Rentrée 2013 : poudre aux yeux et réalité des emplois

mardi 8 octobre 2013
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Vincent Peillon, le ministre de l’Education se félicite d’une « rentrée de gauche », d’avoir créé des postes et d’améliorer la formation des enseignants. Effectivement avec 80 000 postes d’enseignants supprimés par la droite, les IUFM qui formaient les enseignants nouvellement recrutés fermées, le développement de la précarité, les dégâts des rentrées « de droite » de ces dernières années sont très lourds. Hollande avait promis de réparer. Eh bien, ce qu’on voit se réaliser est très loin du compte !
Quelques petits bouts de scotch et toujours la précarité !

Il avait promis 60.000 postes d’enseignants, soit 14.000 postes par an sur 5 ans. Mais en 2013, au total seulement 7 500 postes ont été créés et 8804 sont prévus en 2014, alors qu’on attend 35.000 élèves en plus en septembre 2013.

Le gouvernement se vante d’avoir créé 10.000 postes supplémentaires dans les lycées et collèges pour mettre « plus de sécurité, plus de sérénité et plus d’adultes ». Mais il s’agit de personnels en contrats aidés, c’est-à-dire des emplois précaires non-enseignants, de 10 mois à 2 ans, à temps partiel imposé le plus souvent. Il a d’ailleurs supprimé en juin 2000 postes d’assistants d’éducation dans les services de vie scolaire, espérant sûrement qu’avec les vacances d’été, on oublierait de soustraire ces 2000 adultes en moins aux 10.000 qu’il annoncerait à la rentrée.

Le gouvernement se vante de titulariser les AVS(Auxiliaires de Vie Scolaire) : qu’en est-il ?
Les AVS sont chargés d’accompagnés les élèves handicapés qui doivent être intégrés dans l’école ordinaire depuis la loi de 2006. C’est bien sûr positif que les AVS exerçant actuellement en contrat précaire puissent garder leur emploi définitivement : c’est positif pour eux ainsi que pour les élèves qui pourront garder une personne stable à laquelle ils se sont habitués.

Mais cela se fait au compte-goutte : seulement 3000 d’entre eux pourront bénéficier d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) à la rentrée 2014, car ils auront cumulé 6 années en CDD (Contrat à Durée Déterminée). A noter qu’ils ne seront pas fonctionnaires, mais seulement « cédéisés » : un statut offrant moins de sécurité d’emploi.

D’autres AVS auront accès à un CDI aux rentrées suivantes parmi ceux qui arriveront à cumuler les 6 années nécessaires en CDD : en attendant ils continueront à travailler en CDD, pour 600 à 1100 euros nets par mois, selon le temps partiel qu’on leur a imposé.
Mais cette possibilité de cédéisation dans les prochaines années n’a été promise qu’aux 28000 AVS qui exercent actuellement avec un contrat d’AED (Assistant d’EDucation). Les 26000 AVS qui exercent avec un contrat aidé pour 600 euros net par mois, sont exclus de cette possibilité. Rien n’est prévu pour eux pour qu’ils puissent rester dans cet emploi d’AVS. On leur promet seulement de rendre enfin effective la formation à laquelle ils ont droit pour faciliter leur réinsertion professionnelle : 200 h sur 2 ans de formation diplômante. Cela aussi c’est positif, et on peut raisonnablement considérer que les procès gagnés au Prud’hommes ces dernières années par les AVS (qui ont obtenu des indemnités pour ne pas avoir reçu cette formation), à l’initiative des syndicats enseignants (FSU et CGT), y est pour beaucoup. Mais la formation et les diplômes ne les garantiront pas contre le retour au chômage à la fin de leur contrat d’AVS. Les 8000 nouveaux AVS qui vont être recrutés le seront avec ces contrats aidés

La précarité des AVS a de beaux jours devant elle ! Et les enseignants devront continuer à se débrouiller sans soutien avec les élèves handicapés, en souffrance, dans des classes surchargées.

Et la formation des enseignants ? Quand même, peut-être que là, ça avance ?

Les nouveaux enseignants, titulaires d’un master (bac + 5) qui ont été reçus aux concours « ancienne formule » seront mis, comme avant, devant les élèves en responsabilité. Ils enseigneront 15 h au lieu de 18 h et auront un tuteur. Le minimum.
Et s’ils ont passé les concours réservés aux ex-contractuels, là c’est temps complet : « Débrouillez-vous, comme vous vous êtes débrouillés en tant que contractuels, on viendra vous inspecter et si ça ne nous plaît pas, on ne vous validera pas et vous redeviendrez contractuel ».
On ne peut pas dire que ça avance beaucoup !

En juin 2013, un concours exceptionnel a recruté 20.000 stagiaires parmi des étudiants ayant au moins un bac + 4. Ils peuvent demander un CDD pour enseigner quelques heures (6 ou 12 h), rémunéré 854 euros brut mensuels pour 6 h. Ils sont formés dans les ESPE (qui remplacent les IUFM). Il leur faudra réussir une 2ème partie du concours en juin 2014 pour être titularisable à la rentrée 2015.

Dans le même genre, pour les plus jeunes, à partir de la 2ème année en faculté, s’ils sont boursiers, ils peuvent demander un EAP : Emploi d’Avenir Professeur, c’est-à-dire un contrat aidé (eh oui, encore !) sous forme de CUI (Contrat Unique d’Insertion) pour 12 h hebdomadaires d’activités pédagogiques diverses selon le niveau d’études : 400 euros net qui s’ajoute à leur bourse. Des petits jobs pour finir ses études, en vérifiant sur le terrain si on est bien sûr de vouloir devenir enseignant, c’est plutôt bien pour les étudiants qui ont besoin de travailler pour financer leurs études.

Mais ces petits jobs peuvent se révéler très difficiles car on peut être sceptique sur la qualité de leur accompagnement, qui reposera sur un tuteur, très peu rémunéré, essentiellement préoccupé par la charge de ses propres classes dont il ne sera aucunement déchargé.

Cette découverte du métier en mettant des jeunes gens non préparés et mal soutenus directement dans les classes peut se révéler une difficile épreuve pour ces étudiants : les élèves sont parfois très durs avec les enseignants qu’ils sentent peu sûrs d’eux. Cela dans un contexte général de manque de moyens et de classes surchargées, le risque est gros que cela ne provoque finalement un déficit de candidats au métier ! En tout cas, le syndicat sera présent pour les aider à s’organiser pour ne pas se faire exploiter, car ils seront des salariés précaires, exposés aux pressions pour leur faire compenser toutes les insuffisances de l’Education Nationale.

Malgré les rodomontades du gouvernement, les conditions de travail pour l’année scolaire 2013/2014 des enseignants et des élèves ne vont pas s’améliorer : nous serons toujours autant sous pression, à devoir faire le maximum pour les élèves, sans qu’on nous donne les moyens des performances qu’on exige de nous : il faut continuer à se défendre, à se protéger, à s’organiser ! Et pour cela, il faut se syndiquer !


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.