Le Livret personnel de compétences (LPC) : une démarche entrepreneuriale, un leurre pédagogique

samedi 8 juin 2013
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Un article de nos camarades de la CGT Educ’action de la Mayenne
La CGT Educ’action de la Mayenne a signé un appel au boycott du LPC. Si la CGT Educ’ Rouen condamne le LPC et sa logique dangereuse, elle n’appelle pas au boycott, faute d’un réel rapport de force dans notre académie.

Présenté comme une innovation pédagogique, le LPC n’est en réalité qu’un moyen pour casser le système scolaire actuel. En comptant sur la docilité des personnels d’éducation pour sa mise en application.

Le LPC, l’entrepreneur comme référence

Le Socle commun de compétences que cherche à valider le Livret Personnel de Compétences (LPC) est défini par le décret du 11 juillet 2006, en application de la loi du 25 avril 2005 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École, en particulier l’article 9. A l’époque, Jean-Pierre Raffarin est Premier ministre, François Fillon ministre de l’Education nationale. Les autres mesures fortes figurant dans cette loi d’orientation étaient : 1°) la création de commissions rectorales de langues intégrant des représentants des milieux économiques et professionnels, 2°) la contribution des administrations concernées, des collectivités territoriales, mais aussi des entreprises aux propositions d’orientation et de formations faites aux élèves, 3°) la création du label « lycée des métiers »avec mixage des publics entre formation initiale et formation continue.
Cette loi d’orientation a pour « objectif de faire entrer les références de l’entreprise à l’école ».

Le LPC, un projet politique antisocial

Le décret français de 2006 prend appui sur la proposition de recommandation du Parlement européen et du Conseil de l’UE en matière de « compétences clés pour l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie », en date du 10 novembre 2005.

Cette recommandation est le résultat du travail de la commission « Culture et Education », dont 23 membres sur 37 sont classés à droite, du chrétien démocrate au conservateur en passant par le libéral.

Pour échafauder sa recommandation, la commission a reçu, entre autres, l’aide des rapporteurs de la commission Emploi et Affaires sociales (un député chrétien démocrate allemand) et de la commission Industrie et Energie (un député italien, soutien de Berlusconi).

Cette recommandation s’inscrit dans la lignée de divers Conseils Européens du début des années 2000, initiés par celui de Lisbonne, dont l’un des objectifs principaux est très clairement formulé dans les textes mêmes émanant des instances européennes : le développement de l’esprit d’entreprise.

Le LPC, la diffusion de la mondialisation libérale

Enfin, le décret français, dans la définition du Socle commun, fait référence aux évaluations internationales, en particulier PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves ou Programm for International Student Assessment).

Existant depuis 2000, PISA est mené par l’Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE), dont les maîtres-mots sont « défense du libre-échange, concurrence et déréglementation du marché du travail ». Ce qui est demandé aux enquêtés, au titre de mesure de leurs « compétences », ce n’est pas de restituer tels quels des savoirs acquis, mais de montrer qu’ils sont capables de les mobiliser dans des situations de la vie courante. Au final, on cherche à évaluer leur « niveau d’employabilité ».

Le LPC, un danger pour l’éducation

Les enseignants, du 1er degré au lycée, doivent faire valoir leur liberté pédagogique, inscrite dans les textes, en refusant de s’inscrire dans la démarche du LPC.

Certains syndicats enseignants plébiscitent le LPC, car ils feignent de croire qu’il permettra de développer une autre pédagogie, à l’aune de celle de Freinet. C’est un leurre. Ce n’est pas à cette fin que le LPC a été conçu. Le LPC a au moins le mérite d’amener l’enseignant à réfléchir à son métier.

Le travail de l’enseignant est-il uniquement de préparer ses élèves à la vie en entreprise ? L’enseignant peut-il contribuer à la mise en place d’un livret individuel, numérisé, destiné à suivre l’élève tout au long de sa vie scolaire, mais aussi professionnelle ? L’enseignant doit-il participer à la mise en œuvre d’un dispositif qui consiste à faire disparaître la notion de diplôme et les conventions collectives ?

Remplir le LPC, de quelque manière que ce soit, c’est répondre trois fois OUI.

La CGT Educ’action répond trois fois NON et appelle les personnels d’éducation à rejeter le Livret personnel de compétences.

COMPÉTENCES  : notion issue du monde du travail, des ressources humaines, qui émerge à partir des années 1970. Elle est définie comme la capacité d’un individu à mobiliser des savoirs, des savoir-faire, savoir-être, pour répondre à une situation, dans le cadre d’une activité. Elles s’évaluent de manière individuelle (exemple : bilan de compétences). Elles conduisent donc à la fin des références collectives, à la fin des conventions collectives, à la fin des niveaux de qualification, etc… C’est la personnalisation qui prévaut, le lien direct et unique entre le salarié et le patron.


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Brèves

Mouvement 2019 des personnels ATSS :

samedi 22 décembre 2018

Mouvement inter-académique des AAE et des SAENES :
La saisie des voeux doit se faire du 11 décembre 2018 au 8 janvier 2019. La CAPN des SAENES aura lieu le 19 mars 2019, et celle des AAE le 21 mars 2019.

Mouvement à gestion déconcentrés ADJAENES
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

Mouvement à gestion déconcentrés des ATRF
la pré-inscription se fera du 10 janvier 2019 au 7 février 2019. Le reste du calendrier sera en fonction des académies demandées.

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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