La situation dans la voie professionnelle et les propositions du Ministère (janvier 2014)

vendredi 10 janvier 2014
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1 - Compte-rendu de la réunion du 18 décembre au Ministère

Lors de cette réunion au Ministère, étaient présents la CGT Educ’action, le SGEN-CFDT, le SNALC, le SNETAA-FO, le SNUEP-FSU, l’UNSA et SUD éducation ; ainsi que des branches professionnelles (Transports, CFA de l’artisanat,…).

Le MEN arrive avec de nouvelles propositions suite aux différentes consultations avec les OS et les Branches Professionnelles (voir en PJ).

Un représentant du Ministère explique que le but est de parvenir à une révision rapide des dispositifs permettant d’alléger et de redonner du temps aux élèves et aux enseignants. Il s’agit de trouver un équilibre avec une amélioration rapide sur le terrain.

La question est donc de savoir pour les deux champs concernés (PFMP et CCF), suite à ces nouvelles propositions, ce que veulent les différentes composantes consultées.

Pour les PFMP : le MEN propose de réduire pour tous les périodes de PFMP de 4 semaines. Question : à quoi doit servir ce temps récupéré :

  • Temps de cours
  • Temps investi dans des activités liées au développement de la qualité de l’alternance et de projets pédagogiques pluridisciplinaires.

Le MEN propose également d’assouplir la règle de l’obligation en seconde professionnelle de 3 semaines consécutives de PFMP.

2 - Quelques éléments d’appréciation

Après la tenue des deux premières réunions de novembre le ministère a finalement réuni une troisième fois les organisations syndicales de la voie pro le 18 décembre en y associant cette fois ci les présidents des CPC. La FAEN n’était pas présente (pas invitée ?), peu de CPC de représentées également.

Le ministère a fait de nouvelles propositions :
Aucune modification pour l’organisation des CAP, ni sur les PFMP, ni sur la certification, par rapport à l’existant. Dans la première mouture, le ministère prévoyait des modifications sur le CCF avec une part de contrôle continu et du CCF ponctuel (!!)

Des modifications sur les PFMP et le CCF pour le baccalauréat professionnel.

  • PFMP : réduction de 4 semaines pour toutes les sections de bac pro, pour tous les élèves. Au départ cela n’était prévu que pour les élèves désirant entrer en BTS. Une totale absurdité ! La durée des PFMP passe donc de 22 semaines sur trois ans à 18 semaines. C’est une première victoire puisque nous réclamons, depuis la généralisation du bac pro en 3 ans, une réduction à 16 semaines. Nous n’y sommes pas encore tout à fait mais c’est un pas significatif. 4 semaines de cours supplémentaires c’est du temps en plus pour aborder correctement le programme. Nous avons insisté sur les répercussions par rapport aux DHG, les horaires « hebdomadaires » ne doivent pas être percutés négativement, les services des enseignants doivent être identiques, ils gardent les mêmes horaires hebdomadaires sur une période plus longue de cours. Les grilles (malheureusement toujours tri annuelles) devront être revues et abondées des heures de cours récupérées.
  • CCF : Deux épreuves qui sont aujourd’hui en CCF vont repasser en mode examen terminal. Il y aura donc 5 épreuves qui seront sous la forme d’un examen ponctuel terminal : Français, histoire-géo-éducation civique, étude de cas professionnel (certification inchangée) et deux épreuves supplémentaires, la PSE et la gestion ou l’éco-gestion. Là encore on est n’est pas sur la totalité de nos revendications, mais c’ est une avancée. On a réussi à repousser la première proposition ministérielle, faite le 15 novembre, d’un contrôle continu généralisé à l’ensemble du BEP. Il y a également quelques préconisations concernant les banques de données et l’utilisation éventuelle d’épreuves communes entre le BEP et le bac pro. Tout cela reste à confirmer, pour le moment les derniers arbitrages ne sont pas rendus.

Concertation  : Le ministère ouvre une période de « concertation » avec l’ensemble des personnels. C’est ce que nous exigions, mais elle ne se fait pas comme nous le demandions avec un temps banalisé pour tous les personnels. La consultation se fera par internet sur un site dédié durant la période du 15 janvier au 15 février.

3 - Que faire ?

Cette question n’est pas nouvelle....
A l’évidence le ministère est aujourd’hui sur le recul par rapport à ses premières proposions.
Ce que nous disions en 2009, lors de la mise en place de la réforme, sur des PFMP trop longues, n’était pas exact ... cela le devient aujourd’hui !
Le ministère est obligé de remettre en place des épreuves ponctuelles dans deux disciplines, tant la désorganisation pédagogique du « tout CCF » est grande. Là aussi nous avions raison de dénoncer dès le départ ces conséquences, ce n’était pas le cas de toutes les organisations.

Nous avons su peser sur la situation en nous appuyant sur la construction de l’intersyndicale et de la pétition qu’elle a produite (2000 signatures en une semaine, il faut poursuivre).

Le conseiller de Vincent Peillon, a clairement évoqué l’intersyndicale nationale lors des discussions. Le ministère n’a pas forcément envie de multiplier les points de friction avec les personnels. Il perçoit, à sa manière, le gros ras le bol des collègues.

Ne soyons pas non plus innocents, les difficultés inhérentes à l’organisation, dès le départ, du bac pro en 3 ans, sur les PFMP comme sur les CCF, ont produit à elles seules leurs effets : c’est une catastrophe ! Nous avions raison de le dénoncer et cela va nous donner du poids pour exiger la prise en compte de nos revendications !

Mais rien n’est résolu sur le fond de la réforme !

Notre revendication essentielle est celle d’une remise en place d’un cursus en 4 ans pour les spécialités qui l’exigent ou pour les élèves qui en ont besoin.

La CGT Educ’action a lourdement insisté lors des discussions sur le fait que ces modifications (réduction de 4 semaines, réduction du CCF) ne permettaient en rien de faire l’impasse sur l’analyse de la réforme du bac pro en 3ans. Le dossier global doit être ouvert en urgence !

Sur la certification, le problème demeure en arts appliqués, en LV ou en maths-sciences, comme dans une autre mesure pour la partie professionnelle. Le problème est même en train de s’amplifier en maths-sciences où les directives des IEN, avec la mise en avant d’une grille d’évaluation nationale de compétences, pour toutes les évaluations traduisent une dérive complète.

L’intersyndicale nationale est d’accord pour en faire une priorité dans sa lutte contre le « tout CCF ». Nous allons très rapidement demander une audience auprès des Inspections Générales de Mathématiques et de Sciences Physiques dans le cadre de la concertation nationale. La situation actuelle est intenable et inacceptable !

Poursuivre l’action ! Ne rien lâcher !

La CGT Educ’action avait décidé d’un appel à la grève en janvier pour les personnels de l’enseignement professionnel au vu de la situation de ce secteur et des propositions du ministère qui étaient faites avant le 15 novembre.
La situation a changé après la réunion du 18 décembre, même si fondamentalement la réforme est toujours là.
ll faut apprécier comment continuer à obtenir des reculs du ministère et la remise à plat totale de la réforme


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