Formation professionnelle : Où en sommes-nous ? Où allons-nous ?

dimanche 9 juin 2013
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Un article de l’UGFF Cgt (Fonction publique, avril 2013)

Alors que la loi d’orientation de la refondation de l’école suit les arcanes politiques en vue de son adoption, un certain nombre de voyants sont inquiétants pour ce qui
concerne le volet de la formation professionnelle, malgré les dénégations de nos décideurs politiques. La régionalisation rampante existe bel et bien.

Les actes précédents de la décentralisation ont confié aux Régions d’une part la compétence en matière de développement économique (loi du 30 décembre 2005), et d’autre part la compétence de l’élaboration du schéma régional de la formation professionnelle (Code de l’Éducation).

La formation professionnelle se développe selon 3 axes.

  • La formation initiale publique et privée (dont les Lycées professionnels)
  • La formation continue publique et privée (dont les GRETA)
  • L’insertion

Aujourd’hui, les Régions déclinent le contenu du schéma régional de la formation professionnelle par l’élaboration du Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles. Ce document a pour objectif de structurer l’ensemble de l’offre de formation initiale et continue, il est construit en concertation avec les territoires et les organisations syndicales. Des mandatés CGT y siègent.

Pour la formation professionnelle initiale, les Régions ont déjà la maîtrise sur l’apprentissage, que ce soit pour le financement ou les structures.
En ce qui concerne les formations sous statut scolaire, seul le financement est de son seul ressort. Les structures sont construites en fonction de contrats d’objectifs (mixité des publics et des parcours, enseignements modulaires, cursus entier d’une filière intégrant l’insertion, résultats aux examens, investissements des entreprises ….).

Souvent présentées comme un ajustement technique, les Réformes du Cadre
Budgétaire et Comptable, résultent d’une politique définie par les instances régionales avec obligation d’être intégrées au projet d’établissement.
Ils feront l’objet, par la Région, d’un bilan et d’une évaluation qui détermineront le devenir des structures dans les lycées professionnels.

Une partie du financement des structures devrait être laissée dans le cadre de l’autonomie des établissements, et conduire à la recherche d’entreprises « partenaires » dans le bassin d’emploi. De ce fait, ces entreprises auront un droit de regard sur les contenus de formations par l’expérimentation et la mise à disposition
des plateaux techniques.

DU LYCÉE DES MÉTIERS AU CAMPUS DES MÉTIERS

Bon nombre de lycées sont aujourd’hui labellisés « lycées des métiers ». Or la loi de modernisation de l’école envisage leur transformation en « campus des métiers » (réf. Loi de refondation chapitre : Valorisation de l’enseignement professionnel).

L’objectif est de faire émerger des pôles d’excellence offrant une gamme de formations professionnelles, technologiques et générales dans un champ professionnel spécifique.

Ces campus pourront accueillir différentes modalités de formation (statut scolaire, apprentissage, formation continue, VAE), organiser des poursuites d’études supérieures et offrir des conditions d’hébergement et de vie sociale. En un seul lieu donc : mixité des formations et des publics…Cela facilitera encore l’ingérence des entreprises dans le monde éducatif sous couvert de rentabilité à la fois pour les « deniers publics » investis et d’une meilleure adéquation emploi/formation au sein des territoires.

Cette mixité portera atteinte aux conditions d’études des élèves et aux conditions de travail des enseignants.

La mixité des publics et des formations c’est aussi la modularisation des diplômes. Le découpage en modules de chaque référentiel permettrait à des adultes en FC d’intégrer des classes pour préparer tel ou tel module. Celle-ci est, de plus, un levier utile au patronat pour faire acquérir des compétences qui ne s’inscrivent plus dans un diplôme ou une qualification et ne sont plus reconnues en terme de salaire. C’est donc l’individualisation des « qualifications » qui ne seront plus reconnues nationalement ni dans les conventions collectives, ni dans la rémunération. De plus,les compétences liées à l’entreprise bloquent le salarié dans son avenir professionnel. Il devra se former sur d’autres compétences s’il veut intégrer une autre entreprise devenant ainsi l’otage du monde de l’entreprise.

Concrètement le campus des métiers est un établissement qui a la configuration d’une chambre consulaire. Il est géré par un conseil de perfectionnement et non un conseil d’administration. Ce conseil de perfectionnement n’a qu’un but consultatif et non délibératif sur les questions financières et celles de l’évolution des structures.

Les camarades CGT, qui siègent dans les instances de la formation professionnelle assistent à la mise en place de tous les éléments permettant la régionalisation de l’ensemble de la formation professionnelle à très court terme.

Cette logique poursuivie par le gouvernement dans l’acte III de la décentralisation est due en grande partie au fait que la formation est aujourd’hui présentée comme LA solution aux problématiques de l’emploi. Les gouvernements successifs de ces dernières décennies n’ont de cesse de démontrer que le chômage résulterait de l’inefficacité de notre système de formation à commencer par la formation initiale sous statut scolaire. Or la formation ne crée pas l’emploi : c’est le développement économique et en grande partie l’industrie qui crée les emplois. Sans une volonté politique forte de relance de notre industrie, le chômage continuera de progresser.

C’est pourquoi nous continuons à nous opposer à tout transfert de compétences entre l’État et les régions dans le domaine de l’enseignement professionnel public.

Ce transfert met en pièce l’égalité de tous sur l’ensemble du territoire et éloigne de l’accès à un niveau élevé de qualification un grand nombre de nos jeunes et en premier lieu les plus fragiles. Pire ! C’est un renoncement à un véritable projet national d’éducation permettant une réelle démocratisation du lycée et la réduction des inégalités scolaires et sociales.


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED