De quel syndicat avons nous besoin ? Pour un syndicalisme de classe dans l’éducation

jeudi 10 novembre 2011
popularité : 3%

Depuis des mois, on voit le paysage syndical se modifier dans l’éducation : le SNETAA a rejoint FO, suivi par le président du SNALC ; ce même SNALC s’est allié pour les élections avec la CFTC et la FAEN ; une scission du SNETAA (A&D) a fait de même avec l’UNSA ; la FSU « discute » avec la CGT et avec Solidaires, …

Une résolutionsur le thème de « l’unité syndicale » a été discutée et adoptée lors de notre dernier congrès national et le débat continue dans notre syndicat. Un certains nombre de camarades défendent la perspectives d’un rapprochement avec la FSU et/ou SUD-Solidaires.

A cette question, s’ajoute une redéfinition de notre « champ de syndicalisation ». Depuis janvier dernier, la CGT Educ’action syndique non seulement les personnels enseignants, d’éducation et d’orientation, mais également les personnels administratifs, les agents de laboratoire, les assistants sociaux, les infirmières et médecins scolaires. De plus, en octobre dernier, le nouveau syndicat CGT de l’enseignement privé (le SNEIP) veut se rapprocher de la CGT Educ’action pour aboutir à terme à un syndicat unique des salariés de l’Education.

Une question se pose donc : de quel syndicalisme les personnels de l’éducation ont-ils besoin pour défendre leurs revendications et les imposer à leur employeur ?

« Transformation sociale » contre « accompagnement » ?

Certains avancent la vision d’un mouvement syndical divisé en deux camps : un pôle « de transformation sociale » (FSU-CGT-Solidaires) et un pôle « d’accompagnement ».

Cette vision du syndicalisme ne correspond pas en rien à la réalité. La frontière entre syndicalisme de lutte de classe et syndicalisme de collaboration de classe traverse toutes les organisations, et en premier lieu la CGT. C’est bien pour cela que notre syndicat départemental a depuis des années condamné la stratégie de notre confédération que nous assimilons à un syndicalisme d’accompagnement des contre-réformes au nom du « syndicalisme rassemblé ».

Dans l’enseignement, construire le syndicalisme de classe, c’est mettre l’accent sur les revendications communes à tous les personnels et non sur des sur des revendications corporatistes ou même conservatrices qui exaltent la « mission » de transmission du « savoir » censée faire le bien de tous et oublient les finalités réelles de notre rôle d’éducation de la future main d’œuvre et de « citoyens » respectueux de la société capitaliste.

Pour un front de lutte

A l’inverse de cette vision, nous devons mettre en avant la construction d’un véritable front unique syndical qui consiste en une alliance non pas entre directions syndicales mais entre tous les travailleurs organisés ou non dans les syndicats sur une plate-forme de lutte comprenant des revendications communes aux salariés de toutes catégories indépendamment de leur appartenance, portant nécessairement sur la défense des salaires, et des conditions de travail et de vie.

Au-delà de ce front syndical de défense face à l’offensive patronale/gouvernementale, la question de l’unification syndicale se pose.

Une future recomposition syndicale sur une base de classe ne peut être menée que si l’on combat une fois pour toute la logique d’appareil. Ce sentiment conservateur, de défense de la boutique syndicale, se retrouve, hélas, dans toutes les organisations. La création d’une confédération sur la base d’un programme de lutte pour les revendications immédiates et de classe des ouvriers ne se fera pas dans une centrale syndicale existante.

Mais cette unification ne peut pas et ne doit pas se faire en liquidant ce qui reste du syndicalisme de classe.

Pour un syndicalisme de classe dans l’éducation

Au dernier congrès national de la CGT Educ’action, nous avons défendu un amendement – adopté à une large majorité lors d’une assemblée générale des syndiqués de l’académie – qui a été voté par les congressistes et qui fixe que « L’unification syndicale ne peut pas s’accompagner de l’abandon de principes fondamentaux du syndicalisme CGT dans l’Éducation  ».

Ces principes sont ceux qui doivent permettre la création d’une fédération unique des travailleurs de l’éducation, qui doit rompre avec certains travers du syndicalisme enseignant :

  • la cogestion et son corollaire, le syndicalisme de services : un syndicat doit défendre les travailleurs avec des méthodes de classe (en premier lieu la grève) et non pas organiser la concurrence entre eux de concert avec l’administration dans le cadre du paritarisme. Nous devons résolument rejeter le syndicalisme institutionnel qui préfère les strapontins dans divers commissions aux luttes. Notre participation aux organismes paritaires doit avoir comme principe de lier la défense individuelle à la défense collective et le respect de l’égalité de traitement entre les collègues ;
  • la division catégorielle : les travailleurs doivent se regrouper dans un même syndicat et doivent refuser de s’enfermer dans des syndicats de métier. Ce refus du syndicalisme de métier doit être évident dans les structures (un seul syndicat) mais aussi dans les revendications. La question de l’organisation des agents ;
  • la structuration en syndicats nationaux : nous ne devons pas reproduire dans le mouvement syndical la structuration de l’adversaire  : un syndicat national qui va discuter avec le Ministère, une section académique qui va palabrer avec le Rectorat, etc... Il faut renverser la pyramide et choisir une organisation au plus près des syndiqués – et des travailleurs – , et qui permet la mobilisation la plus large et la plus efficace. Aujourd’hui, c’est le syndicat départemental qui offre ce cadre ;
  • le syndicalisme autonome : notre syndicalisme est avant tout interprofessionnel, nous sommes dans une confédération, aux côtés des autres travailleurs. Pour sa part, et depuis toujours, le syndicalisme autonome cultive l’isolement du « monde enseignant » alors que les luttes en cours démontrent l’absolue nécessité des actions interprofessionnelles
  • le syndicalisme d’entreprise : les syndicats dans l’Éducation nationale sont avant tout des syndicats de l’Éducation nationale. Il faut unifier l’ensemble des travailleurs de l’éducation dans un seul et même syndicat, que leur employeur soit l’Éducation nationale, l’enseignement agricole ou maritime, l’enseignement privé, des officines de formation privée ou de soutien scolaire, les collectivités locales, des sous-traitants (nettoyage, restauration par exemple), …

Même dans ce cadre, des questions restent posées, en particulier celle de l’organisation des agents de l’Éducation nationale ou des collectivités territoriales, voire d’entreprises sous-traitantes.
Nous sommes dans un secteur dans lequel ces catégories sont minoritaires. Construire un syndicat unique entre agents et personnels d’éducation risque de faire taire cette voix ouvrière et employée et de faire assumer par des enseignants l’organisation de ces catégories. Il faut donc permettre une organisation autonome des camarades non-enseignants.

Les travailleurs doivent prendre leurs luttes en main

Le syndicalisme n’est pas l’affaire de quelques uns, de spécialistes, des militants les plus actifs...

Le syndicats appartient à tous les syndiqués. Nous devons avoir le fonctionnement le plus ouvert possible et le moins rigide possible : chaque syndiqué doit pouvoir s’exprimer dans les assemblées générales, les commissions exécutives ouvertes, les publications du syndicat, …

Dans les périodes de lutte, les travailleurs doivent prendre directement en main leurs affaires. L’élection de comités de grève par les assemblées générales de travailleurs, leur coordination en un comité central de grève dirigeant la lutte et seul habilité à négocier, est ce qui peut impliquer dans la lutte le maximum de travailleurs, syndiqués ou non, en évitant les divisions entretenues par les rivalités de boutiques syndicales, et en se protégeant des « syndicalistes responsables » toujours enclins à signer des accords.


Agenda

<<

2019

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293012345
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Brèves

SYNDIQUEZ VOUS !

lundi 3 février 2025

Dans l’éducation, comme dans tous les secteurs professionnels, la combativité CGT est nécessaire pour s’opposer aux réformes qui cassent le service public de l’éducation et s’attaquent à nos conditions de travail. C’est pourquoi la CGT éduc’action a un rôle important à jouer auprès de tous les personnels, dans les écoles, les collèges, les lycées professionnels et généraux. La CGT éduc’action défend tous les personnels, dans les CAPA, CAPD ou au CHSCTD où elle a des élus, et au sein des établissements où Ils luttent au quotidien avec les collègues.
bulletin d’adhésion à renvoyer à URSEN CGT/ 187 rue Albert Dupuis / 76000 ROUEN ou à
cgteduc.acrouen@gmail.com / barème de cotisation

STAGES DE FORMATION SYNDICALE

jeudi 3 décembre 2020

La CGT Educ’action 76/27 organise différents stages de formation syndicale tout au long de l’année.

Mouvement
Mardi 23 avril 2019
de 9h00 à 16h30
DIEPPE
Union Locale CGT
2 bis rue d’Ecosse - Place Louis Vitet


Ce stage est à destination des PE de la Seine-Maritime.

Jeudi 25 avril 2019
de 9h00 à 16h30
ROUEN
Union Locale CGT
187 Rue Albert Dupuis


Ce stage est à destination des PE de la Seine-Maritime.

Jeudi 25 avril 2019
de 9h00 à 16h30
LE HAVRE
Union Locale CGT
Maison des Syndicats Franklin
Cours de la République


Ce stage est à destination des PE de la Seine-Maritime.

REUNIONS D’INFORMATION SYNDICALE 1ER DEGRE

mercredi 2 décembre 2020

La CGT Educ’action 76 organise différentes Réunions d’Information Syndicale. Chaque collègue du 1er degré (syndiqué·e·s ou non) a droit à 3 Réunions d’Information Syndicale de 3h par an. Elles peuvent être déduites des heures de concertations, d’animations pédagogiques (obligatoires ou non), de M@gistère. N’hésitez pas à y participer pour vous informer et agir.

ROUEN
Jeudi 25 avril 2019
de 17h00 à 20h00
Union Locale CGT
187 Rue Albert Dupuis

DIEPPE
Samedi 27 avril 2019
de 09h00 à 12h00
École élémentaire Sonia Delaunay
Allée des Ormes
Val Druel

LE HAVRE
Mardi 30 avril 2019
de 17h00 à 20h00
Union Locale CGT
Maison des syndicats Franklin
Cours de la République

Elections Professionnelles 2018

vendredi 10 janvier 2020

Les élections professionnelles 2018 se dérouleront par vote électronique du 29 novembre 2018 au 6 décembre 2018. Cela permet de définir la représentativité des organisations syndicales et d’élire vos élu·e·s dans les différentes commissions.
Retrouver nos différentes professions de foi et listes dans les scrutins de l’Académie de Rouen (76/27) où nous avons déposé des listes :

FICHES PRATIQUES PPCR

mardi 17 octobre 2017

Gérald Darmanin, entre autres mauvaises surprises, vient d’annoncer le report de la revalorisation salariale qui entrait dans le cadre du PPCR. Le reclassement reste pourtant d’actualité. Téléchargez les fiches pratiques :

Le panneau syndical de décembre de la CGT Enseignement privé

lundi 14 décembre 2015

Ce panneau revient sur la signature du premier accord d’entreprise corrigeant les
régressions honteuses de la convention collective nationale des personnels OGEC.
Lire la suite

LA CGT : SECOND SYNDICAT DE L’ENCADREMENT !

jeudi 6 juin 2013

Afin de compléter notre article précédent sur la représentativité syndicale et suite à leur publication par le Ministère du Travail, retrouvez ici les chiffres relatifs aux 2 collèges de l’encadrement. Avec son UGICT, la CGT arrive seconde, un peu moins de six points derrière la CFDT.
CFDT : 26,84 %
UGICT-CGT : 20,98 %
CFE-CGC : 18,14 %
FO : 13,83 %
CFTC : 9,42 %
En arrivant en seconde position, à la surprise de nombreux observateurs, l’UGICT-CGT confirme sa croissance dans l’encadrement, comme en témoigne le seuil des 80 000 adhérents qu’elle vient de franchir en 2013.

Histoire du syndicalisme (1ère partie)

mardi 28 mai 2013

Vidéo à voir sur le site de la CGT Ville de Rennes