Comité Technique Spécial Départemental du 20 janvier 2012

Déclaration de la CGT Educ’Action 76
dimanche 22 janvier 2012
par  François-Xavier Durand
popularité : 4%

Dans un contexte de crise économique créée par les marchés financiers qui s’aggrave d’année en année, le gouvernement s’obstine dans des choix politiques d’austérité budgétaire, de casse de l’emploi, de réduction d’acquis sociaux et de désindustrialisation comme en témoigne localement la fermeture programmée de la raffinerie Pétroplus à Petit-Couronne.

Ce sont 550 emplois et des centaines d’entreprises sous-traitantes qui sont menacés. Ce sont des milliers de travailleurs qui sont ainsi menacés de perdre leur emploi et autant de familles qui vont subir une dégradation de leur condition d’existence et par conséquent être dans une situation sociale dramatique. La suppression de 381 postes dans notre académie dont 130 postes en primaire et 54 postes en collèges et SEGPA dans notre département, sonne comme une double peine pour ces familles, comme pour toutes les familles qui vivent au quotidien dans une grande précarité : précarité d’emplois, chômage, temps partiels subis... Dans ces conditions, quel avenir, quelles formations, quels emplois va-t-on proposer aux enfants de ces familles dont nous avons la responsabilité en tant qu’enseignant ? L’avenir de toute une génération va-t-il être sacrifié !

Au lendemain du sommet antisocial convoqué par le président de la République, qui reprend à son compte l’analyse patronale selon laquelle le coût du travail trop élevé est le facteur déterminant de perte de compétitivité des entreprises françaises, la CGT Educ’Action 76 dénonce cette politique menée par le gouvernement qui, loin de résoudre la crise économique, va l’aggraver en tentant de culpabiliser les salariés. Ces mesures consistent pour l’essentiel à transférer une nouvelle fois les richesses du pays vers les puissances financières. Encore une fois, les employeurs obtiennent immédiatement un nouveau cadeau pour un dispositif zéro charge pour l’embauche d’un jeune dans les petites entreprises. Quant à la mission confiée à Gérard Larcher pour remettre à plat l’ensemble de la formation professionnelle dans deux mois, la CGT Educ’Action 76 craint une nouvelle aggravation de la filière professionnelle et technologique au regard des réformes déjà mises en œuvre et des suppressions de postes qui les accompagnent, dont le bilan est accablant.

De nouvelles mesures d’austérité comme la TVA « sociale » ou celles liées à un« accord de compétitivité » sont envisagées et pourraient porter de nouveaux coups aux budgets et aux droits des salariés.

Parallèlement, dans la fonction publique, l’application de la RGPP qui vise à ne considérer les services publics que sous l’aspect comptable des réductions budgétaires en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux partant en retraite, organise la destruction des services publics et remet en cause les droits et statuts des personnels. De plus, le pilotage par les moyens éloigne l’école de ses principaux objectifs de formation et de démocratisation, il affaiblit durablement le service public d’Éducation Nationale. La RGPP est une mauvaise méthode au service d’une mauvaise politique !

Alors que Sarkozy avait annoncé, en juin dernier, qu’ « il n’y aurait pas plus de fermetures que d’ouverture à la rentrée 2012 », les 14 000 suppressions de postes, qui s’ajoutent aux 66 000 postes supprimés depuis 2007, entraînent une diminution du plafond d’emploi dans la quasi-totalité des académies, hormis la Guyane. Ainsi dans notre académie, les 381 postes se répartissent dans notre département par 130 postes supprimés dans le 1er degré et 54 postes dans les collèges et SEGPA. Comment dans ces conditions, Mr l’Inspecteur d’Académie, allez-vous respecter les engagements du Président ? Quels leviers allez-vous utiliser ?

Une nouvelle fois les postes RASED vont être touchés. L’absence de départ en formation d’enseignants spécialisés depuis de nombreuses années, notamment pour les maîtres G, a entrainé la vacance de postes E ou G ou occupés par des personnels non spécialisés que vous avez déjà fortement supprimés cette année. Les derniers postes que vous allez supprimer, vont dégrader les conditions de remédiations et de prévention des difficultés scolaires des élèves les plus fragiles, ceux-là même dont les familles subissent de plein fouet les effets désastreux de la politique gouvernementale. De même, la suppression des postes et des dispositifs TSL dans les collèges, démontre, une fois de plus, l’absence d’ambition pour des élèves qui présentent de réelles difficultés reconnues d’ailleurs par des commissions spécialisées. On s’éloigne des objectifs de lutte contre l’illettrisme fixés par les plus hautes autorités de l’État.

Les suppressions de postes d’animateur TICE, intervenants langues retirent toute la souplesse nécessaire pour permettre, d’une part le développement des nouvelles technologies et d’autre part, l’apprentissage des langues étrangères dans de bonnes conditions.

Dans les collèges, les dotations de DHG risquent d’accentuer la disparition des groupes, notamment en langue et sciences, ce qui fait baisser sensiblement la qualité d’enseignement. Certaines options sont menacées dans quelques collèges. En primaire, de nombreuses écoles vont donc être touchées par des mesures de fermetures, notamment celles classées ZEP, si vous maintenez les seuils de fermetures à l’identique de l’année dernière. La scolarisation des élèves de moins de 3 ans dans les écoles hors ZEP risque d’être encore remise en cause. La CGT Educ’Action 76 dénonce ces suppressions de poste et demande un abaissement des seuils de fermetures notamment pour les écoles ZEP et la prise en compte des élèves de moins de trois ans pour toutes les écoles.

Mais au préalable, comme nous vous le demandions par courrier du 18 décembre 2011, et afin de préparer au mieux les opérations de carte scolaire en toute transparence, nous vous demandons de porter à notre connaissance :

  • un état des demandes de travail à temps partiels de droit et celles soumises à autorisations, en fonction des motifs de la demande pour l’année en cours et de nous préciser celles que vous serez susceptibles de ne pas y donner suite pour l’année prochaine ;
  • un état des personnels affectés sur ces compléments de service ainsi que les supports budgétaires sur lesquels ils reposent ;
  • un état du nombre de demande de départ en retraite ;
  • le nombre et le type d’emplois, hors plafond d’emploi, notamment ceux maintenus en surnombre pour compenser le dés-ajustement des prévisions des départs en retraite ;

En plus des traditionnelles destructions d’emplois, la période est marquée par la « réforme » de l’évaluation des enseignants, l’instauration d’une journée de carence, l’élargissement des établissements ECLAIR, et localement la dégradation des conditions d’exercice des personnels par la remise en cause des autorisations d’absence ou des demandes de temps partiels soumises à autorisation.

Enfin, concernant les contrats aidés, la situation n’a que trop duré. Il est inadmissible que l’État, qui devrait être un exemple en matière de droit, se soustrait à ses obligations de formation, d’accompagnement à l’emploi, accentue la précarité et continue sa « valse » des salariés, les condamnant inexorablement à un retour au chômage. La CGT poursuivra, pour sa part, à défendre les droits de ses salariés y compris devant le Conseil des Prud’hommes.

La CGT Educ’Action 76 vous demande solennellement de vous adresser à Mme le recteur afin qu’elle intervienne auprès du Ministre pour qu’enfin des solutions pérennes en terme d’emplois statutaires dans la fonction publique soient créés correspondant aux missions actuellement exercées par les EVS/AVS, qu’une réelle formation à ces emplois soient mise en place et permettre la titularisation sans conditions des personnels actuellement en place qui le désirent.

Nous vous redemandons de bien vouloir nour fournir un fichier, sous format excel si possible, la liste nominative des personnels sous contrats aidés avec leur lieu d’affectation (établissement, adresse, code postal, ville) afin que nous puissions exercer notre droit d’information auprès de ces personnels.

Pour la CGT Educ’Action 76, les conditions d’un bon fonctionnement du Service Public d’Education Nationale passe par la création de tout emploi statutaire qui s’avérerait nécessaire en fonction des besoins exprimés par la communauté éducative.

Face aux appels aux sacrifices de nos gouvernants, nous refuserons d’être les sacrifiés d’une crise dont les travailleurs ne sont en aucun cas les responsables.

Plus que jamais nos armes sont la lutte, la manifestation, la grève... Nous œuvrerons à redonner confiance dans la capacité collective des salariés à se battre, résister, changer le rapport de force et refuser dans l’immédiat, notamment par la grève du 31 janvier, le chantage capitaliste sur les « sacrifices inévitables ».


Documents joints

Déclaration de la CGT Educ'Action 76 au CTSD (...)
Déclaration de la CGT Educ'Action 76 au CTSD (...)

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Brèves

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La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

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4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

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Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED