Réforme de l’éducation prioritaire : des propositions alléchantes mais des mesures insuffisantes et dangereuses pour les personnels !

jeudi 23 janvier 2014
popularité : 3%

Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a présenté son « plan pour l’éducation prioritaire », jeudi 16 janvier 2014.

Concernant les personnels enseignants - Le ministre a repris les annonces des chantiers métiers : indemnités spécifiques, pondérations et création d’un nouveau grade d’accès fonctionnel (GRAF). Cela concernerait 100 réseaux en 2014 et 350 en 2015.

La CGT Éduc’action reste opposée à la multiplication des indemnités spécifiques et surtout à la création d’un nouveau grade qui crée de nouvelles inégalités et une hiérarchie entre les personnels. Elle est favorable à des décharges de service pour les missions particulières.

Ainsi, le ministère reconnaît la difficulté et la spécificité d’enseigner en ZEP par l’octroi de décharges horaires (via une pondération) afin de pouvoir donner du temps pour le travail en équipe et le suivi des élèves (1.5 h/hebdo en collège et 9 jours par an en primaire). Mais, derrière cette proposition alléchante peut se profiler une remise en cause des garanties statutaires des personnels enseignants du second degré. La décharge horaire risque de ne pas permettre une réelle baisse du temps et de la charge de travail. La baisse du temps devant élèves, associé à la mise en place d’un temps de concertation et de formation, défini localement, va sans doute se traduire par la multiplication des réunions obligatoires qui pourraient être chronophages. De plus, la grande majorité des collègues qui exercent dans l’éducation prioritaire ne sont pas concernés par la pondération.
La CGT Educ’Action Rouen n’est pas opposée à la mise en place de projets, de réunions, de concertation, mais sur la base des initiatives de collègues volontaires.

La CGT Educ’action défend avant tout les conditions de travail des personnels et donc leur statut. Dans notre académie, lors du Comité technique, elle a voté avec le SNES et FO un vœu clair sur cette question :

Concernant le projet de refondation des statuts des professeurs, nous rappelons nos exigences :

  • nous voulons garder des obligations définies en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement disciplinaires et nous refusons l’annualisation de notre temps de travail ;
  • nous ne voulons pas que nos services soient définis localement et refusons le principe de lettres de missions ; 
  • la pondération 1,1 prévue pour les collègues exerçant en éducation prioritaire ne doit pas s’appliquer à un nombre réduit d’établissements ;
  • nous nous opposons à la suppression des décharges statutaires et tout nouveau calcul des pondérations qui se traduirait par des pertes salariales ;
  • nous nous opposons à une redéfinition de nos statuts qui conduirait à une augmentation de la charge de travail."

Enfin, le Ministre maintient le dispositif Eclair que la CGT Educ’action n’a cessé de dénoncer. Cela traduit bien sa volonté de maintenir encore aujourd’hui dans l’éducation prioritaire des fonctionnements dérogatoires aux garanties statutaires.

Concernant les élèves - Le ministre annonce un nouveau renforcement de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, pour arriver, d’ici 2017, à 30 % dans les 350 réseaux. Rappelons que les « efforts » constatés lors de la rentrée 2013 ont été très peu visibles. Ceux annoncés pour la rentrée 2014 ne sont pas de nature à faire évoluer sensiblement ces taux de scolarisation pour l’ensemble des écoles relevant aujourd’hui de l’éducation prioritaire, dans certaines académies ces taux étant bien en-deçà des 5 %...

Par ailleurs, le ministre annonce plus d’enseignants pour le dispositif « Plus de maîtres que de classes ». En théorie, ce dispositif est positif mais il doit se vérifier en pratique quand, aujourd’hui, le ministère peine à prendre en charge la hausse démographique...
Enfin, le ministre annonce que les réseaux bénéficieront d’un renforcement en infirmières et assistantes sociales. Cette annonce va dans le sens des revendications de la CGT Éduc’action, ce qui n’est pas le cas pour l’annonce de la création de 500 nouveaux postes d’Assistants de Prévention et de Sécurité. La CGT Educ’action continue de réclamer des moyens pérennes en termes d’accompagnement éducatif.

La CGT Éduc’action constate que le ministère opère une redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire qui pourrait aboutir à un nouveau rétrécissement de celle-ci, ce qui ne serait pas acceptable. Elle demande que les moyens annoncés soient réellement mis sur la table. En ce sens, la CGT Educ’action reste très dubitative au regard des budgets et des recrutements prévus.

Les annonces du ministre peuvent paraître ambitieuses. Mais les personnels doivent rester mobilisés pour défendre leurs conditions de travail, ce qui passe par le refus des mesures qui remettent en cause nos garanties statutaires.

Le plan annoncé semble être un curieux mélange de poudre aux yeux et de biais enfoncés dans le statut. D’autant plus, que la préparation de la rentrée 2014 contredit la soit-disant bonne volonté de Peillon : dans les académies, les seuils prévus dans et hors éducation prioritaire avoisinent ou sont à 30 élèves par classe en collège et 35 en lycée.


Agenda

<<

2019

 

<<

Septembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

mardi 12 juin 2018

Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
Mme Balogun - originaire du Nigéria et qui a une enfant scolarisée au collège de Maromme - s’est vu confirmer son OQTF par le Tribunal Administratif et France Terre d’Asile cherche à récupérer leur logement CADA en essayant de les en expulser.
La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.