Charte de la laïcité ? Mieux vaut en rire

vendredi 18 octobre 2013
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Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a présenté en grande pompe, lundi 9 septembre 2013, une charte de la laïcité. Jeudi 12 septembre 2013, une circulaire a été publiée précisant, entre autres, que cette charte doit être affichée et publiée dans les établissements scolaires et écoles publics.

Certains articles seraient carrément comiques s’ils ne témoignaient pas de la déliquescence de l’institution. Ainsi, on apprend qu’ « Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme » et que « Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l’École de la République  ». Cela sous-entend-t-il qu’il serait légitime d’empêcher la tenue d’un cours ou de violer le règlement intérieur d’un établissement pour des motifs autres ?

Ce court texte réussit même à se contredire ouvertement. Il énonce que « Les personnels ont un devoir de stricte neutralité : ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions  » tout en leur donnant une mission politique : «  transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République ».

Sans rire, un des articles proclame : « La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations ». Tout le monde le sait, dans la France laïque depuis la loi de séparation de 1905, les violences et les discriminations contre les femmes, les prolétaires immigrés, les minorités nationales, les peuples colonisés n’existent plus depuis un bon siècle ! Cela est tellement ridicule que l’on peut même se passer de donner des exemples.

Enfin pour couronner le tout, dès son premier article, la Charte proclame «  l’indivisibilité » de la République. Cherchez le lien avec la laïcité ! C’est un principe héritée de la monarchie qui permet surtout de nier les droits des minorités, en particulier linguistiques.

Le combat laïc de Peillon et Cie est un mauvais remake de « la guerre pour rire contre le cléricalisme [qui] cache un autre but plus sérieux : celui d’absorber l’énergie des ouvriers et les détourner de leurs intérêts de classe, de la lutte contre le capital à laquelle on veut substituer la lutte contre Dieu. Le culte des Droits de l’Homme, de la Patrie, de la liberté du commerce, et toute l’idéologie bourgeoise, tendent au même résultat  » comme le dénonçait il y a plus d’un siècle Paul Lafargue (Le Socialiste. 15-18 septembre 1901).

La seule réponse franche à cette ridicule Charte serait un éclat de rire général.


Mi-septembre, nous nous « interrogions » sur la « Charte de la laïcité » en nous demandant ce que venait faire l’indivisibilité de la République dans tout cela.

A titre d’information, nous publions ci-dessous un communiqué de Kevre Breizh qui nous éclaire sur cette « laïcité » héritée de la IIIe République et qui répond à un courrier du Recteur de l’Académie de Rennes.

La devise de la République interdite aux langues de France

Bretagne—Monsieur Le Recteur d’Académie,

Nous avons pris connaissance de votre courrier au Président du Conseil régional de Bretagne en date du 3 octobre 2013, par lequel vous estimez qu’en vertu du principe d’indivisibilité de la République, il vous paraissait que sa devise « qui contribue à l’affirmation de l’identité nationale » ne pouvait s’exprimer qu’en français, et ne saurait être accompagnée d’aucune traduction en langue régionale.

Comment expliquer votre position ? Que révèle ce choix du monolinguisme pour traduire des valeurs universelles ?

Ce que vous dites à nos concitoyens et aux enfants qui chaque jour passent le seuil des écoles, c’est que la langue bretonne, pas plus qu’aucune autre langue régionale, n’a de légitimité à transmettre « l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité » qui, conformément au préambule de la Constitution fonde nos institutions. Et cela, malgré l’article 75-1 de cette même Constitution, qui affirme que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Malgré, encore, la récente loi de Refondation de l’école de la République, qui, en son article L.312-10 reconnaît officiellement « un enseignement bilingue en langue française et en langue régionale ». Ignoreriez-vous que les Bretons ont été à l’avant garde de la Révolution contre l’absolutisme royal et que la devise de la République s’est aussi inscrite en breton comme en d’autres langues régionales, avant les errements de l’abbé Grégoire, de Barrère et de la Terreur ?

Comment pourrez-vous, en tant que Recteur d’Académie de Rennes, expliquer aux enfants des classes bilingues que le breton qu’ils utilisent à l’école n’a pas le droit d’exprimer la devise de la République qui ne pourrait s’afficher qu’en français ?
Mais de quelle République parlons-nous ?

Le refus de traduire la devise « Liberté Egalité Fraternité » dans une langue régionale pose, de toute évidence, la question de la nature de la République. Votre position dit que vous ne vous référez pas à une nation civique fondée sur la volonté de vivre ensemble, mais à une nation ethnique fondée sur un héritage culturel et linguistique exclusif. Ce choix contribue, non pas à reconnaître l’universalité de ces valeurs, mais à en faire une exception française. Cette ethnicisation des idéaux partagés, réduits à des valeurs « franco-françaises », est un mauvais coup pour leur diffusion : non traduisibles, ils ne sont exportables qu’au nom d’une volonté d’impérialisme et de domination.

Le 11 septembre 2013, le Parlement européen a voté la résolution Alfonsi pour la diversité linguistique au sein de l’Union européenne, à une écrasante majorité (625 voix contre 26 voix venues essentiellement des extrêmes droites européennes, les parlementaires français en représentant la moitié) en demandant aux États de condamner les pratiques linguistiques discriminatoires qui ciblent l’identité et l’usage linguistique des communautés linguistiques menacées. C’est aux opposants à cette résolution et aux moments les plus sombres de la colonisation française que renvoie votre courrier.

Que craint un haut fonctionnaire, qui s’arroge le pouvoir de prendre de telles décisions ? Que les langues régionales ne se développent à l’instar de ces espèces botaniques qui deviennent invasives si on n’y prend garde ? Qu’elles ne menacent une République qui serait si peu sûre de ses valeurs ? La crainte n’a jamais été un facteur de démocratie, tel est le danger.

Nous vous laissons la responsabilité de vos propos qui reflètent un détestable retour en arrière vers un nationalisme nauséabond bien éloigné des valeurs d’égalité et de respect que devrait transmettre l’école et qui favorise, au contraire, la montée des mouvements de repli identitaire et de chauvinisme dont la France semble hélas prendre la tête aujourd’hui en Europe.

Veuillez agréer, Monsieur le Recteur, nos salutations affligées.

Pour le bureau de Kevre Breizh
Le Président, Tangi Louarn

KEVRE BREIZH : Agence Culturelle Bretonne de Loire Atlantique, Al Levrig, Amzer Nevez, Ar Falz-Skol Vreizh, Ar Redadeg, Association des Écrivains Bretons, Association des Enseignants de Gallo, Bertaeyn Galeizz, Bodadeg Ar Sonerion, Dastum, Digor Gwengamp, Breizh Unvan - Bretagne Réunie, Dihun, Div Yezh, Diwan, Emglev Bro An Oriant, Emgleo Breiz, FALSAB, Gouelioù Breizh, Gouren Breizh, Identité Bretonne, KBP - Association des Professeurs de Langue Bretonne Paris, Kanomp Breizh, Kendalc’h, Kuzul Ar Brezhoneg, C’Hoariva, Poellgor An Tarv, Radio Kerne, Sked Brest, Skol An Emsav, Skol Uhel Ar Vro - Institut Culturel de Bretagne, Skourr Breizh Kendalc’h Keltiek, Spered Kelt, Stumdi, Ti Ar Gouren, Ti Ar Vro Kemper, Tud Bro Konk, Unvaniezh ar Gelennerien Brezhoneg, War’l Leur.


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VIDEO : CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

lundi 16 avril

A voir absolument l’excellente vidéo du Fil d’actu CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF !

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !