deux courants veulent résister à la montée du fascisme et apporter leur soutien aux populations victimes de Hitler. En opposition, la tendance « Syndicats », et notamment certains responsables du Syndicat National des Instituteurs, veulent préserver la paix à tout prix.

Sur cette question de la paix existent cependant bien des nuances entre les pacifistes intégraux et ceux qui acceptent l’idée d’une défense nationale. Le clivage se durcit au moment des accords de Munich qui sont immédiatement approuvés avec conviction par la tendance « Syndicats ». On trouve également des partisans de cette politique d’apaisement dans l’entourage de Jouhaux. Leur engagement reste plus discret que celui de « Syndicats » et n’est pas dépourvu de mauvaise conscience. La direction de la CGT « se félicite que les accords aient pu éviter le pire dans l’immédiat en suspendant la course à la guerre ». C’est une victoire pour les pacifistes. Il y a bien eu des réserves ou même des condamnations à propos de cette politique. · La détérioration de la situation syndicale est mise en évidence au Congrès de Nantes de 1938. Léon Jouhaux se montre préoccupé par les divisions internes et il cherche à préserver l’unité syndicale à tout prix.

L’effondrement du Front Populaire rend possible une vigoureuse reprise en mains par l’Etat et par le patronat. Les centristes sont donc obligés de composer avec « Syndicats » car ils ont besoin de leur appui. La situation d’ensemble des ex-confédérés est assez complexe cars ils sont tiraillés entre des positions contradictoire : Les partisans de « Syndicats » et les centristes sont en désaccord sur les questions de la paix, les premiers se déclarent pacifistes sans restriction et en toutes circonstances. Les centristes se montrent plus réservés et s’opposent absolument au fascisme. Les deux courants issus des ex-confédérés sont d’accord sur la politique de « présence » et sur la notion d’indépendance syndicale vis-à-vis de l’Etat et des partis. Cependant « Syndicats » fait preuve d’un anticommunisme virulent, alors que chez les centristes c’est beaucoup plus flou. Ceux-ci se disent très attachés à la Charte d’Amiens mais parmi eux beaucoup sont très proches de la SFIO. Bien qu’ils se méfient dans l’ensemble des « ex-unitaires », ils nouent parfois des ententes temporaires avec eux. Cette stratégie devient cependant de plus en plus difficile à mener. Les ex-unitaires se posent donc en arbitres face à ces deux tendances.

Au congrès de Nantes, ils acceptent d’importantes concessions qui leur permettent de se rapprocher davantage des centristes qu’ils peuvent et ainsi de mieux les éloigner du courant anticommuniste. ·

La grève générale du 30 novembre 1938 accélère le déclin syndical. Cette grève est une riposte aux décrets-lois du gouvernement et à l’action offensive du patronat. C’est aussi un désaveu des accords de Munich. La mobilisation varie selon les régions et les professions. On ne peut parler d’échec. Il en résulte une répression féroce exercée par un patronat qui prend sa revanche sur le Front Populaire. En conséquence la CGT subit une perte d’adhérents considérable. Chaque tendance ressent cette situation comme une défaite et en accuse les autres. C’est le moment où Belin explore les voies d’un « syndicalisme constructif ». En même temps, ses relations avec L. Jouhaux se dégradent.

Dans un climat syndical atone, les menaces de guerre se précisent et l’esprit pacifiste de capitulation continue à progresser.

LA DEUXIEME SCISSION DE LA CGT

C’est la signature du Pacte germano-soviétique qui va être l’occasion de la rupture. Cet accord provoque une très grande émotion. R. Belin parle de trahison et « Syndicats » mène l’offensive. L’anticommunisme est alors très virulent. Tous ceux qui se refusent de désavouer le Pacte sont exclus de la CGT. Cette organisation n’est pas dissoute. La CGT procède alors à une « épuration » menée énergiquement par « Syndicats » et par les centristes résolus à débarrasser leur Confédération des communistes. Le gouvernement intervient également en procédant à la dissolution de 640 syndicats. Les effectifs syndicaux fondent rapidement du fait des exclusions.

L’affaiblissement syndical et la confusion liée à l’état de guerre sont l’occasion de renforcer la répression et de liquider complètement les conquêtes sociales de 1936. Pour résister, Jouhaux veut renouer avec la politique de « présence » comme en 1914-1918. Tout est cependant remis en question avec la défaite et l’effondrement de la IIIème République. Cette scission ne consiste non pas en une division en deux organisations rivales comme la précédente. Cette fois, la Confédération reste seule en lice.

La scission de 1939 est restée mal connue et on a peu d’archives et de témoignages sur le sujet. On peut néanmoins faire quelques remarques :

Les protagonistes se renvoient la responsabilité de la rupture Pour René Belin, elle est due avant tout à la nécessité d’expulser les communistes restés fidèles à l’URSS. Pour Benoît Frachon, le Pacte germano-soviétique n’a été qu’un prétexte. La scission est l’aboutissement d’un processus de désunion mis en mouvement sous le Front Populaire. En fait, la réunification opérée en 1936 était restée fragile car elle n’avait été acceptée qu’à contrecœur. Les réticences du début n’ont pas disparu mais au contraire se sont exacerbées progressivement. S’y est ajoutée la rancœur des anciens responsables qui se sont sentis évincés par les ex-unitaires au moment de la réunification. Les oppositions entre tendances peuvent également s’expliquer par une différence de vues en ce qui concerne le syndicalisme.

C’est ainsi qu’après la guerre B. Frachon reconnaissait qu’il aurait fallu se débarrasser des éléments douteux comme René Belin qui avaient renoncé au syndicalisme de lutte de classes. La rupture est l’aboutissement d’un processus : · la syndicalisation massive intervenue sous le Front populaire a provoqué l’arrivée à la CGT de jeunes militants. Ils ont été séduits par le dynamisme des unitaires et par les perspectives révolutionnaires ouvertes par l’exemple soviétique. · Les événements tragique de la période ont aggravé les tensions. Dans un contexte de difficultés sociales, le Pacte germano-soviétique puis la guerre ont été un véritable choc pour les populations. La classe ouvrière a alors été particulièrement sensible aux arguments du pacifisme exacerbé et de l’anticommunisme.

Les influences extérieures au monde syndical ont également joué. La tendance « Syndicats » n’a cessé de dénoncer violemment les tentatives de mainmise du PC et de Moscou sur la CGT et leur volonté de domestiquer les ouvriers. Mais la SFIO, a aussi joué un rôle dans la Confédération. Son objectif était de contrebalancer l’influence des ex-unitaires et de ralentir leur ascension. Les anticommunistes ont également été soutenus par des personnalités du monde politique et patronal. Il est probable que René Belin ait appartenu au mouvement synarchique.

Après la scission de 1939 la CGT se retrouve avec une direction composée exclusivement d’ex-confédérés. La CGT envisage l’abandon de la lutte de classes et la collaboration avec les organisations professionnelles d’employeurs et de salariés. En même temps, « l’éviction » des indésirables s’effectue parfois avec brutalité et s’accompagne d’un renforcement de l’anticommunisme. La réorientation ainsi effectuée par la CGT n’empêche pas sa dissolution par Vichy. La Confédération n’a plus d’existence légale mais les fédérations restent tolérées.

Les réactions sont diverses : Une partie importante de l’ancienne CGT accepte tout d’abord la situation et un certain nombre de ses membres s’engage du côté de Vichy. Les motivations divergent : certains militants revoient leur conception du syndicalisme dans le sens la réorientation amorcée avant la dissolution. Parmi ces ralliés, quelques-uns soutiendront activement la Charte du Travail et les nouvelles organisations qu’elle institue. Ils défendront l’idée d’un syndicalisme obligatoire. Ces dérives seront essentiellement le fait de syndicalistes issus des rangs de « Syndicats ». Les centristes abandonnent rapidement l’alliance conclue momentanément avec « Syndicats ».

Après la dissolution de la Confédération, les amis de Léon Jouhaux décident de maintenir leur organisation dans l’illégalité et créent un Comité d’Etudes Economiques et Sociales. Ils s’associent avec la CFTC dans le « Manifeste des Douze » afin d’organiser la vie syndicale dans la Résistance. Les centristes prennent peu à peu des distances avec Vichy et dès 1941 songent à une réunification avec les exclus de 1939. Les ex-unitaires sont très affaiblis au début de la guerre : leurs effectifs ont diminué de façon spectaculaire. Désorientés et désorganisés, ils n’ont plus d’allié politique. Peu à peu, ils vont se ressaisir et se réorganiser autour de Benoît Frachon. Ils agissent à la fois dans les syndicats légaux et dans la clandestinité et ils vont participer activement à la Résistance. Ils s’opposent à Vichy et en particulier à l’action gouvernementale de Belin. Par contre, ils renouent progressivement des relations avec les centristes.

4 / de la réunification de 1943 à la scission de 1947

Tout nouvel adhérent CGT est héritier de plus d’un siècle de luttes syndicales. Pour mieux comprendre notre confédération, un retour en arrière sur l’histoire du mouvement ouvrier apparaît nécessaire et permettra d’analyser les différents courants syndicaux facilitant ainsi la compréhension des relations actuelles entre Confédérations, qui seront présentées dans un article ultérieur.

LA REUNIFICATION DE 1943

Assez rapidement, il apparaît nécessaire aux militants de reconstituer l’unité syndicale pour faire face aux problèmes de l’heure que constituent la précarité des conditions de vie, et la répression.

Commencés en 1941, les pourparlers débouchent sur les accords du Perreux, c’est en fait un accord verbal qui établit les principes de réorganisation de la CGT, [1]. Léon Jouhaux en demeure le secrétaire général et le rapport de forces de 1939 est reconduit dans les directions de Fédération et d’UD. Du côté des ex-unitaires, B. Frachon joue un rôle essentiel et travaille à la mise en œuvre concrète de la réunification. Celle-ci ne se réalise pas toujours facilement sur le terrain.

Malgré les difficultés rencontrées, la CGT reconstituée intervient activement sur le plan revendicatif et dans la résistance à l’occupant. Elle est associée par le Conseil National de la Résistance aux projets de reconstruction de l’après-guerre.

En août 1944, les ex-unitaires appellent à une grève générale insurrectionnelle pour participer activement à la Libération. La mobilisation n’est importante qu’à Paris et dans quelques grandes villes. Malgré tout, les ex-unitaires sont désormais au premier plan et bénéficient du prestige obtenu par leur engagement dans la Résistance et dans la lutte contre l’hitlérisme.

A la Libération, le rapport de forces s’est inversé au sein de la CGT : · En réalité, domine le courant révolutionnaire et marxiste dont l’action courageuse pendant la guerre contraste avec les faiblesses ou les trahisons des autres tendances, la trahison du pacte germano-soviétique a été oubliée. Les ex-unitaires sont aussi portés par les progrès du PC. Ce parti connaît alors une progression spectaculaire de ses effectifs et dispose désormais d’un poids politique considérable. Enfin, les ex-unitaires apparaissent alors comme attractifs car ils sont menés par B. Frachon. A l’inverse, les « ex-confédérés » souffrent d’une importante déconsidération. Au discrédit s’ajoute la perte d’effectifs due à l’épuration d’après-guerre. Leur mise à l’écart est à l’origine de rancunes qui vont alimenter l’anticommunisme demeuré vivace.

 Les oppositions héritées du passé sont un peu feutrées dans la période de consensus de la reconstruction. Elles vont progressivement se réactiver.

La cohésion du début va progressivement se désagréger : Les ex-unitaires se font les ardents défenseurs de la bataille de la production. Celle-ci doit activer la reconstruction du pays dans l’indépendance et éviter ainsi le recours à l’aide économique anglo-saxonne et américaine. Pour être efficace, cette mobilisation des énergies doit s’accompagner d’une mise en veilleuse des revendications et des grèves. Cette prise de position constitue un complet retournement des ex-unitaires par rapport à leur radicalisme traditionnel. Elle n’est pas facile à imposer à un moment où la classe ouvrière déjà fort éprouvée par la guerre et les privations se montre particulièrement combative.

La consigne de modération des revendications est plutôt bien suivie. Dans l’ensemble, la nécessité de faire des sacrifices est admise. Les ex-confédérés sont d’accord pour hâter le redressement économique mais avec une motivation différente de celle des ex-unitaires. Loin de vouloir préserver l’autonomie de la France, ils sont en effet favorables à l’aide américaine. L’unanimité apparente à l’égard de la stratégie adoptée n’est donc pas exempte de réserves. Par ailleurs des critiques sont émises à propos de l’engagement plus net de la CGT dans la vie de la nation. Sur cette question également, les ex-unitaires ont révisé leurs positions antérieures : ils sont favorables à une participation dans les organismes de la Libération. Cette orientation est en contradiction avec la notion traditionnelle d’indépendance syndicale. Ils proposent une redéfinition de la Charte d’Amiens mais leur évolution n’est pas comprise par tous. ·

 Jouhaux est favorable au maintien de l’unité et à une attitude de coopération. Mais dans son entourage se manifestent plus clairement des désaccords qui vont se renforcer progressivement : Le journal « Résistance ouvrière » sert de tribune dès 1944 à des opposants qui appartiennent à différentes sensibilités : ex-confédérés, syndicalistes...Le ton reste d’abord modéré dans le climat consensuel de l’immédiate après-guerre. Mais, les minoritaires fondent « Force Ouvrière » qui remplace « Résistance Ouvrière » et durcit ses positions. Ils se font les champions de l’indépendance syndicale et dénoncent la politisation de la CGT.

Les milieux anticommunistes au sein de la CGT mais aussi à l’extérieur sont encouragés par l’intervention directe d’Irving Brown. Cet émissaire du syndicat américain AFL se fait alors le champion du « syndicalisme libre » en Europe et en France. L’objectif est alors de déborder les communistes par leur gauche en faisant de la surenchère et d’accroître ainsi la division syndicale. ·

Malgré les manœuvres à leur encontre, les ex-unitaires résistent bien. Au Congrès de 1946, ils parviennent à désamorcer les accusations de leurs adversaires qui leur reprochent de trahir les intérêts ouvriers. Leur position dominante n’est pas entamée par ces attaques. Désormais, ils sont officiellement reconnus comme majoritaires. Une modification statutaire répercute ce fait au niveau de la direction confédérale où déjà il y avait deux secrétaires généraux représentant les deux principaux courants. La représentation proportionnelle donne aussi aux unitaires le contrôle des Fédérations les plus importantes. Le décompte opéré donne une image plus exacte des forces respectives : les ex-unitaires représentent un peu plus de 80 % et les ex-confédérés approchent des 20 %.

Ces derniers ont donc à peu près reconstitué leurs effectifs. Cependant, ils n’occupent plus une position centrale car ils n’ont plus à leur droite l’équivalent de l’ancienne tendance « Syndicats ». Les ex-unitaires semblent en position de force. Leur succès suscite néanmoins bien des mécontentements et encourage les menées de ceux qui veulent une scission. Dans un contexte où s’aggravent les difficultés économiques et sociales, le soutien aux communistes se fait moins net. Le PC connaît des déboires aux élections de mai et juin 1946. La désaffection s’explique également par l’espoir que suscite la perspective d’aide américaine. La France est en effet résolue à entrer dans la zone d’influence anglo-américaine. Ce choix est en contradiction avec la ligne du PC français.

Le PC se désengage alors et remet en question la bataille de la production. Déjà les ex-unitaires avaient assoupli leur position en la matière. Mais à partir de l’été 1946, ils réclament d’importantes hausses de salaires et leur changement de stratégie devient officiel. Leur attitude revendicative est critiquée par les ex-confédérés qui demeurent attachés au maintien de la politique de rigueur. Celle-ci est en effet une condition nécessaire pour pouvoir bénéficier des crédits américains. L’opposition entre tendances se manifeste également à propos des grèves : les ex-unitaires cherchent toujours à les éviter alors que les ex-confédérés encouragent certains secteurs à la lutte.

Des grèves éclatent aussi aux PTT et chez les Cheminots. Ces mouvements débouchent sur des scissions partielles qui sont des jalons vers la rupture finale.

LA SCISSION DE 1947

Les ex-unitaires sont de plus en plus isolés. Ils ont du mal à contenir une classe ouvrière excédée par la médiocrité de son pouvoir d’achat et par l’aggravation des difficultés de ravitaillement. Dans ce contexte, crise sociale et crise politique vont se conjuguer et précipiter la marche à la scission : une grève éclate chez Renault, en dehors de l’initiative de la CGT. Cette grève-symbole prend une dimension nationale. C’est l’occasion pour le gouvernement de mettre définitivement à l’écart les ministres communistes. La perte de vitesse des communistes est mise en évidence à deux occasions : d’une part les manifestations qu’elle a organisées en mars 1947 sont désertées ; d’autre part, aux élections à la sécurité sociale, elle n’obtient qu’un score médiocre comparativement à son poids réel.

Une vague de grèves très violentes se déclenche. Les ex-unitaires sont accusés d’être les meneurs et on leur reproche des pratiques aventuristes. Les minoritaires soutiennent le gouvernement. Les plus acharnés sont « les amis de FO » qui dénoncent une manœuvre communiste alors que s’exacerbe la tension internationale. C’est en effet le moment où se développe l’opposition au Plan Marshall.

On prête même alors des velléités insurrectionnelles au PC qui pourtant a alors renoncé définitivement à toute responsabilité gouvernementale. A l’issue des grèves, la cassure est consommée entre fédérations rivales. La Confédération Générale du Travail-Force Ouvrière se veut dans la continuité de l’action de la CGT. Elle veut substituer à un syndicalisme trop inféodé au communisme un « syndicalisme constructif ». Une réunification n’est pas exclue par Jouhaux qui s’est vu imposer une scission dont il ne voulait pas.

En fait jusqu’à ce jour, les deux organisations sont restées séparées. Cette troisième scission est à nouveau une secousse terrible pour la CGT.

L’éclatement de la Confédération a été expliqué par plusieurs facteurs : « Les amis de FO » se sont opposés à la domination des communistes dans la centrale. Ils occupaient les postes-clefs et étaient en mesure d’imposer leur ligne ; Les opposants ont dénoncé la subordination du syndicat aux intérêts du PC et de l’URSS. Ils ont refusé d’appliquer les décisions de la majorité. Le rôle de la SFIO dans la division est aussi inéluctable : ils ont apporté un soutien actif aux ex-confédérés. En particulier, certains ex-confédérés auraient bénéficié du soutien de Jules Moch dans leur offensive contre la direction confédérale. ·

Les grèves de 1947 ont joué un rôle dans la scission. Les minoritaires ont finalement critiqué les revendications ouvrières. A l’inverse, les communistes d’abord modérés encouragent ensuite les soulèvements à la base. mais la thèse d’une volonté insurrectionnelle des communistes ne semble pas crédible. Toutefois il semble que pour de nombreux militants socialistes, l’inquiétude a prévalu et les a poussé à intervenir pour la défense de la République.

L’affrontement Est-Ouest, très vif au moment de la scission a également été déterminant. Chaque camp accuse l’autre. Le débat tourne autour du Plan Marshall qu’acceptent les socialistes. Sur le plan syndical, les amis de FO dénoncent la collusion avec les pays socialistes. Au-delà des mises en accusation mutuelles, la scission de 1947 apparaît comme l’aboutissement d’un long processus de division entre tendances. Les rapports de la CGT et du politique sont au centre de ces clivages. On peut penser que les grèves de 1947 et les réactions au plan Marshall n’ont été que l’occasion d’une rupture rendue prévisible par l’exacerbation du conflit entre des sensibilités devenues incompatibles.

Cette troisième scission s’inscrit dans une histoire déjà mouvementée du syndicalisme qui se confond encore largement avec celle de la CGT. On notera que les trois scissions, au delà des explications ponctuelles tournent autour de l’accusation de politisation. Le refus de l’influence communiste est allégué dans les trois cas : naissance du PCF, Pacte germano-communiste, guerre froide. Si toutes ces scissions ont eu un caractère de brutalité, deux d’entre elles n’ont été que temporaires et se sont terminées par une réunification. La troisième a donné naissance à deux organisations qui n’ont pu parvenir à se rejoindre.

[1] ces accords sont établis par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les ex-confédérés, Henri Raynaud et André Tollet pour les ex-unitaires.


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Brèves

SYNDIQUEZ VOUS !

lundi 3 février 2020

Dans l’éducation, comme dans tous les secteurs professionnels, la combativité CGT est nécessaire pour s’opposer aux réformes qui cassent le service public de l’éducation et s’attaquent à nos conditions de travail. C’est pourquoi la CGT éduc’action a un rôle important à jouer auprès de tous les personnels, dans les écoles, les collèges, les lycées professionnels et généraux. La CGT éduc’action défend tous les personnels, dans les CAPA, CAPD ou au CHSCTD où elle a des élus, et au sein des établissements où Ils luttent au quotidien avec les collègues.
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FICHES PRATIQUES PPCR

mardi 17 octobre

Gérald Darmanin, entre autres mauvaises surprises, vient d’annoncer le report de la revalorisation salariale qui entrait dans le cadre du PPCR. Le reclassement reste pourtant d’actualité. Téléchargez les fiches pratiques :

Le panneau syndical de décembre de la CGT Enseignement privé

lundi 14 décembre 2015

Ce panneau revient sur la signature du premier accord d’entreprise corrigeant les
régressions honteuses de la convention collective nationale des personnels OGEC.
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LA CGT : SECOND SYNDICAT DE L’ENCADREMENT !

jeudi 6 juin 2013

Afin de compléter notre article précédent sur la représentativité syndicale et suite à leur publication par le Ministère du Travail, retrouvez ici les chiffres relatifs aux 2 collèges de l’encadrement. Avec son UGICT, la CGT arrive seconde, un peu moins de six points derrière la CFDT.
CFDT : 26,84 %
UGICT-CGT : 20,98 %
CFE-CGC : 18,14 %
FO : 13,83 %
CFTC : 9,42 %
En arrivant en seconde position, à la surprise de nombreux observateurs, l’UGICT-CGT confirme sa croissance dans l’encadrement, comme en témoigne le seuil des 80 000 adhérents qu’elle vient de franchir en 2013.

Histoire du syndicalisme (1ère partie)

mardi 28 mai 2013

Vidéo à voir sur le site de la CGT Ville de Rennes

Rapprochement entre le Snetaa-eil et FO

mercredi 7 octobre 2009

Le Snetaa-eil a opéré fin août un rapprochement avec la fédération FO de l’enseignement, en publiant pour la première fois un communiqué commun contre les projets de réforme des corps des enseignants.
« Le contact pris à cette occasion conduira (à terme) à ce que le Snetaa-eil rejoigne Force Ouvrière » tous deux étant « très attachés à l’existence de corps particuliers de fonctionnaires d’Etat », a déclaré à l’AFP le secrétaire-général de la Fédération de l’Education de FO, Hubert Raguin.
« On se tourne vers des gens qui ont des approches communes » a indiqué Christian Lage, secrétaire général du Snetaa-eil, qui a cependant aussi « contacté d’autres organisations » et précisé que ses adhérents devront voter sur toute éventuelle fusion.

Le mercato syndical continue

dimanche 14 décembre 2008

Après l’adhésion des SNALC-SNE à la FGAF, le rapprochement CGC-UNSA, « l’adossement » de la FGAAC (conducteurs de train) à la CFDT et les rumeurs non confirmées sur un mariage FO-CFTC, la CGC et FO font liste commune à la SNCF. C’est beau la recomposition syndicale ! A qui le tour ?

Fonction publique territoriale - la CGT : le vote gagnant !

mardi 18 novembre 2008

Dans une dépêche en date du 14 novembre, La Gazette note : « Le premier tour des élections professionnelles du 6 novembre 2008 commence à livrer ses premiers résultats, et enseignements. Il s’agit de résultats partiels, sur plus de la moitié des votants, qu’a pu se procurer la Gazette, en l’absence de communication officielle. Ils sont donc susceptibles de modifications en fonction des résultats non encore connus et surtout du deuxième tour qui a lieu partout où le chiffre de 50 % de votants n’a pas été atteint. Pour les commissions administratives paritaires (CAP) : La CGT obtiendrait 32,8 % des voix (…) Pour les comités techniques paritaires (CTP) : La CGT serait à 33,3 % ». La Gazette relève qu’en « première analyse, et en considérant que ces résultats restent partiels, on constate une montée de la CGT et une baisse de la CFDT et de FO, par rapport au scrutin de 2001. » De premiers résultats définitifs sont connus.
Lire le communiqué de la Fédé des services publics