Enseigner autrement pour une école émancipatrice

jeudi 19 décembre 2013
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Socle commun et compétences entraînent l’École dans une simple fonction d’employabilité : la CGT Éduc’action n’a de cesse de dénoncer cette évolution. Mais l’idéal d’émancipation implique également une réflexion plus générale sur les biais d’une éducation institutionnelle.

On peut suivre Jacques Rancière (1) lorsqu’il estime que l’école exerce une fonction d’optimalisation sociale (en gros, préserver l’ordre social, y compris dans ses inégalités). Ainsi, l’école émancipatrice, quelle que soit sa forme, n’existerait pas. Tout autant que la pédagogie traditionnelle de la transmission neutre du savoir, l’Éducation nouvelle se construit aussi sous le présupposé de l’inégalité des intelligences (cf. le Livret de compétences). En outre, cette analyse nous éclaire sur le fait que ce sont les individus in fine qui s’émancipent (idée, attention, étrangère à la volonté de reporter sur l’individu les causes de l’échec scolaire).
Exempté des logiques de classes, de programmes ou encore de notation, l’enseignant documentaliste occupe une place à la marge dans l’établissement, tout en disposant d’un lieu physique unique, le CDI. Dans le même temps, ce double avantage le confronte à un objectif ambitieux : l’émancipation de tous les élèves.
Celle-ci passe évidemment par une sensibilisation à la littérature. Contrairement aux bibliothèques municipales, les CDI ont un public « captif » et identifié. Il peut agir sur celui-ci sans attendre qu’il fasse le premier pas.
L’évolution des pratiques culturelles rend cruciale cette mission d’accès à la lecture plaisir. Le développement du numérique, sur des supports de plus en plus intrusifs, modifie fortement les pratiques. La multiplication des sollicitations (difficulté à s’extraire du monde extérieur pour cause de « connexion » permanente…) rend de plus en plus difficile l’entrée dans la lecture profonde, particulièrement pour des générations immergées dès le plus jeune âge dans l’espace numérique ludique.
La quête de l’émancipation implique également l’émergence d’une didactique de l’information. Il s’agit, notamment, de troquer la vision d’une machine Internet magique et omnisciente contre une connaissance des mécanismes de classement des moteurs de recherche ; de savoir identifier et évaluer les sources, de les hiérarchiser puis de transformer les informations brutes en connaissances et enfin en savoir. Les digital natives ne disposent pas d’une maîtrise intuitive de ces phénomènes d’apprentissage.
Pourtant, si l’école ne permet pas « d’égaliser » la société, la connaissance des limites institutionnelles nous permet de réfléchir aux conditions de réalisation de l’émancipation par les individus. Comment ne pas établir le parallèle entre le fatalisme politique entonné depuis des décennies par la ritournelle médiatique (There Is No Alternative) et ce qu’on peut qualifier de fatalisme éducatif ? Le système éducatif est en effet organisé selon un principe de passivité des élèves qui interdit à ceux-ci l’acheminement d’un sens critique. Habitués dès leur plus jeune âge à intégrer (ingérer ?) la vérité du savoir sans en questionner sa construction, ils se retrouvent démunis dans la construction de leur jugement personnel. Cette défaillance de l’école se révèle d’autant plus préoccupante lorsque la pluralité du paysage médiatique ne conduit à aucun pluralisme des points de vue.
Dans cette vision politique de l’Éducation, l’enseignant-e documentaliste a donc un rôle pédagogique fondamental à jouer. Faut-il pourtant souhaiter un alignement de notre métier sur celui du professeur « traditionnel » ; se limiter à la participation à des systèmes annexes (type TPE, AP, EE) ?
Or, malgré l’existence du CAPES Documentation, notre rôle n’est toujours pas totalement avalisé.
Dans l’exercice quotidien de notre métier, on peut remarquer, par exemple, les difficultés à disposer d’un accès professeur aux ENT et donc aux fonctionnalités telles que les notes. Plus globalement, la nécessité de créer une Inspection spécifique à la Documentation reste un combat toujours en cours. Pire, les projets de trans-formation des CDI en Centre de Connaissances et de Culture posent les jalons d’un retour en arrière.

(1) Jacques Rancière, philosophe, a été l’élève de Louis Althusser. Publié en 1974, son livre de rupture, « la Leçon d’Althusser », vient de reparaître aux Éditions La Fabrique. Parmi ses autres essais : « le Philosophe et ses pauvres » (Champs-Flammarion, 1981), « la Haine de la démocratie » (2006) et « le Spectateur émancipé » (2010), aux Éditions La Fabrique. (Ibo/Sipa)


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
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