Rythmes scolaires : rien n’est réglé, tout reste à gagner

vendredi 16 mai 2014
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Tract de la CGT-Educ’action et Communiqué intersyndical

La réforme des rythmes scolaires est une mauvaise réforme. Nous le disions il y a déjà un an, nous le disons toujours aujourd’hui.

La CGT n’a cessé d’en pointer les dangers, à la fois pour les enfants et leur famille, les personnels de l’Éducation Nationale, ceux des services publics et les professionnels des associations en charge des activités péri-scolaires

Aujourd’hui, le constat est largement partagé :

  • Sur le fond tout d’abord : en faisant glisser des missions de l’école vers les collectivités locales, en accentuant les inégalités territoriales, en créant la confusion entre le rôle de l’école et le périscolaire.
  • Sur la forme ensuite : une réforme bâclée, faite contre l’avis des personnels, sans moyens réels, au détriment des enfants et des personnels. Là où elle s’est mise en place, elle n’a apporté aucun des bénéfices escomptés ni sur la fatigue des enfants, ni sur le combat contre l’échec scolaire. Au contraire, elle provoque une fatigue accrue des enfants et des personnels, et bien souvent elle est source de difficultés et de coût supplémentaire pour les parents. Dès la rentrée 2013/2014, la CGT a provoqué une intersyndicale qui a décidé de la grève nationale de novembre, en commun avec le personnel territorial (animateurs, ATSEM...) D’autres mouvements ont eu lieu au niveau local. Avec l’arrivée d’un nouveau ministre, il est plus que temps de fédérer ces mouvements et le mécontentement qui grandit dans les écoles. Benoit HAMON doit retirer le décret organisant la réforme. Les mesurettes annoncées le 25 avril sont loin de répondre à nos revendications. Pour l’y obliger, accélérons le rythme et exigeons un débat avec tous les acteurs concernés. Il est temps aussi d’aborder les vrais problèmes, c’est un véritable débat de société qu’il faut avoir pour s’engager vers une véritable transformation démocratique de l’école.

OUVRONS LE DEBAT AUTOUR DE 7 ENJEUX

1- Combattre la flexibilité, la précarité, la paupérisation du travail qui ont un effet direct sur la vie des parents comme celle des enfants.

2- Refonder l’école pour assurer l’épanouissement et la réussite de tous en refusant le socle commun dont le but est d’obtenir, en donnant une formation a minima aux enfants des milieux populaires, une main d’oeuvre peu qualifiée, de plus en plus précaire et malléable.

3 - Reconquérir le temps d’apprendre vraiment en allégeant les programmes annuels, sans quoi il ne peut y avoir de réelle modification des rythmes d’apprentissage des enfants.

4- Revaloriser l’école et les métiers de l’éducation :

  • Pour les enseignants, la CGT revendique une déconnexion de leur temps de travail de celui des élèves, avec un temps d’enseignement de 18 heures permettant une véritable politique de « plus de maîtres que de classes », et un retour à 26 heures d’enseignement pour les élèves en renforçant le travail par petits groupes, le travail d’équipe.
  • Pour les AVS et EVS, un statut reconnu dans la fonction publique et la reconnaissance de membre de plein droit de l’équipe éducative.
  • Pour les ATSEM et les personnels territoriaux, le respect de leur travail et sa revalorisation : leur temps de travail doit prendre en considération les spécificités des activités et les temps de concertation nécessaires avec les enseignants.
  • Pour les RASED : la reconstruction du réseau, outil indispensable de lutte contre l’échec scolaire.

5 - Mieux articuler, sans les confondre, les missions de tous les acteurs éducatifs : Il serait dangereux et grave de confondre les missions de l’école avec celles des acteurs éducatifs du champ post et périscolaire.
La CGT est favorable aux collaborations et aux coopérations tant sur le temps scolaire qu’en dehors de ce temps, mais refuse la confusion des rôles favorisé par le pilotage territorial qui met les écoles sous la contrainte des mairies.

6 - Redonner sa place à l’éducation populaire et agir contre la déprofessionnalisation de ses activités : La question du financement devient un enjeu vital pour les communes, la tentation est grande alors de faire porter les « économies » sur les personnels en les précarisant davantage, en intensifiant leur charge de travail, en refusant les formations, en ayant recours au bénévolat comme l’annoncent déjà certaines communes.
La CGT revendique la reconnaissance des métiers de l’animation. Il faut refuser la précarité qui les gangrène, avec les temps partiels imposés, le manque de formation, le recours abusif aux contrats aidés et aux emplois dérogatoires au code du travail.
Les associations ou services territoriaux, supports indispensables des activités péri-éducatives, doivent bénéficier de formations et de financement pour créer des emplois qualifiés et pérennes.

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Communiqué de presse intersyndical

Les organisations syndicales CGT Education, FNEC FP-FO, SUD Education, FAEN, CGT services publics, FSPS-FO, réunies le 29 avril, considèrent que la mobilisation massive des personnels de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales, à l’automne 2013, contre la réforme des rythmes scolaires a conduit le gouvernement à faire évoluer le texte initial.

Les mesures « d’assouplissement » de la réforme, annoncées par le ministre le 25 avril 2014 ne constituent pas une réponse à la demande des personnels.

L’intersyndicale estime que le projet de décret, qui sera présenté au comité technique ministériel du 5 mai, aggrave les inégalités territoriales en créant un système complexe, laissant chaque commune organiser le temps scolaire sans cadrage national. Pour les temps périscolaires, dont elles auront la charge, l’assouplissement des taux d’accueils se fera au détriment de la sécurité des enfants et des conditions de travail des agents.

De plus, la concurrence avec l’école privée, qui n’est pas tenue de mettre en oeuvre la réforme, sera accentuée.

Nos organisations ne voient aucune amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels (enseignants et personnels des collectivités territoriales) dans les mesures proposées.

Le nouveau ministre de l’Éducation doit renouer le dialogue avec l’ensemble des personnels concernés par cette réforme (Enseignants, Atsem, Animateurs, éducateurs sportifs et culturels…) et retirer le décret de 2013.

Il doit ouvrir de réelles négociations pour une autre réforme qui prenne en compte l’intérêt des enfants, dans des conditions d’apprentissage viables et partagées par tous les personnels.

Les organisations syndicales exigent une réforme qui refuserait les inégalités territoriales et assurerait l’égal accès de tous à l’école publique.


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Brèves

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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED