En France, une prof gagne 171 euros de moins que ses collègues masculins

lundi 21 octobre 2013
popularité : 6%

Une femme enseignante gagne en moyenne 171 euros de moins que ses collègues du sexe masculin et accède moins facilement aux postes les plus courtisés.

Le métier d’enseignant se féminise, mais les hommes peuvent dormir tranquilles : les meilleures places leur sont toujours réservées.

Voyez plutôt : 66,1% des quelque 775 425 enseignants du secteur public en France sont des femmes, selon les statistiques du ministère pour l’année scolaire 2012-2013. Elles représentent 82,2% des professeurs des écoles et 62% des certifiés du secondaire.

Elles sont bien moins présentes dans les rangs des agrégés (51,4%) et même minoritaires parmi les professeurs de chaire supérieure (32%), deux fonctions plus prestigieuses et mieux rémunérées. Résultat : tous corps confondus, le traitement indiciaire mensuel -la « base » du salaire d’un fonctionnaire- des femmes est inférieur de 171 euros à celui des hommes (-6,35%).

Discrimination ? Difficile d’être catégorique : « Il y a par exemple des proportions entre certifiés et agrégés qui diffèrent selon les disciplines, nuance Anne Féray, secrétaire nationale du Snes-FSU, syndicat d’enseignants du secondaire. Et les plus favorisées sont aussi les plus masculines : la philosophie, les matières scientifiques… Les professeurs de chaire supérieure, eux, sont un cas un peu particulier puisqu’il s’agit d’agrégés qui exercent en classe préparatoire et là aussi, les sciences sont surreprésentées. »

Ce problème dépasse l’Education nationale, observe Mariette Sineau, directrice de recherche CNRS au CEVIPOF et auteure de travaux sur le genre et la politique : « Cette inégalité face aux postes de pouvoir existe plus largement dans la vie socioéconomique et politique. Par exemple, 35% des conseillers municipaux sont des femmes contre seulement 14% des maires. Les femmes sont socialisées différemment, on les oriente plus largement vers les filières littéraires alors que les filières scientifiques sont plus rémunératrices. »

Les hommes bénéficient d’un avancement plus rapide
Reste que les inégalités s’observent même à poste équivalent. Un professeur certifié gagne ainsi en moyenne 60 euros de plus que ses collègues du sexe féminin. Injuste ? « Plus on monte, plus on gagne », nous rétorque-t-on au ministère, qui pointe la relative jeunesse du personnel féminin pour expliquer cette différence de traitement : « Les femmes sont en moyenne plus jeune, ce qui fait baisser la moyenne des salaires. » Problème : le décalage est si mince (42,3 ans d’âge moyen contre 43,4 ans chez les certifiés, par exemple) qu’il ne suffit pas à expliquer les disparités, selon plusieurs sources.

En grattant un peu, d’autres explications apparaissent. « Les jurys de concours sont souvent majoritairement masculins et tendent à reproduire des stéréotypes. Voilà comment on aboutit à une oligarchie dominante d’hommes, analyse Mariette Sineau. Il faut du temps pour faire bouger les lignes. » Et d’avertir : « Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. Les femmes doivent faire pencher ce rapport de force en leur faveur. »

Les femmes sont par ailleurs moins nombreuses dans les fonctions d’encadrement. En 2012-2013, elle représentent 73,8% des directeurs d’écoles alors qu’elles occupent 82,2% des postes de professeur des écoles. « Les hommes, quand ils se trouvent dans un secteur féminisé, cherchent à occuper les emplois d’encadrement », note Marlaine Cacouault, auteur de La direction des collèges et des lycées : une affaire d’hommes ? (L’Harmattan, 2008). « C’est la place des femmes dans la société qui est en jeu et pas seulement dans l’Education nationale », juge cette professeure de sociologie à l’Université de Poitiers

Les recteurs ne donnent pas l’exemple
Pas la peine de chercher l’exemple au sommet de l’Education nationale : sur 31 recteurs, seuls 11 sont des femmes.

Côté salaires, « les barèmes sont censés assurer une forme d’égalité mais il y a des éléments qui créent des différences, glisse Anne Féray. Les hommes bénéficient d’un avancement plus rapide que les femmes. Des observations partielles sur le terrain tendent à le confirmer, même si nous ne disposons pas d’étude nationale assez précise pour être catégoriques. »

Les mécanismes d’avancement sont par ailleurs pour partie subjectifs : « L’appréciation de la hiérarchie est de plus en plus forte sur les promotions, poursuit la syndicaliste. Les femmes sont plus souvent à temps partiel -à 14,6% contre 4,7%, ndlr, cela s’explique par la maternité et par le besoin d’être disponible pour aider leur famille, notamment à un parent âgé, en fin de carrière. Elles renvoient de ce fait une image de personne moins disponible pour sa carrière qui fausse leur évaluation. »

Au-delà du traitement indiciaire, d’autres modes de rémunérations léseraient les femmes, comme les heures supplémentaires et l’indemnité pour fonctions d’intérêt collectif (IFIC) mise en place en 2011. Ces deux sources de revenus varient d’un enseignant à l’autre mais là aussi, aucune statistique officielle n’existe. Le ministère pourrait cependant publier des données sur les IFIC dès l’année prochaine, selon les syndicats. L’Education nationale, qui prône l’égalité des filles et des garçons à l’école, l’appliquera-t-elle à ses employés ?


Agenda

<<

2018

 

<<

Mai

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

Justice - La taxe de 35 euros enfin supprimée

dimanche 4 août 2013

L’instauration d’un timbre fiscal de 35 €, décidée par le Gouvernement en 2011 et applicable depuis octobre 2011, pour toutes instances introduites devant les juridictions civiles, sociales, administratives et prud’homales, remet en cause l’accès au juge pour des milliers de salariés.

Comme nous l’avions prévu, cette taxe a entraîné une baisse conséquente des contentieux judiciaires, nombreux justiciables ayant renoncé à leur droit.

12 organisations, à l’initiative de la CGT se sont prononcées contre cette taxe. Après des mois de lutte nous avons enfin été entendus.

Christiane Taubira, Garde des sceaux, Ministre de la Justice, a annoncé, le 23 juillet 2013, la suppression, dans le projet de loi de finances pour 2014, de cette taxe.

Nous nous félicitons de cette décision obtenue grâce aux multiples manifestations dont une pétition nationale.

Montreuil, le 29 juillet 2013

Motion de la CGT Renault Cléon à propos de la défense des retraites

mardi 25 juin 2013

Texte de la motion votée à l’unanimité par la Commission exécutive du Syndicat CGT Renault Cléon à propos de la mobilisation contre la prochaine réforme des retraites.
Dès la fin septembre – début octobre, le gouvernement soumettra au parlement un projet de loi modifiant les conditions de départ à la retraite et abaissant le niveau des pensions des retraités, aggravant les effets de la réforme imposée par le gouvernement Sarkozy en 2010.
Ce qui laisse très peu de temps pour construire un rapport de force suffisant pour imposer l’abandon de ce projet de réforme.
Réuni en Commission exécutive, ce vendredi 21 juin, le syndicat CGT Renault Cléon appelle le bureau confédéral de la CGT :

  • à proposer dès le début juillet une première date de mobilisation nationale pour les premiers jours de septembre
  • à inscrire très clairement cette première date de mobilisation dans la perspective d’un blocage de l’économie, à la différence de la stratégie qui a conduit à l’échec de la mobilisation pour les retraites de 2010.

Voté à l’unanimité des 28 membres présents de la Commission exécutive

Projet de loi sur l’égalité femmes/hommes Pour la CGT le compte n’y est pas

mercredi 12 juin 2013

La Ministre des droits des femmes a présenté ce lundi en conseil supérieur pour l’égalité professionnelle le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La CGT considère que ce projet de loi doit être un levier historique pour enfin atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et sera particulièrement exigeante quant à son contenu.
Lire la suite du communiqué de la Confédératio}

Garantie Individuelle de Pouvoir d’Achat (GIPA) 2013

mercredi 8 mai 2013

Consultez, ci-contre, la fiche de calcul de la GIPA versée en 2013 réalisée par la CGT Fonction Publique. Cette fiche permet à tou
un chacun de savoir s’il a droit à la GIPA et, si oui, quel en sera le montant. La fiche permet aussi decalculer la perte réelle hors GVT (« glissement vieillesse-technicité ») subie par tout agent de la Fonction Publique.

Les inégalités se creusent entre retraités

mercredi 24 avril 2013

Le niveau de vie des seniors est proche de celui des actifs. Les pensions des jeunes retraités progressent plus vite. Les revenus du patrimoine accentuent les écarts.
Lire la suite sur le site des Echos

Notre fiche de paie finance la Protection Sociale

jeudi 12 juillet 2012

Sur mon salaire brut on me prélève différents pourcentages, à mon employeur aussi : C’est le financement de « Notre protection sociale ». Toutes ces cotisations assises sur mon salaire vont dans le « pot commun » et quand j’ai un problème, je bénéficie de droits. C’est le salaire Socialisé. Les cotisations permettent d’assurer la protection sociale de TOUS car nous sommes tous des assurés sociaux ! C’est la solidarité
Lire le tract de la CGT Organismes sociaux

L’enseignement agricole veut « crever l’abcès » de la précarité

mardi 3 juillet 2012

A la veille d’une rencontre avec le nouveau ministre de l’agriculture, six syndicats de l’enseignement agricole font démarche commune pour obtenir un plan de titularisation des contractuels correspondant aux besoins et sortir des agents de la grande pauvreté liée à des statuts parfois illégaux.
Lire la suite sur le Café pédagogique

NouveVidéo : M. et Mme Pognon ne payent pas beaucoup de taxe d’habitation.lle brève

jeudi 29 décembre 2011

Retrouver M. et Mme Pognon avec le paiement de leur taxe d’habitation. Comme toujours, ils trouvent cela bien trop cher, et pourtant...
Voir la vidéo sur le site de la CGT Finances