Enseigner la morale laïque : le retour à la 3e République

mercredi 24 avril 2013
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Lundi 22 avril 2013, à l’occasion de la publication d’un rapport intitulé « Pour l’enseignement laïque de la morale », le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a confirmé la mise en place des enseignements de morale à la rentrée 2015, après consultation du Conseil Supérieur des Programmes (CSP). Le rapport se réfère explicitement à la 3e République, allant jusqu’à citer Jean Jaurès (L’enseignement de la morale, La Dépêche de Toulouse, 3 juin 1892).
Il s’agirait de « renouer l’individu et le commun, de réarticuler le moral et le civique, la personne et le citoyen, de retrouver les conditions pour faire communauté ».
Pour ce faire, un état des lieux de ce qui existe déjà est prévu (suite, en 2011, à une précédente circulaire sur l’instruction morale) avant consultation du CSP. Les enseignants pourront, dès lors, suivre deux formations spécifiques, l’une sur « l’enseignement moral » et l’autre sur « la laïcité et les valeurs de la République ».

La CGT Éduc’action et le SNEIP-CGT s’interrogent sur la possibilité réelle, en particulier dans le cadre actuel, d’assurer la neutralité indispensable durant toute la scolarité, sans tomber dans le double écueil des préjugés courants en matière de morale ou des formules toutes faites issues de l’idéologie dominante.
Comment éviter le formatage des consciences des élèves, fût-il laïque ? De même, alors que l’épiscopat est présent dans le groupe de travail chargé de réfléchir à cet enseignement, comment éviter une dérive vers une morale très loin de la laïcité ? D’ailleurs, dans le même temps, on ne peut ignorer que le nouveau statut de l’Enseignement catholique renforce le pouvoir de l’épiscopat : ce sont des chefs d’établissement nommés dorénavant après accord de l’évêque qui seront les garants de la mise en œuvre de la morale laïque dans les projets d’établissement de l’Enseignement catholique…

Le rapport reprend les « grandes idées » sur « la morale », sur les règles de conduite et des valeurs qui définissent la norme d’une société. Morale qui s’appuie sur les notions du bien et du mal et induit des jugements subjectifs sur les motivations d’un acte ou d’une action ainsi que sur ses conséquences. Pour l’école, il sera difficile, voire impossible, d’enseigner les vertus et les vices, le bien et le mal… Cette problématique est très bien illustrée par les débats actuels sur le mariage pour tous…

Pour le SNEIP-CGT et la CGT Éduc’action, l’enseignement des valeurs démocratiques qui permettent le « vivre ensemble » revendiqué par le ministre, passe nécessairement par les aspects transversaux des disciplines ; ceci d’autant plus que ces questions y sont déjà traitées quotidiennement. La réussite de cet enseignement passe en outre par la mise en place de conditions de vie, de travail et d’étude dignes pour chacun-e.

La passion de chaque ministre ne doit pas forcément trouver sa transposition directe dans la politique gouvernementale : cela revient à un empilement permanent qui conduit à un déficit de clarté et d’efficacité.
La CGT Éduc’action et le SNEIP-CGT seront donc très vigilants à ces débats. Ils réitèrent leur opposition à la mise en place d’un tel enseignement dans une société où les valeurs fondamentales du capitalisme que sont la loi du plus fort et le chacun pour soi ne sont pas remises en cause.

Montreuil, le 24 avril 2013

« Le chef d’établissement joue un rôle majeur dans la conception et la mise en œuvre d’une politique éducative globale : il impulse et conduit la politique pédagogique et éducative de l’établissement ; il pilote le projet d’établissement en y associant tous les acteurs et partenaires et est ainsi le garant de sa mise en œuvre autour d’actions collectives en cohérence avec le projet ».
(p. 22 du Rapport de la mission sur l’enseignement de la morale laïque, Avril 2013)

« La proposition éducative spécifique de l’Église, traduite dans les projets éducatifs des écoles, n’est pas présentée comme un « à côté », mais traverse toute l’activité de l’institution scolaire. C’est ainsi qu’est définie la mission du chef d’établissement, qui récapitule l’ensemble des aspects de l’éducation catholique, d’enseignement, d’animation et de fonctionnement, dans la dynamique pastorale ».
(Statut de l’Enseignement catholique – Repères pour la presse, Avril 2013)


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.