L’horreur s’invite de nouveau en Ukraine

vendredi 16 mai 2014
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Moins de trois mois après les crimes de masse perpétrés à Kiev sur Maïdan, le peuple ukrainien paie de nouveau le prix lourd des dérives fanatiques et extrémistes de clans opposés dans une lutte à mort.

C’est cette fois à Odessa dans le sud du pays que cette violence aveugle et criminelle s’est déchaînée. D’après les informations recueillies par la CGT auprès de nos camarades odessites, des hooligans gangrénés par les néo-nazis ultra-nationalistes ukrainiens du Secteur droit (Praviy sektor), après une bataille rangée en centre-ville contre d’autres hooligans supporters du fédéralisme, s’en sont pris aux manifestants de Koulikovo Polié. Cet endroit était occupé depuis la fin de l’année dernière par des manifestants pacifiques, principalement des retraités et des syndicalistes, qui défendaient une option fédérale pour l’Ukraine, et non un rattachement à la Russie, comme le prétendent trop rapidement la plupart des médias. A l’arrivée des excités du Secteur droit, des centaines d’entre eux se sont réfugiés dans la Maison des syndicats. Les cocktails Molotov lancés par les ultra-nationalistes ont incendié le bâtiment et provoqué la quarantaine de morts recensée au bilan officiel. La CGT transmet ses condoléances à l’ensemble des familles des victimes que les évènements en Ukraine ne cessent de produire. (...)

Montreuil, le 4 mai 2014


A titre d’information, nous publions ci-dessous un communiqué du syndicat ukrainienne Borotba sur ce crime.

Terreur nazie à Odessa : plus de 40 mort-e-s, des centaines de blessé-e-s

Le 2 mai, sous prétexte de la soi-disante marche « Pour l’unité de l’Ukraine » (le même jour que le match de foot entre les Chernomorets et les Metallists), des escadrons paramilitaires de nationalistes ukrainiens ont été amenés à Odessa de tout le pays. Ils sont arrivés par bus et par train. Dès le départ, alors qu’ils commençaient à se rassembler sur le square de Sobornaya, on a pu voir parmi les traditionnels hooligans d’extrême-droite beaucoup de paramilitaires bien équipés : boucliers, casques, battes et autres armes contondantes voire à feu. La plupart, des hommes d’environ 30 à 40 ans, n’étaient manifestement pas des supporters de football. Certains portaient des boucliers où était écrit « 14e centurie d’autodéfense de Maidan ». Ces paramilitaires nationalistes ont été la principale force de frappe du massacre d’habitants d’Odessa sur le « pôle de Kulikovo ».

030314 borotba Au total, plus de 1.000 nationalistes ont participé à la marche et au massacre qui a suivi. Les habitants d’Odessa étaient une minorité parmi eux, tandis que la majorité étaient des paramilitaires d’extrême-droite amenés là ensemble. Ils étaient reconnaissables en particulier au dialecte (non typique de la région d’Odessa), certains d’entre eux reconnaissant et disant même ouvertement d’où ils venaient. Les supporters locaux de l’équipe Chernomorets d’Odessa ont quitté la marche lorsque les affrontements ont débuté : ils étaient seulement là pour la marche traditionnelle vers le stade et lorsqu’ils ont réalisé que des « visiteurs » et des provocateurs voulaient les conduire à frapper les habitants de la ville, la majorité des supporters du Chernomorets (identifiables à leurs écharpes bleues et noires du club) a immédiatement quitté la soi-disante marche « pacifique ».

Au même moment, les « militants d’importation » ne se rendaient pas au stade. Leur but était de terroriser les habitants de la ville et de déchaîner la violence contre les activistes du mouvement d’opposition à la junte de Kiev. L’action des nationalistes n’a nullement eu, dès le commencement, un quelconque caractère pacifique ; ce qui s’explique vu le massacre qu’ils préparaient.

Il n’y avait que peu de policiers, bien que le personnel de la seule police locale d’Odessa eut été capable de contrôler une foule d’un millier de personnes et, par conséquent, d’empêcher les pogroms et les meurtres. Il s’est avéré que la majorité des effectifs avait reçu l’ordre de garder le bâtiment administratif du Ministère de l’Intérieur. Par conséquent, la ville entière a été livrée aux mains des paramilitaires néo-nazis. Ceci n’est pas surprenant lorsque l’on connait les liens anciens et étroits de l’actuel Ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov, avec les groupes néo-nazis - y compris le « Secteur Droite ».

Tandis que la colonne de nationalistes remontait la rue Grecheskaya, quelques militants (200-250 personnes) de la milice locale d’Odessa ont tenté de lui barrer la route. Mais très vite ils se sont retrouvés sous une volée de jets de pierres, de bouteilles et de grenades assourdissantes. Des coups de feu ont éclaté. Le camarade Ivan de Borotba a reçu une balle dans le ventre par une arme de guerre... Les militants et activistes de la milice d’Odessa ont alors tenté de s’échapper par le centre commercial « Athena » situé dans le Quartier grec. La foule de web ukr odessa—672x359nationalistes d’extrême-droite a alors crié haro sur eux. Les paramilitaires ont commencé à préparer des cocktails molotovs afin de mettre le feu au centre commercial avec les membres de la milice d’autodéfense d’Odessa barricadés à l’intérieur. Des policiers ont alors sauvé la vie des activistes en amenant leurs véhicules directement à l’entrée du centre commercial.

Les nationalistes sont alors remontés jusqu’au « pôle de Kulikovo » où se trouvait le campement des opposants à la junte de Kiev. Des militants de Borotba, aux côtés d’autres activistes et de simples habitants d’Odessa, étaient à la tâche dans le campement. Au total environ 200 personnes étaient là et plus de la moitié étaient des femmes ou des personnes âgées.

Les néo-nazis ont alors commencé à bombarder le chapiteau de cocktails molotovs et l’ont réduit en cendres. Les militants du campement ont été forcés à battre en retraite dans le bâtiment tout proche de la Maison des Syndicats.

Afin de tuer le maximum d’Odessites, les fascistes ont alors mis le feu au rez-de-chaussée de l’édifice. Le feu s’est répandu très rapidement dans le bâtiment.

Des personnes ont commencé à sauter par les fenêtres des étages supérieurs pour tenter d’échapper aux flammes, mais une fois au sol elles étaient rouées de coups par les paramilitaires nationalistes. Notre camarade (membre de Borotba) Andrew Brazhevsky a ainsi trouvé la mort. Le député au Conseil régional (et ami du dirigeant de Borotba à Odessa Alexeï Albu) Viatcheslav Markin a également été tué de la sorte après avoir sauté par la fenêtre. Plus de 40 activistes ont ainsi péri brûlés vifs, asphyxiés par les fumées ou tués par les nazis en tentant de s’échapper du 10299172 813884311973362 2891681924930624601 nbâtiment en feu. Par chance, un certain nombre de nos camarades a réussi à s’échapper sain et sauf. Certains, y compris le dirigeant de Borotba Odessa et élu au conseil municipal Alexeï Albu, ont été sévèrement frappés à coups de battes et de pieds. Ils souffrent de nombreuses contusions, fractures et blessures à la tête.

Le massacre d’Odessa a été organisé par la junte de Kiev afin d’intimider la population mécontente du nouveau régime et de liquider ceux qui le combattent activement. Le fait que les militants d’extrême-droite soient venus en nombre et très bien équipés en est la preuve ; et l’inaction de la police d’Odessa ou encore la simultanéité des évènements avec l’opération « anti-terroriste » à Slaviansk concordent également en ce sens.

La junte de Kiev est ouvertement en pleine fuite en avant dans la violence et le carnage contre ses opposants. Et les instruments de cette violence aveugle sont les militants néo-nazis, ceux-là mêmes qui travaillent en lien étroit avec la police secrète, qui sont bien armés et financés par l’oligarchie.

Le massacre d’Odessa montre que le régime des nationalistes et des oligarques de Kiev est à marche à vitesse grand V vers la dictature terroriste ouverte de type fasciste.

Le Conseil de Borotba, 3 mai 2014


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai 2017

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril 2017

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril 2017

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars 2017

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars 2017

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars 2017

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars 2017

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars 2017

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.