Quand le JT de France 2 sert la soupe à Microsoft (et à l’école privée)

dimanche 8 décembre 2013
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Le reportage intitulé « l’école du futur » et diffusé lors du 20 heures de France 2 le samedi 7 décembre (http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-20-heures-samedi-7-decembre-2013_471600.html) constitue un scandale, à plus d’un titre.

Ce reportage est tout d’abord particulièrement manichéen. Il oppose de manière caricaturale une « école du futur », moderne, innovante et fonctionnant avec des outils pédagogiques dernier cri (tableaux tactiles, écrans interactifs posés au sol sur lesquels les enfants peuvent apprendre en sautant et jouant, imagerie 3D…). Dans cette classe, tout semble merveilleux : les élèves « travaillent avec plaisir » et expérimentent « une façon plus ludique d’apprendre, surtout chacun à son rythme ». « Pour les élèves en difficulté, alors là, ça c’est magique », car « la machine ne juge pas l’enfant » et constitue un « outil qui va leur donner confiance en eux car il n’y a pas l’œil de l’adulte ». Et « avec ces lunettes 3D, comment ne pas être captivé […] ? ». N’en jetez plus ! Par opposition, l’enseignement traditionnel est complètement disqualifié par les commentaires en voix off de la journaliste : « finis les cours magistraux à s’ennuyer, sans bouger » et « les tables de multiplication […] barbares ». Quel art de la nuance !

Par ailleurs, le contexte social dans lequel évoluent ces enfants est complètement occulté par la journaliste. Cette école n’est pas une école comme les autres puisqu’il s’agit d’une célèbre école privée sous contrat, située à Paris, dans le 16ème arrondissement (http://www.saintjeandepassy.fr/ecole). Le site indique que la scolarité a un coût : 1385 euros par an au bas mot pour un enfant de CM1. Dans cette école, les enfants portent tous la même tenue, un maillot vert avec le logo de l’école sur la poitrine, et leur niveau de langage confirme qu’ils sont issus de milieux sociaux favorisés, comme l’atteste la liste des célébrités ayant fréquenté cet établissement huppé (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lyc%C3%A9e_Saint-Jean-de-Passy). Mais dans cette école du bonheur, un détail semble révéler que tous les enfants ne sont pas forcément épanouis. Le téléspectateur attentif a pu remarquer la présence à l’écart d’un enfant immobile, tête baissée et à quelques centimètres de l’angle de la salle. Bref, cet enfant est « au coin » ! Ça, c’est de la pédagogie moderne !

Mais le scandale devient patent avec l’interview d’une experte des TICE, Maryvonne Blais. Cette dame est présentée comme « coach de la classe immersive Microsoft ». Une classe Microsoft ? La réalité dépasserait-elle la fiction ? Une rapide recherche sur le net permet d’en savoir un peu plus sur le projet Microsoft (http://www.microsoft.com/france/education/classe-immersive/). Effectivement, Microsoft cherche à conquérir un nouveau marché sur le terrain de l’éducation et s’emploie à séduire le client potentiel en vantant les vertus des nouvelles technologies appliquées à l’enseignement. Les grands groupes capitalistes sont donc à l’offensive et l’Etat laisse faire, visiblement.

Enfin, le nature du reportage nous apparaît scandaleuse du point de vue journalistique. A aucun moment, la journaliste, Isabelle Sabouraut, ne fait son travail d’enquête de manière indépendante et impartiale. Pire, elle se pose en supportrice du projet Microsoft et omet volontairement de poser les questions qui fâchent. Comment certains firmes transnationales cherchent-elles à faire de l’éducation un marché comme un autre ? Comment le désengagement de l’Etat permet-il à celles-ci d’avancer leurs pions sans que personne n’y trouve rien à redire ? Pourquoi ne pas mettre en perspective le fait que la « coach » qui est interrogée soit présentée comme faisant partie de l’école immersive Microsoft ? Comment peut-on présenter l’utilisation des nouvelles technologies sans dire un seul mot sur le contexte budgétaire (l’austérité) et social (une école très inégalitaire) de l’Education Nationale ? Comment se fait-il que certaines écoles puissent bénéficier de tels moyens matériels quand tant d’autres sont cruellement sous-équipées ? Comment peut-on taire le fait que ces enfants sont issus de milieux sociaux particulièrement favorisés et que leur école est à sa façon, un ghetto de riches ?

Autant de questions auxquelles la journaliste, et sa rédaction, n’apporte pas de réponse. Par incompétence ? Par soumission aux intérêts des groupes capitalistes ? Par endoctrinement ? Ou en raison d’un conflit d’intérêt ? Voilà qui mériterait vraiment une enquête dans l’enquête.


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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

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Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.