Rapport « Gérer les enseignants autrement » : la Cour des comptes est-elle devenue un think tank néo-libéral ?

mercredi 22 mai 2013
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La Cour des comptes est une institution créée par l’empereur Napoléon Bonaparte en 1807 et qui, officiellement, est chargé de surveiller l’utilisation des fonds public. Depuis quelques temps, sous la direction du « socialiste » Migaud, elle n’est pas avare en conseils de toutes sortes fournis au gouvernement pour frapper les travailleurs et leur imposer une dure cure d’austérité. Son président Migaud est un des pères de la néfaste LOLF qui a été, au même titre que la RGPP, un outil des destruction d’emplois dans la Fonction publique.

Le 22 mai, la Cour des comptes a rendu son rapport sur la « façon dont les enseignants sont employés, affectés et soutenus ». Après avoir constaté les dysfonctionnements que connaît l’Education nationale, elle propose... de les amplifier en mettant en œuvre des attaques contre les personnels.

La Cour préconise des mesures :

1 – Les obligations de service des enseignants seraient modifiées. Le rapport propose de détruire les décrets de 1950 et le statut des PLP qui définissent nos obligations de service en maximum hebdomadaire de cours. Les obligations de service seraient élargies à «  l’ensemble des activités effectuées au sein de l’établissement » (c’est-à-dire tout et n’importe quoi !) et seraient annualisées.

2 – Les directeurs d’école (qui seraient donc devenus une hiérarchie) et les chefs d’établissement auraient «  la responsabilité de moduler la répartition des obligations de service des enseignants en fonction des postes occupés et des besoins des élèves », c’est-à-dire la fin de règles nationales et le renforcement (encore une fois) du rôle des petits chefs.

3 – Une nouvelle hiérarchie intermédiaire apparaîtrait avec « des fonctions de coordination (coordination disciplinaire, coordination de niveau) et d’appui (tutorat, personnes ressources), assurées par un membre de l’équipe partiellement déchargé de cours à cet effet »

4 – Un salaire « au mérite » avec une « simplification  » du régime indemnitaire et « des mesures réellement incitatives et déliées des logiques de corps, notamment en matière indemnitaire et de carrière, afin de compenser les différences d’attractivité entre les postes ». Ce salaire « au mérite » devrait être accompagné d’une réforme de l’évaluation pour qu’elle soit « collective au niveau d’un établissement ou d’une équipe pédagogique », cela semble être un nouvel emballage pour le décret Chatel sur l’évaluation par les chefs d’établissement et les IEN

5 – La « rationalisation de l’offre de formation  » - c’est-à-dire l’amplification des fermetures de sections et d’options – permettrait de dégager des « économies  »

6 - « Les affectations de professeurs des écoles au collège et d’enseignants du second degré à l’école primaire » seraient autorisées dans le cadre de l’école du socle

7 – Les professeurs de collège seraient déqualifiés. Les nouveaux seraient bivalents (les actuels pourraient le devenir) et ne seraient plus recrutés par des concours nationaux (mais académiques). Leur accès au lycée deviendrait difficile voire impossible. Ce serait la mise en extinction du corps des certifiés.

8 – Un recrutement direct par les chefs d’établissement remplacerait le système actuel de mutation pour « affecter les enseignants, après prise en compte des critères légaux et sur avis du directeur d’école ou du chef d’établissement, en fonction de l’adéquation de leurs compétences et de leur parcours avec les besoins des élèves et le projet de l’école ou de l’établissement  »

9 – Pour (en) finir, une nouvelle saignée des postes administratifs auraient lieu en mutualisant « par bassin, les moyens en gestionnaires des écoles et établissements »

Les recommandations de la Cour des comptes ne sont qu’une simple compilation des projets des précédents gouvernements (rapport Thélot et rapport Pochard). C’est un copier-coller des élucubrations sarkozystes. Il n’est pas étonnant que le très bourgeois quotidien Le Monde salue à cette occasion l’« audacieuse Cour des comptes »

En matière de dépenses publiques, on peut se demander s’il est vraiment utile de financer à hauteur de 200 millions d’euros par an une institution qui, loin de sa mission première, s’érige en think tank néolibéral.


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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.