Education Prioritaire : 12% des collèges et de nombreuses écoles risquent de quitter l’éducation prioritaire !

mardi 18 novembre 2014
par  François-Xavier Durand
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Inscrite dans la loi dite de « Refondation de l’Ecole », la réduction des inégalités sociales et territoriales devait être l’une des priorités du gouvernement. Mais une nouvelle fois l’ambition affichée ne tiendra pas ses promesses et la déclinaison dans les académies est douloureuse.

La Recteur de l’Académie de Rouen a dévoilé, vendredi 14 novembre matin, lors d’un groupe de travail, la déclinaison académique de la nouvelle carte d’éducation prioritaire des collèges REP et REP+ pour la rentrée prochaine. Neufcollèges sortent de l’Éducation Prioritaire pour seulement trois nouveaux collèges qui y entrent ! C’est la perte sèche pour notre académie de cinq réseaux sur les 51 qu’elle comptait jusqu’à présent, soit une baisse de 12% !

La CGT Educ’action 76 est intervenue pour dénoncer fermement la sortie des huit collèges de l’Éducation Prioritaire. Dans la plupart de ces collèges, la situation ne s’est pas améliorée. D’ailleurs, en Haute-Normandie, comme ailleurs, le taux de chômage progresse et personne ne peut dire que la situation des familles et par conséquent des élèves soit plus aisée aujourd’hui qu’il y a 5 ans ! L’aggravation des difficultés économiques et sociales exige des moyens supplémentaires et la réforme de l’éducation prioritaire que l’on nous propose ne fait que gérer la pénurie organisée par la politique d’austérité du gouvernement.

De plus, les secteurs ruraux de notre département restent exclus de la nouvelle carte. En cause, les critères qui définissent les priorités, notamment celui du taux de boursiers ! Ainsi si la CGT Educ’action acte positivement l’entrée des 3 collèges, elle est intervenue pour demander la prise en compte de la grande difficulté économique et sociale dans certains secteurs ruraux fortement touchés par le chômage comme à Blangy sur Bresle, Aumale, Gruchet le Valasse...
La Recteur a rappelé la contrainte du ministère qui limite à 45 REP et REP+ pour notre académie et a précisé l’effort de la nation faite à l’Éducation Prioritaire de 352 millions d’euros. Elle évoque la possibilité d’un troisième groupe « Rural Isolé » !

La CGT Educ’action 76 a rappelé qu’elle n’avait pas à tenir compte de cette contrainte et a rappelé que s’il y avait effort, celui-ci ne représentait qu’à peine 0,2% des 200 milliards de cadeaux faits au patronat. A qui donc le gouvernement consent-il un réel effort ? Concernant le troisième groupe, la question se pose si c’est de l’éducation prioritaire ou non ?!

Les critères retenus :
La Recteur a expliqué que le ministère s’était basé sur 4 indicateurs :

  • Catégorie Socio-professionnelle défavorisée (CSP)
  • Nombre d’élèves résidant en « zone sensible »
  • Taux de boursiers
  • Nombre d’élèves avec 1 an ou plus de retard à l’entrée en sixième.

Mais à y regarder de plus près, le mode de calcul des indicateurs est beaucoup plus opaque que cela y parait. Ainsi pour deux établissements qui ont un Taux de CSP défavorisé identique, l’indicateur n’est pas forcément le même. De même l’indicateur des boursiers est délicat, car toutes les familles ne font pas forcément de dossier de bourses. C’est d’ailleurs généralement le cas en secteur rural, mais pas seulement. Celui du retard à l’entrée en sixième est sujet à caution, car cela dépend beaucoup des circonscriptions, des écoles, des choix pédagogiques... et surtout de l’obligation faite depuis quelques années aux collègues du primaire de ne pas faire redoubler les élèves, sauf éventuellement pour élève susceptible d’aller en SEGPA (et encore !)
Pour la CGT Educ’action, les critères ne sont pas transparents et ne permettent pas de tenir compte de la réalité du terrain.

La situation des écoles :
Concernant les écoles qui dépendent d’un collège qui sortirait de l’Éducation Prioritaire, les DASEN de Seine-Maritime et de l’Eure ont précisé que ces écoles n’avaient pas vocation à former un réseau à elles seules. En clair, si le collège sort de l’Éducation Prioritaire, les écoles aussi !!! Tout en précisant aussitôt que la prime ZEP est maintenue durant 3 ans et qu’une « attention particulière » serait faite lors des opérations carte scolaire ! Le DASEN de l’Eure osant annoncé « qu’il est possible d’inventer de nouveaux moyens sans pour autant être en Éducation Prioritaire », juste avant de se rétracter et préciser « de nouvelles méthodes » car en disant moyens il prenait le risque de laisser entendre moyens budgétaires ! Tout est dit ! Il n’y aura pratiquement rien !
Rappelons qu’en 6 ans, l’éducation prioritaire dans les écoles de Seine-Maritime a été fortement touchée par les mesures de carte scolaire. Certaines écoles ont subi deux, trois voire quatre fermetures de classes successives. Les RASED, principalement implantés en éducation prioritaire, ont été aussi fortement réduits. Ainsi, depuis 2009, bilan de rentrée après bilan de rentrée, l’écart entre le taux d’encadrement des écoles élémentaires ZEP et hors ZEP s’est fortement réduit passant d’un écart de 2,45 élèves en 2009 (22.74 élèves par classe hors ZEP et 20.29 en ZEP) à 0.75 en 2014 (22.70 hors ZEP et 21.95 en ZEP) !

Pour la CGT Educ’action, la sortie des écoles de ZEP est dramatique, car les écoles sont dans des quartiers très défavorisés. Certaines écoles qui relèvent de ZEP, il n’est toujours pas proposé d’y entrer. La CGT Educ’action avec l’ensemble des autres organisations syndicales a obtenu un groupe de travail sur les écoles en décembre.

Mais d’ici là, la CGT Educ’action appelle l’ensemble des collègues à informer les familles et à s’organiser pour préparer les nécessaires mobilisations pour le maintien, l’amélioration et l’extension des dispositifs y compris les lycées alors que les difficultés économiques et sociales touchent toujours plus de familles.

Tous ensemble nous serons plus forts pour imposer une révision de la carte de l’éducation prioritaire.


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.