Collège : Un cheval de Troie de la flexibilité

dimanche 24 mai 2015
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Nous publions ci-dessous un extrait d’un très bon article de La Vie moderne sur la réforme du collège

Les « enseignements pratiques interdisciplinaires », comme l’« accompagnement personnalisé » ont d’abord cette vertu d’être pris sur les cours du tronc commun, même s’ils s’intitulent très étonnamment « enseignements complémentaires » dans le décret : des « enseignements complémentaires » qui ne coûtent donc... rien.

Les EPI, comme l’accompagnement dit « personnalisé » (en classe entière !), parce qu’ils peuvent être menés par n’importe quel professeur, sont avant tout des paramètres d’ajustement dans la gestion des ressources humaines qui permettront de substantielles économies budgétaires, sur l’exemple du lycée. Ils permettront de réduire le coût des heures supplémentaires (plus d’une demi-milliard d’euros par an au collège) comme de compléter plus facilement les services des professeurs en sous-service.

Exemples de flexibilité, ou à quoi tiendront les EPI :

– La répartition horaire : l’EPI comportera plus ou moins de SVT selon que le professeur de SVT aura besoin de compléter son service. Le projet pédagogique n’aura qu’à s’adapter à cette étrange contrainte non pédagogique. Les thèmes risquent d’être surtout choisis en fonction de considérations de service.

– L’attribution : la constitution des équipes risque bien de ne pas être toujours pédagogique. Un professeur n’a pas assez d’heures pour effectuer son service ? Qu’à cela ne tienne : il sera affecté, selon son vœu ou non, à un ou deux EPI ou à quelques heures d’AP ! Pour une même classe la partie disciplinaire du cours de français pourra être assurée par un professeur de français (qui a trop d’heures) et la partie interdisciplinaire par un autre (qui n’en a pas assez). Au lycée, il était même recommandé que l’accompagnement personnalisé fût assuré par un professeur ne connaissant pas les élèves ! On rencontre déjà, dans le collège actuel, des disciplines partagées entre plusieurs professeurs pour raisons de service

– La constitution des équipes : pour les mêmes raisons que ci-dessus, elle risque bien de ne pas être toujours pédagogique.

– Pire : à terme l’EPI permettra sans doute de transférer des heures d’une discipline à une autre. Qu’importe que, dans une heure et demi d’EPI sur le thème « Transition écologique et développement durable », une heure soit effectuée par le professeur de français et une demi-heure par le professeur d’histoire-géographie… ou l’inverse : au total c’est toujours une heure et demie d’EPI dans l’emploi du temps des élèves !

Un premier pas, avec la globalisation des horaires scientifiques ou artistiques en 6e, vers une polyvalence disciplinaire qui ne dit pas son nom, dans l’esprit d’une « école fondamentale » du primaire jusqu’au collège appelée de leurs vœux par les plus progressistes de nos pédagogues naufrageurs et par les néo-libéraux. Rappelons que la classe de 6e est d’ores et déjà rattachée symboliquement à l’école primaire par ses programmes et son appartenance au « cycle 3 ».

Rappelons également que, dans la version initiale du projet de réforme, les EPI devaient tout simplement engloutir les options de langues anciennes et permettre ainsi de convertir opportunément des milliers de postes de langues anciennes en milliers de postes de français, les lettres modernes et les lettres classiques souffrant d’une grave crise de recrutement[9].

La suppression des décharges pour effectifs pléthoriques ou des heures de chaire obéit aux mêmes considérations économiques. On comprend mieux pourquoi l’Institut Montaigne, « Terra Nova » ou le Medef soutiennent activement cette réforme. Déjà, en 2013, la Cour des comptes, qui n’a pas de compétence pédagogique, critiquait « la monovalence disciplinaire des enseignants du second degré », son « coût important » et exigeait... « un net renforcement de l’interdisciplinarité et du travail en équipe ».

Disons-le : cette réforme, qui se veut pédagogique, est uniquement technocratique et budgétaire. Elle n’aidera pas les élèves en difficulté en leur proposant un enseignement déstructuré et des intervenants plus nombreux. Elle ne fera que contribuer à proposer une école publique au rabais.


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED