« Refondation » dans les LP : la CGT tire la sonnette d’alarme ! Vigilance et mobilisation des personnels !

lundi 10 décembre 2012
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L’avenir de la voie professionnelle est aujourd’hui – une fois de plus, malheureusement – gravement menacé.

Les répercussions de la généralisation du Bac pro en 3 ans, avec l’appui de plusieurs organisations syndicales, sont aujourd’hui tellement lourdes que les sentiments exprimés par les personnels se partagent entre révolte et abattement.

Nous payons, au prix fort, le poids de cette défaite. Après 3 ans de mise en place (entre 2009 et 2012), nous constatons les ravages de cette politique. Une politique qui s’est inscrite dans le cadre d’une réduction drastique de l’emploi public et de la RGPP depuis 5 ans.

L’arrivée d’une nouvelle majorité parlementaire et d’un nouveau ministre ne traduit aucun changement en ce qui concerne les réformes structurelles de la voie professionnelle, ni en ce qui concerne les objectifs de décentralisation.

La réforme du bac pro en 3 ans est maintenue, par certains aspects elle est même amplifiée comme sur la question des stages en entreprise.

A cela s’ajoute aujourd’hui la volonté de poursuivre la régionalisation de la formation professionnelle au sens large, enseignement initial, sous statut scolaire ou sous statut apprentissage, formation continue, orientation… Il n’y aura rien dans la loi d’orientation et de programmation de l’Ecole sur la carte des formations de la formation professionnelle. Tout se trouvera dans l’acte 3. N’en doutons pas, un pas supplémentaire va être franchi même s’il n’y aura pas, dans l’immédiat de bouleversements importants. Tout se met en place progressivement dans une politique de petits pas.

Le développement de l’apprentissage, dont les régions ont déjà la maîtrise totale de la carte des formations, reste toujours l’objectif de l’Etat comme celui des Régions. S’il y a inflexion des ambitions affichées (augmentation de 420 000 à 500 000 apprentis au lieu de 800 000), c’est essentiellement parce que l’objectif du gouvernement précédent était inatteignable en période de crise économique. Le nouveau ministre de l’Education veut développer l’apprentissage au sein même des LP. Le lycée des métiers, mis en place il y a un peu plus de dix ans, donne le cadre pour l’existence de cette mixité des publics.

Après les ateliers de la refondation et les premières négociations, le nouveau ministre a fait des propositions concrètes pour la voie professionnelle :

  • Diversification des parcours avec un parcours pour le bac pro en 4 ans.
  • Diminution des CCF, moitié moins, et mise en place d’un contrôle continu du type DNB en 3è de collège.
  • Augmentation de la durée de stage qui passerait de 22 à 24 semaines. Possibilité pour les élèves n’ayant pas obtenu la certification intermédiaire ou désirant poursuivre en BTS de réduire cette période de 3 semaines pendant l’année terminale, soit ramener les PFMP à 21 semaines pour ces élèves.
  • Augmentation de 10 % du nombre d’apprentis dans l’Enseignement public. Il est aujourd’hui de 38 000.
  • Possibilité d’examiner la mise en place d’une seconde de détermination champ production, champ tertiaire.

Rien de tout cela ne nous va !

L’annonce d’un parcours en 4 ans, faite par le ministre, est totalement bidon, il n’y a aucune nouveauté. Il s’agit ni plus ni moins que de renforcer le dispositif déjà inscrit dans la réforme du bac pro 3 ans : CAP en 2 ans puis passerelle éventuelle vers le bac pro à partir de la première pro.

Dans les spécialités où il n’y a plus de CAP depuis longtemps, comme le tertiaire administratif (secrétariat, comptabilité, aujourd’hui gestion administration) rien, aucune proposition ! Il s’agit pourtant de la spécialité de baccalauréat professionnel avec le flux le plus important ! Celle où il y a le plus de jeunes filles, celle où il y a plus d’échec.

Si l’on peut entendre que le CAP en 2 ans, suivi de 2 ans dans le bac pro de la spécialité, peut être une possibilité, pour certains élèves, cela n’est vrai que dans les spécialités où le CAP existe. Ce cursus ne peut en rien répondre au constat d’échec des 25 % d’élèves qui quittent le bac pro en cursus et n’obtiennent aucune qualification, même pas celle de niveau V puisqu’il est virtuel dans bien des situations.

Pour la validation des diplômes, la proposition du contrôle continu ne va pas arranger le caractère national des diplômes, c’est le moins que l’on puisse dire ! Il va alléger un peu la charge de travail des collègues, mais c’est tout. La CGT rappelle sa revendication de remettre en place des épreuves terminales ponctuelles, indispensables à une reconnaissance nationale.

Sur la durée des PFMP : c’est du grand n’importe quoi ! La proposition est inapplicable et n’a aucun sens. Sauf pour quelques technocrates qui n’ont aucune idée de la gestion d’une classe de bac pro. A moins que tout cela ne serve qu’à une seule chose, à déstabiliser encore plus la scolarité sous statut scolaire en mettant une grande confusion entre les périodes au LP et celles dans l’entreprise si bien que l’alternance sous statut d’apprenti n’apparaîtrait plus alors que comme une variante d’autre rythmes d’alternance. Bonne opération pour la mixité des publics.

La CGT rappelle sa revendication d’une réduction des PFMP à 16 semaines au lieu des 22 semaines actuelles.

A l’évidence, il n’y a pas grand-chose à attendre de discussions à froid avec le ministère dans la voie professionnelle… ailleurs aussi. Les changements que nous voulons ne se feront pas sans une intervention déterminée des personnels.


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Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

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Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

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C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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