Un an de présidence Hollande : un an de servilité face au patronat

mardi 14 mai 2013
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Hollande, son gouvernement, les députés et sénateurs de la majorité dite « de gauche », n’ont aucune intention d’imposer un quelconque changement qui n’aurait pas l’aval du patronat, qui entrerait en contradiction avec les dogmes libéraux. Il n’est même plus question de faire du « social-libéralisme » : cherchez le « social » dans les décisions depuis un an…

Même sur le terrain dit « sociétal », dont en général le patronat se moque éperdument et qui ne coûte pas grand-chose, à part « le mariage pour tous », cette majorité-là a renié ses promesses : rien sur le droit de vote des étrangers, abandon du projet de limiter les « contrôles au faciès », même nombre d’expulsions de sans-papiers, etc.

Hollande, c’est vrai, n’avait pas promis grand-chose. Eh bien ce pas grand-chose est devenu quasiment rien. Mais Hollande et sa majorité ne se contentent pas de ne rien toucher à ce qu’avait fait Sarkozy, ils en rajoutent.

Renégocier le traité du pacte budgétaire européen ? Il a été confirmé et il est appliqué par la France tel quel avec un ajout de quelques phrases creuses sur la croissance qui n’ont été suivies d’aucun effet.

Dénonciation de la « Finance » ? La réforme bancaire version Hollande-Ayrault est encore moins contraignante que les mesures recommandées par l’Union Européenne ou prises par le gouvernement conservateur du Royaume Uni.

La taxation à 75% des hauts revenus ? Bloquée par le conseil constitutionnel et abandonnée par le gouvernement. Les niches fiscales sont maintenues, l’ISF est plafonnée mais par contre on se débrouille pour rendre imposables 200 000 foyers à faible revenu qui ne l’étaient pas jusqu’à présent. Le « pacte de compétitivité » est un cadeau fiscal de 20 milliards aux entreprises. Ces milliards seront récupérés par une hausse de la TVA. C’est la « TVA sociale » dont Sarkozy avait rêvée et que Hollande avait dénoncée.

« Loi de dissuasion des licenciements » ? Oubliée. Le gouvernement reste les bras croisés face à la multiplication des plans de licenciements (Pétroplus, PSA, Fralib, Arcelor, Sanofi…). Par contre avec l’ANI le patronat va pouvoir plus facilement licencier, imposer la mobilité forcée et les baisses de salaires avec encore moins de possibilités de recours pour les travailleurs.
Retraite à 60 ans ? Encore un tour de passe-passe qui ne trompe personne Seule une minorité de travailleurs pourra en bénéficier à taux plein. En effet il faut avoir travaillé avec une interruption maximum de 6 trimestres pour congés maternité, chômage ou accident de travail pour en bénéficier. Par contre l’allongement de la durée de cotisations pour les salariés est dans les cartons. Même chose pour la Sécurité Sociale.

L’Education Nationale, la priorité de Hollande ? Nous avons dénoncé à chaque fois les refus de revenir sur les réformes de l’ère Sarkozy et l’insuffisance ou la nocivité des mesures prises. La liste est longue : confirmation du « livret de compétences », du « socle commun », des réformes du Bac Pro, des Lycées généraux et Technologiques. Création de postes mais qui ne compensent absolument pas les pertes des cinq dernières années, rythmes scolaires, loi d’orientation, loi Forasio dans l’Université qui vont aggraver les conditions d’enseignement,accroître la régionalisation de l’Education Nationale et l’autonomie des établissements…

Alors ce gouvernement, cette majorité, sont-ils encore « de gauche » ? Si l’on entend par là une volonté politique de modifier les rapports économiques et sociaux en faveur de la population et des salariés quitte à imposer ces modifications au patronat et aux classes privilégiées, la réponse est non !

Il faut cesser de croire ou de faire semblant de croire que ce gouvernement pourrait mener une politique en faveur des travailleurs. Il est lié par infiniment plus d’attaches au patronat et aux classes privilégiées qu’aux salariés. Le discrédit de Hollande et Ayrault dans les couches de la population victimes de la crise est justifié. Mais bien sûr la droite et surtout l’extrême droite espèrent bien en profiter pour revenir (ou parvenir) au pouvoir le plus vite possible. Et ce serait pour faire pire encore.

Alors c’est aux salariés, aux chômeurs, aux jeunes d’intervenir. Il n’y a pas d’autre solution imposer des mesures enfin favorables aux victimes de la crise. Oui il faut des millions de personnes dans la rue, des millions de grévistes, de gens mobilisés pour que la population puisse se défendre. Cela ne viendra d’aucune recomposition du gouvernement ou de la majorité, d’aucun succès électoral. Ce mouvement ne sera possible que si la colère se transforme en espoir. Et c’est aux organisations ouvrières, les syndicats et les partis politiques qui veulent vraiment changer les choses, de redonner cet espoir. En disant la vérité, toujours, et en proposant de réelles perspectives de luttes.

Didier Germain-Thomas


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Brèves

Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.