C’est arrivé près de chez vous : le gouvernement grec liquide l’enseignement professionnel

mardi 20 août 2013
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Un article traduit par le Courrier des Balkans nous apprend que le gouvernement grec a décidé de porter un coup qui pourrait être fatal à l’enseignement professionnel. Comme pour lavolonté du gouvernement britannique de privatiser le système scolaire, cela montre que les militants syndicaux qui dénoncent depuis des années les risques qui plantent sur l’école française ne sont pas de simples Cassandres !

* * *

Des dizaines d’établissements publics d’enseignement technique et professionnel fermer leurs portes, de nombreuses filières vont disparaître, même dans des secteurs où la main d’œuvre manque. Le gouvernement a pris ces mesures drastiques pour « faire du chiffre » et réduire le nombre de fonctionnaires. Le sabotage des services publics grecs se poursuit.

Par Elli Zotou

Des enseignants grecs manifestaient devant le siège de la BCE, à Francfort, le 19 mai dernier. Certaines écoles, parmi lesquelles les plus choisies par les élèves, seront purement et simplement supprimées, notamment dans les domaines de la santé et du social, l’esthétique, la coiffure, le graphisme, ou encore la plomberie, malgré le manque de personnel dans ce dernier secteur.

La raison ? Selon le ministère, ces formations existent à d’autres niveaux dans l’enseignement grec. Selon le président de la Fédération hellénique de l’enseignement secondaire (OLME), « cela concerne 20.000 élèves » qui n’auront pas d’autre choix que de se tourner vers l’enseignement privé !

Le projet de loi sur l’enseignement technique entraînera la suppression de 46 filières spécialisées. Certains documents du ministère de l’Éducation suggèrent que ce scénario s’explique par l’accusation portée contre l’ensemble des lycées professionnels et techniques de « relations clientélistes » ! Apparemment, le ministère oublie que l’enseignement technique s’adresse à des élèves qui veulent apprendre un métier, pour être des travailleurs spécialisés.

«  C’est la destruction programmée d’une richesse nationale », s’exclame un professeur que nous avons rencontré devant le ministère de l’Éducation, faisant référence aux ateliers dont l’équipement a demandé des millions d’euros pour des spécialités appelées à disparaître. « Dans le groupe scolaire où je travaille, les seuls qui restent sont les assembleurs en aéronautique, ingénieurs, électroniciens. Que vont devenir tous les autres ateliers ? Vont-ils être utilisés par un institut de formation professionnelle privé ou vont-ils être laissés là pour servir de stocks de pièces de rechange à tous ceux qui réussiront à s’introduire ici ? »

Au même moment, les élèves qui s’étaient déjà inscrits en première année se retrouvent dans la nature. Le ministère avait en effet donné son feu vert pour le départ des inscriptions quelques semaines avant d’annoncer la suppression de ces spécialités. Quant aux élèves qui se trouvent au milieu de leur cursus, leur situation n’a pas été éclaircie. Certains de leurs professeurs pourraient être employés de façon prioritaire comme vacataires, selon la Fédération hellénique de l’enseignement secondaire, mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.


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Brèves

Grève à la BNF, contre la loi des « marchands d’esclaves »

dimanche 12 avril 2015

Les agents d’entretien payent cash les mesures d’économie des entreprises publiques. Après Radio France et le ministère des Finances, ils se mobilisent à la Bibliothèque nationale de France.
Lire la suite dans Politis

Avec la future réforme des retraites, les égoutiers seront-ils condamnés à mourir au travail ?

mercredi 26 juin 2013

Ils partent en retraite à 52 ans, mais meurent beaucoup plus tôt que les autres catégories de travailleurs. Victimes d’une surmortalité liée à leur travail insalubre, au milieu des gaz mortels, des produits chimiques ou des rejets radioactifs d’hôpitaux, les égoutiers peinent à faire reconnaître leurs pathologies comme maladies professionnelles. A l’heure des privatisations, les égoutiers du secteur public se battent pour conserver leurs droits à une retraite anticipée et à des conditions de travail sécurisées. Reportage en Ile-de-France.
Lire la suite sur Bastamag

Éducation nationale : quelques remèdes de cheval pour dégraisser le mammouth

mercredi 26 juin 2013

À l’occasion de la remise récente au gouvernement de deux rapports sur l’Éducation nationale et sa gestion – celui de la Cour des comptes et celui de la médiatrice de l’Éducation nationale –, certains médias en profitent pour accabler les enseignants en relayant et en amplifiant les préjugés les plus communs à leur égard, et pour livrer, plus ou moins subtilement, leurs solutions pour redresser une école publique dont ils dressent un tableau apocalyptique…
Lire la suite sur le site d’ACRIMED

« Elle était la seule à maîtriser le braille, on l’a remerciée »...

jeudi 30 mai 2013

Karine (1) est auxiliaire de vie scolaire. Elle a notamment accompagné un élève autiste, puis une malvoyante. Elle adore ce qu’elle fait et pourtant, on vient de la congédier. Motif : AVS, ce n’est pas un métier. Elle a atteint les six ans maximum de CDD dans la fonction publique. Alors, direction Pôle emploi.
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A lire dans « Le Café Pédagogique » du 14 février 2011

lundi 14 février 2011

Le Centre d’Analyse Stratégique, organisme directement rattaché au Premier Ministre, vient de publier son rapport et l’idée toute faite selon laquelle l’emploi public serait en France une charge plus importante qu’ailleurs est bousculée...

Sur le Web : Le Café Pédagogique

Québec - La question épineuse du redoublement

mercredi 15 juillet 2009

L’interdiction du redoublement passée dans les mœurs scolaires québécoises pèse lourd sur le niveau des élèves qui entrent au secondaire
« Plusieurs élèves passent au secondaire sans avoir les acquis et je ne parle pas de petites faiblesses. Je parle de graves lacunes. » Cette parole d’enseignants n’est pas rare car ils commencent à récolter les – mauvais - fruits d’une réforme dont le maître mot est : pas d’échec possible. Même si l’interdiction du redoublement n’est pas officielle, elle est passée dans les faits. 2% seulement des élèves redouble la sixième année de primaire (l’année qui précède l’entrée en secondaire ou collège dans le système français). Mais à force de faire passer des enfants en échec scolaire sans les aider, la situation est devenue difficile en première année de cycle secondaire. Une des conséquences de cette baisse de niveau est le départ des bons élèves dans le privé : 30% des élèves choisissent des établissements secondaires dans le secteur privé ou dans les écoles élitistes du public. Résultat : les établissements normaux se retrouvent avec une forte concentration d’élèves en difficulté. Pour enrayer la spirale des lacunes et de l’échec scolaire, les spécialistes appellent à se concentrer sur la lecture, quitte à réduire le volume horaire d’autres disciplines. L’apprentissage de la lecture est un bon moyen pour repérer les failles dans les mécanismes d’apprentissage.
La Presse, www.cyberpresse.ca, 22 juin 2009

J’ai 17 ans et je suis exclu car j’ai fait blocage contre Darcos

mardi 7 juillet 2009

Ce lundi matin, une élue parisienne, Danielle Simonet, conseillère de Paris (Parti de gauche), alertait par un e-mail très viral sur le sort de Tristan Sadeghi, lycéen tout juste sorti de classe de première, à qui son proviseur refuse l’inscription en terminale. Sauf s’il s’engage par écrit à ne plus participer à des manifs ou des blocages, tels que ceux qui ont émaillé l’année, au lycée Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement comme ailleurs.
Rue89 a proposé à ce jeune élu représentant au conseil de la vie lycéenne de raconter son histoire, alors que la mobilisation autour de son cas commence à prendre.

Royaume-Uni : parents et élèves au rapport

mardi 7 juillet 2009

À partir de la rentrée prochaine, un nouveau mode d’inspection des établissements scolaires sera lancé en Angleterre : les parents et les élèves seront mis à contribution pour classer les écoles et ainsi, décider du déplacement éventuel d’un inspecteur. L’année dernière, 600 établissements scolaires avaient été épinglés pour ne pas avoir atteint les résultats escomptés alors que l’organisme d’inspection les avait très bien notés. Désormais, les parents et leurs enfants rempliront des questionnaires qui permettront de définir le niveau des écoles. Les meilleures d’entre elles seront inspectées tous les 5 ans (au lieu de tous les 3 ans actuellement). Les autres auront droit à des visites surprises plus fréquentes des inspecteurs. Une décision qui ne fait pas l’affaire des enseignants : leurs représentants dénoncent un manque de confiance dans les écoles et redoutent de faire l’objet d’une observation accrue dès la rentrée.