COMBATTONS LE SOCLE COMMUN !

mercredi 20 juin 2012
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Le socle commun de connaissances et de compétences a été institué par la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École le 23 avril 2005 ; il a été défini par le décret du 11 juillet 20061 autour de 7 piliers (maîtrise de la langue française, pratique d’une langue vivante étrangère, les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique, maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication, culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et initiative)2 .

Le socle commun a plusieurs corollaires :

  • le livret personnel de compétences (LPC) ;
  • les évaluations nationales ; le site ministériel Eduscol3 précise que « les enseignants peuvent s’appuyer sur les protocoles des évaluations nationales en CE1 et en CM2 et des outils d’aide à l’évaluation » pour renseigner le LPC ; des grilles ont d’ailleurs été fournies en ce sens, cette année, par des circonscriptions4.
  • l’aide personnalisée qui a abouti au démantèlement des RASED, en a justifié le processus ;
  • les Stages de Remise à Niveau (SRAN) pour les élèves de CM1 et CM2 (voire de CE1 dans plusieurs académies, inaugurés pendant les dernières vacances de printemps – pour préparer les évaluations du mois de mai ?)
  • la « personnalisation du parcours scolaire » qui n’est autre qu’une sélection précoce de qui pourra se contenter du socle et qui aura la chance de construire la jolie statue qui va dessus.

La circulaire de rentrée 20125, testament panégyrique du ministre Luc Chatel, insistait dès les premières lignes de son introduction sur le socle commun : « L’école du socle commun est une école de l’exigence et de l’ambition pour que chaque élève prenne le chemin de sa réussite. Elle suppose des bases solides, acquises à l’école primaire, notamment en français et en mathématiques. Les dernières évaluations de CE1 et CM2 sont très éclairantes à cet égard. L’amélioration du niveau de français des élèves de CE1 est tout particulièrement un encouragement à approfondir le sillon des savoirs fondamentaux et de l’accompagnement personnalisé. »

Concernant le collège, la même circulaire ajoute : « Au collège, la personnalisation des parcours se poursuit dans la liaison école-collège, en favorisant la continuité des apprentissages et le travail en commun des professeurs. Le bilan établi en élémentaire, à travers notamment les évaluations nationales de CM2, permet de mettre en place, dès l’entrée au collège, les moyens les mieux adaptés pour aider les élèves (PPRE passerelle, accompagnement personnalisé, etc.). Personnaliser au collège, c’est ouvrir la voie à un collège des intelligences multiples qui propose différents parcours mais aussi différentes approches pédagogiques pour mener tous les élèves à la réussite. Les classes d troisième découverte professionnelle 6 heures deviennent des classes préparatoires aux formations professionnelles afin d’améliorer l’offre pédagogique et éducative et de l’adapter aux réalités locales, sans préjuger de l’orientation des élèves en fin d’année. Les nouvelles formes variées d’alternance proposées dès la classe de quatrième donnent aux établissements toute la souplesse nécessaire pour répondre aux besoins de certains de leurs élèves et ainsi personnaliser leurs parcours. L’accès accompagné au monde professionnel permet une découverte des métiers compatible avec les objectifs du socle commun. »

Au total, les expressions "socle commun" ou "école du socle" apparaissaient 22 fois dans la circulaire et ses annexes, alors que nulle part on ne parle du RASED, ni de l’aide spécialisée ! 40 fois étaient repris les termes "personnalisé-e", "personnaliser" ou "personnalisation » pour désigner les aides, les parcours… Un signe parmi d’autres que l’école du socle se construit bien au détriment de l’aide spécialisée, alors même que de plus en plus d’élèves en auraient besoin.

Pour la CGT Éduc’action, non seulement la priorité de l’Éducation Nationale n’est pas d’« assurer la maîtrise » du socle commun, mais il faut en finir avec le socle commun lui-même. En effet, rien n’est plus discriminatoire que de réduire à ce socle les apprentissages. Il nous répugne de penser qu’avant même de devenir élèves, certains enfants – issus notamment des couches sociales les plus fragilisées par le chômage, la pauvreté, l’absence de perspectives, les discriminations en tous genres – pourraient être "déterminés" comme devant se contenter d’un socle représentant à la fois un minimum et un tout suffisant. L’accès à ce qui se trouve "sur le socle" serait-il, par conséquent, réservé aux seuls élèves à qui on aurait donné les clés de la réussite ? L’école publique serait-elle, à terme, vouée à ne dispenser que ces savoirs du socle, laissant le soin au privé, par exemple, d’enseigner les autres savoirs à une élite, comme l’y pousse déjà l’assouplissement de la sectorisation des collèges dans certains quartiers ?

Nous continuons donc, à la CGT Éduc’action, à revendiquer un service public d’éducation progressiste, non pas qui restreigne les apprentissages à un socle commun de savoirs formatés pour satisfaire le patronat mais qui permette à tous l’accès à une culture commune émancipatrice. Ce n’est pas là une seule question de mots : la culture commune est celle qui va donner à tous les clefs pour décrypter le monde, l’analyser, le critiquer, accéder à une citoyenneté pleine et entière.

La Cgt Éduc’action revendique

  • la redéfinition des missions de l’école publique, permettant à chacun(e) d’accéder à une culture la plus étendue et la plus émancipatrice possible ;
  • l’abandon définitif de toutes références au socle commun et de ses corollaires (livret personnel de compétences, évaluations nationales CE1 et CM2 dans leur conception actuelle, aide personnalisée, stages de remises à niveau, etc.).

Documents joints

tract socle commun
tract socle commun

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Brèves

Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : "Certaines mesures vont dans le bon sens"

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

"Que les conservateurs tombent les masques !"

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : "Que les néo-libéraux tombent également le masque !"

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les "dépenses de la rentrée des classes". Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue "L’Éducation natio­nale en chiffres" éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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