Ville de Rouen - Rythmes scolaires : et maintenant quel changement !

jeudi 22 août 2013
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Vous trouverez ci-dessous et en format pdf le tract de nos camarades des Territoriaux de Rouen au sujet de la réforme des rythmes scolaires.

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Début avril Vincent Peillon dressait un bilan des communes qui allaient appliquer la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013. Le résultat est douloureux pour le ministre.

Lui qui estimait qu’au moins la moitié des élèves français bénéficieraient de cette réforme dès 2013 a dû revoir ses pronostics à la baisse et très largement ! En effet seulement 18,6% des écoles entreront dans ce dispositif, soit environ 1 élève sur 5.

Il est clair que la question des coûts sous toutes ses formes (ramassage scolaire, cantine le mercredi, activités durant les heures libérées par le raccourcissement des journées) mais également la lourdeur de la mise en place en 6 mois sont autant de repoussoirs pour les grosses collectivités.

Il est aujourd’hui évident que les communes et les parents n’adhèrent pas à cette réforme qui, sous couvert d’aider les élèves, se fait au détriment du caractère national de l’éducation, mais aussi des collectivités territoriales, des familles et des enfants.

TRISTE LEÇON

Dans notre département, les communes de Oissel, Grand Couronne, Notre Dame de Gravenchon, Dieppe, Arques la Bataille, Le Tréport ont décidé de reporter l’application de la réforme en 2014.

Si près de 29% des élèves subiront les effets de la réforme dès 2013, seulement 13% des communes (77 sur 585) qui ont une école, la mettront en place.
C’est le cas notamment de Rouen, Grand Quevilly, Sotteville, Petit Couronne, Elbeuf, Maromme, Cléon, St Pierre les Elbeuf, Petit Quevilly, Deville les Rouen et…Saint Etienne du Rouvray.

Mais dans quelles conditions !

Cette réforme est le cheval de Troie de la décentralisation des missions de l’Education nationale. Ainsi à Grand Quevilly, les enseignants ont d’ores et déjà reçu un courrier de la Municipalité les invitant à se porter volontaires (contre paiement d’heures supplémentaires) pour encadrer des activités pédagogiques complémentaires (APC) du projet éducatif de territoire. Dans certaines communes, ce sont les personnels municipaux qui devront assurer cet encadrement en plus de leurs heures de travail sans qu’ils aient leur mot à dire !

L’inégalité territoriale sera non seulement encore plus criante, mais la qualité des activités risque d’en pâtir.

LUTTE DES CLASSES

Cette réforme était faite pour les enfants…

Quel sera le taux d’encadrement réel prévu par le Maire et comment pouvons nous rester dans les clous ? En augmentant les effectifs de personnel ou en diminuant le nombre d’enfants accueillis ? Quelles sont les activités effectivement proposées aux enfants ?

Combien de parents sont capables d’aller chercher leurs enfants à l’école à 15h45 ?
Combien de parents devront prendre un temps partiel pour « gérer » leurs enfants ?
Et puis quelles certitudes sur les activités du mercredi après midi ? Les enfants de Rouen risquent d’essuyer les plâtres de l’application hâtive de la réforme avec cette nouvelle organisation des temps scolaires et périscolaires.

TOUS PUNIS !

Cette nouvelle organisation du temps scolaire n’aura aucun bénéfice sur la fatigue des enfants en fin de semaine ni sur le combat contre l’échec et les difficultés scolaires.

Il faut d’abord combattre les vraies raisons de la fatigue des élèves : les classes surchargées, les heures interminables passées en collectivité.

Le rythme se répercute également sur le personnel municipal travaillant dans les écoles : ce sont des conditions de travail plus pénibles avec des amplitudes de services atteignant 44 heures la semaine. A ce sujet les spécialistes de la médecine du travail s’interrogent sur les conséquences.

Pour les communes, c’est l’obligation d’engager des dépenses nouvelles et considérables en se substituant à l’Education Nationale.

LE PERSONNEL MUNICIPAL N’EST PAS UN PION !

Le temps de travail des agents avec des semaines de 40 heures et même de 44 heures.

Vous composez, monsieur le Maire, un cocktail détonnant en imposant des horaires ayant une aussi forte amplitude, un rythme de travail très pénible, et la fastidieuse routine des laborieux déplacements « trajet domicile travail ».

Les collègues des services techniques, direction du Bâtiment, direction des Espaces Publics et Naturels qui interviennent dans les écoles utilisaient les mercredis pour leurs interventions.

Quelle sera la nouvelle organisation de nos services afin d’assurer les travaux courants ou bien les interventions à courts termes.

Les effectifs du service sont constitués de 522 agents permanents et plus de 400 agents non permanents.

Devant les restrictions budgétaires qui frappent nos services et les fins de contrats qui sanctionnent nos collègues, nous émettons des doutes sur vos ambitions, Monsieur le Maire, en matière « d’élaboration d’un projet Educatif Local garant de la cohérence de l’action municipale » tel que vous le formulez fièrement dans le dossier sur la modification de l’organigramme.

Il ne faudrait pas que votre politique de résorption de la précarité se traduise par une suppression des emplois précaires, car outre le ridicule qui vous incomberait monsieur le Maire, c’est la misère sociale qui se révèlerait encore plus crûment.

Toute cette mise en scène nous ramène aux temps révolus des centres aérés du jeudi après midi et des garderies du soir.

Quel Progrès !


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

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lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED