Rythmes - Après les 14 novemebre et 5 décembre, continuons le combat

jeudi 12 décembre 2013
popularité : 5%

Il n’aura pas fallu très longtemps après la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, dans moins de 20 % des communes, pour que les professionnels de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales, mais aussi les parents d’élèves, confirment les craintes et critiques formulées par la CGT dès la parution du décret PEILLON : une réforme bâclée, menée sans véritable concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, et dont l’objectif affiché d’un mieux-être de l’enfant, apparait de plus en plus éloigné. Cette réforme est dangereuse pour les élèves, les personnels et plus globalement pour le maintien des prérogatives de l’Éducation Nationale sur l’Éducation.
Depuis des mois, la CGT Éduc’action dénonce une réforme qui a pour principal objectif une décentralisation d’une partie des missions de l’État au profit des collectivités territoriales. Ce glissement des missions va immanquablement aggraver les inégalités de traitement sur le territoire et créer une confusion entre scolaire et périscolaire. Elle va surtout à l’encontre de l’intérêt des enfants et de celui de l’ensemble des acteurs concernés. Le décret n’est pas, pour la CGT Éduc’action, la seule lubie d’un homme seul qui tient à laisser son nom dans l’Histoire. Il est cohérent avec la politique libérale menée par ce gouvernement. Il est cohérent avec la loi Peillon dite de Refondation de l’École, qui maintient et sacralise le socle commun, qui pérennise, après la loi Peillon dont elle est la suite, une École des compétences patronales et de l’em-ployabilité.
Le Premier Ministre, l’inénarrable Ayrault, s’est engagé auprès de l’Asso-ciation des Maires de France à élargir à l’ensemble de l’extrascolaire (centres de loisirs, centres aérés, etc.) l’assouplissement du décret permettant que, dans le cadre du périscolaire, un animateur n’ait plus face à lui 10 ou 14 enfants, mais 14 ou 18. Aux abois, il est prêt à n’importe quoi pour acheter les maires. Mais avec ça, qui dira encore que cette réforme se fait dans l’intérêt de l’enfant ?
Prisonnier de sa politique libérale le gouvernement tente d’assimiler les ensei-gnants en lutte à des réactionnaires. Il est vrai qu’aujourd’hui, on médiatise plus de bonnets rouges que de syndicalistes en lutte. Mais, autant pour la réforme des rythmes que pour celle des retraites, la CGT n’est pas une militante du refus systématique et du statuquo.
Les partisans de ce gouvernement, comme ceux des précédents, utilisent à l’envi l’argument du conser-vatisme des enseignants ; lesquels ne se soucieraient que de leur pré carré. Mais cet argument, depuis vingt ans, sert à dénoncer tous ceux qui combattent les régressions. Si le Moderne est celui qui veut casser le code du travail, revendiquons le statut de conservateur, celui qui le défend !
La CGT Éduc’action ne défend pas et n’a jamais défendu la situation catas-trophique imposée par la semaine de 4 jours de Darcos. Pour nous, c’est clair, c’est ni décret Darcos, ni décret Peillon !
Mais avant de se retrouver autour d’une table pour discuter de ce que pourraient être des réformes pro-gressistes de l’École, il nous faut abattre ce décret qui crée une situation pire que la précédente. Après, il faudra agir pour que vivent nos revendications. Cette ques-tion traverse l’ensemble de la société et l’ensemble de l’École (de la maternelle au supérieur). Travaillons donc collectivement pour que les élèves, les professionnels de l’Éducation et les parents (autres victimes de la dégradation de leurs conditions de travail) béné-ficient tou-te-s de véritables avancées et voient leurs conditions de vie, de travail et d’études s’améliorer. Travaillons d’abord à mettre fin à la semaine de 4 jours de Darcos car elle est néfaste. Travaillons ensuite pour qu’une future réforme résulte d’une large concer-tation avec l’ensemble des acteurs de l’École, qu’elle n’entraine pas une régression des droits et des conditions de travail des personnels, qu’elle garantisse la réelle gratuité de l’école dans un cadrage national (pour une équité des territoires et usagers).
Travaillons à la reprise en main de la difficulté par des enseignants spécialisés (RASED complétés et déve-loppés sur l’ensemble du territoire) afin que chaque enfant ait à sa disposition les conditions de réussite.
Travaillons surtout à combattre les vraies raisons de la fatigue des élèves : classes surchargées, bâtiments non adaptés, temps en collectivité très long, ennui des apprentissages vides de sens (programmes indigestes de 2008).
On le voit, il y a de quoi discuter sur le fond pour qu’une vraie réforme progressiste voie le jour, qui ne soit pas qu’un simple bricolage mathématique entre jours et nombre d’heures de classe.
Collectivement, travaillons à mobiliser les personnels, les parents et les décideurs locaux et amplifions la contestation.
Prenons nos responsabilités et travaillons dans une large unité autour de la principale revendication, retrait du décret Peillon ! Le mouvement qui s’amplifie et qui conteste la politique de Peillon, à travers la réforme des rythmes, n’est pas un mouvement de nantis immobilistes. Au contraire, il s’inscrit dans la volonté de créer une école éman-cipatrice, une école où il fasse bon vivre pour les élèves. Depuis que le gouvernement Ayrault est en place et mène, dans tous les domaines, une politique réactionnaire à l’encontre des droits des salariés, c’est la première fois qu’il existe une lutte structurée nationalement.
Notre première étape est de faire sauter le décret et son application. Il faut donc continuer la lutte après les journées des 14 novembre et 5 décembre. Il faut continuer à construire la mobilisation dans l’unité la plus large.

Extrait duPetit Cahier de la CGT Educ’action, publication nationale 1er degré


Agenda

<<

2018

 

<<

Février

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627281234
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
Lire la suite

Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED