Vous avez détesté l’ANI Medef CFDT sur la précarité de l’emploi ? Vous allez haïr la suite sur « la formation professionnelle » !

mardi 17 décembre 2013
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(7 Jours Filpac CGT n°63 - lundi 16 décembre 2013)

1. L’accord du 14 décembre 2013 engage tous les salariés. Avez-vous été consultés ? Pourtant il s’agit de la question majeure, votre emploi.

Nous, à la CGT, nous estimons que la position des salariés est décisive. Nous ne sommes pas comme le pouvoir qui, après le rejet par référendum sur le traité européen en 2005, s’est assis sur le vote négatif du peuple. Pour nous quand c’est non ce n’est pas oui.
Alors, quand un accord national interprofessionnel menace d’être signé, nous ne reconnaissons à personne le droit de parler en votre nom. Que les négociateurs considèrent leur signature comme une marchandise dans le big deal en cours avec le pouvoir et le patronat, ça les regarde. Mais ni vous ni nous n’avons intérêt à signer les yeux bandés ! Notre signature n’est pas à vendre.
Surtout après le bilan désastreux de l’ANI précédent, transformé en loi dès juin 2013, qui prétendait à sécuriser l’emploi : en réalité, il encourage les licenciements, la régression des salaires, la mobilité et la précarité. Les signataires parlaient de « maintien dans l’emploi ». Il fallait lire « maintien au chômage »…

2. L’ANI formation professionnelle, l’enfant du désastre, l’ANI flexisécurité !

Cet accord de décembre favorise-t-il l’accès à l’emploi ? Aucune obligation pour l’employeur ! La « formation professionnelle » n’est envisagée que du point de vue de la « compétitivité ». Cet accord, encensé par les médias domestiqués, est présenté comme une grande avancée. Il n’est que la prolongation du programme commun CFDT Medef.
Selon le texte, gardé secret très longtemps, il s’agit d’orienter la formation professionnelle pour « dynamiser la compétitivité des entreprises (…) Le niveau et l’évolution des compétences des salariés sont un levier déterminant de la compétitivité des entreprises. » En quoi ?
Le programme CFDT Medef de juin 2011 proclame cette vérité première : la crise n’est due qu’à un déficit de compétitivité, dont la responsabilité unique est portée par des salariés inconscients du montant exorbitant de leurs rémunérations. Il faut baisser en conséquence baisser les salaires, faire reculer la Sécurité sociale, transférer l’impôt du patron vers le salarié.
Il s’agissait d’établir un droit absolu du patron à licencier, que l’ANI présente comme une réforme structurelle du marché du travail » (sic). L’accord transposé en loi a ouvert la voie à la négation des tribunaux prud’homaux, puisque seul l’employeur détermine désormais les motifs du licenciement, les listes de licenciés et le barème des licenciements. Le contrat individuel de travail n’est dans cette loi pas opposable à un accord syndicats minoritaires-employeur, concernant la mobilité, la régression du
salaire par l’augmentation du temps de travail.
Manquait à cet ANI un volet pour compléter le chapitre de la culpabilisation des salariés : « vous, salariés êtes responsables du déficit de compétitivité, vous gagnez beaucoup trop, plus en tout cas qu’un ouvrier éthiopien ou chinois. Z’avez pas honte ? Si vous êtes au chômage, c’est votre faute ! Votre formation ne correspond pas aux offres d’emploi : achetez un camping car et trottez d’un bout à l’autre du pays pour montrer votre mobilité et votre « employabilité », selon les offres généreuses des employeurs. »

3. L’ANI poursuit l’entreprise de destruction du Code du travail

Cet accord détruit l’obligation de l’employeur, définie par l’article L. 6321-1 qui stipulait : « L’employeur assure l’adaptation des salariés à leur poste de travail. » Avec l’ANI, et son compte personnel de formation, c’est le salarié qui a la charge de la formation !
Le patron ne s’engage à aucune embauche et n’exclut aucune débauche… Et c’est lui qui surveille la formation ! « L’entreprise définit avec le salarié, avant son départ en formation, la nature des engagements auxquels elle souscrit, si l’intéressé suit avec assiduité la formation et satisfait aux évaluations prévues »
Education nationale ? Non, éducation patronale. « Les branches professionnelles exercent une fonction essentielle de soutien aux entreprises pour dynamiser leur compétitivité en développant les compétences de leurs salariés et pour favoriser l’accès des jeunes et des demandeurs d’emploi aux métiers de leurs entreprises ».
Vous vouliez une augmentation de salaire ? Mais vous n’êtes pas assez « impliqué ». Allez vous former, l’employeur vous reconnaîtra ensuit. Enfin, peut-être : « La reconnaissance du développement des compétences des salariés est un levier d’implication dans leur travail. Il constitue pour l’entreprise un moyen de renforcer son attractivité et sa compétitivité et de sécuriser le parcours professionnel de ses
salariés. »

4. Pourquoi pas un « compte individuel emploi » qui dirait ça : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. »

Bien sûr, il ne s’agit que de la Constitution de la République, ce qui n’est rien pour le marché entre gouvernement et patronat. Cette entente vise précisément à contourner la loi fondamentale de la république. La logique de négociations secrètes, de tractations de couloirs, à l’abri des principes démocratiques, consiste à cadenasser le dialogue social. Baptiser « dialogue social » les deals avec le syndicalisme d’accompagnement, c’est légèrement abusif, non ?

L’alternative ? C’est préparer 2014 comme ça :

  • Le gel immédiat des plans sociaux
  • L’arrêt des licenciements
  • L’obligation de l’employeur à fournir de façon indissociable un CDI et une formation pour l’exercer
  • La réduction du temps de travail à salaire égal pour embaucher des jeunes
  • Le financement de la formation par le prélèvement sur les opérations financières et l’évasion fiscale
  • L’application du principe de consultation des salariés avant la signature de tout accord les concernant

Pas de nouvel ANI pour un bon nouvel An !


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Lubrizol : 1 an après on oublie pas ! Réunion publique le 25 septembre, manifestation le 26 septembre

mardi 8 septembre

Réunion publique d’information sous chapiteau Vendredi 25 septembre 2020 de 18 à 20h A la Friche Lucien, place Carnot, ROUEN
Jeudi MANIFESTATION Samedi 26 septembre 13h30 Rendez-vous devant : LUBRIZOL (quai de France)

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Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.