Nous, professeurs au lycée, nous, les « pseudoZintellectuels »... ne voulons pas de cette réforme du collège

jeudi 18 juin 2015
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Nous reproduisons ci-dessous un tract intersyndical réalisé au lycée Blum de Créteil

La réforme du collège présentée par la ministre doit s’appliquer à la rentrée 2016. Elle s’inscrit dans le cadre de la loi de refondation Peillon qui organise la territorialisation de l’éducation nationale, en lien avec la réforme des statuts, le socle commun et aux nouveaux programmes associés.

Nous, les « pseudoZintellectuels », ne voulons pas des EPI pris sur les heures disciplinaires.

Pour chaque niveau, 3 ou 4 h sont prises sur les heures disciplinaires pour les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires). Cette répartition se fera établissement par établissement, ce qui sera source de tensions et de divisions entre les équipes. Avec l’AP et les dédoublement, c’est 20% de la DHG des collèges qui sera gérée au local. Le contenu des enseignements complémentaires sera défini par le conseil pédagogique, les heures réparties globalement sur l’ensemble du cycle. Ce seront finalement près de 2/3 d’une année scolaire perdus pour les élèves sur l’ensemble du collège.

Nous, le « ballet des Cassandre », voulons des programmes disciplinaires nationaux définis annuellement

L’objectif de l’enseignement obligatoire devient l’acquisition du socle commun. Les projets de programmes en sont la déclinaison, définis par cycle avec des compétences omniprésentes. Ils ne sont plus énoncés en terme de savoirs mais de compétences ; seul le terme de « compétence » est retenu pour « l’évaluation régulière » et la « validation » en fin de cycle. Ainsi, les programmes seront nécessairement déclinés localement, avec des inégalités croissantes entre les collèges quant aux contenus enseignés. On s’achemine ainsi vers l’école du socle et vers une explosion des inégalités. Une telle organisation demanderait par ailleurs un travail supplémentaire considérable, des réunions en tout genre (conseil de cycle, de disciplines, conseil école-collège avec chaque école du secteur) justement permis par le décret sur les statuts d’août 2014.

Nous refusons donc cette autonomie des établissements, qui aggravera les inégalités déjà existantes. Nous ne voulons pas d’un collège à 7200 vitesses (soit le nombre de collèges en France).

Nous, les « immobiles », voulons un vrai enseignement du latin et du grec

Le latin et le grec prendraient la forme d’EPI ou d’une option, présentée ou non selon le choix de l’établissement. Cette dernière se ferait sans “financement“ supplémentaire de DHG : il faudrait prendre des heures dans le pot commun, et ce donc au détriment d’autres disciplines, ce qui sera encore source de divisions entre les collègues.

Nous, les « conservateurs », voulons conserver ce qui fonctionne en langues vivantes : les classes bilangues et sections euros

Les classes bilangues ont notamment permis de conforter la présence de l’enseignement de l’allemand dans de nombreux collèges. Loin d’être élitistes, elles ont favorisé la mixité sociale. Leur suppression menace gravement l’enseignement même de l’allemand. Nous voulons conserver une vraie diversité linguistique et un horaire d’enseignement permettant de réellement faire progresser les élèves. Les 2,5h/sem de LV2 dès les 5èmes, présentées comme une amélioration, combinée à la suppression des classes euros, ne remonteront en rien le niveau en langues étrangères des élèves.

Nous, les « réactionnaires » sommes contre la territorialisation de l’éducation nationale

Après la réforme des rythmes, l’éducation nationale se structurerait encore un peu plus en réseaux : le cycle 2 CM1-CM2-6ème va imposer aux écoles et collèges du secteur une étroite collaboration, une application locale des programmes et des contenus réduits et adaptés au contexte local. Tout cela va entrainer un profilage des établissement et une mise en concurrence des établissements sur le territoire. Cette modulation des programmes selon les collèges aura des conséquences sur le lycée, et menace à terme le caractère national du baccalauréat.

Nous, les « détracteurs » sommes pour la défense de la liberté pédagogique

Le conseil pédagogique prendrait une place plus importante avec cette réforme au collège. Les enseignants seraient plus directement soumis au chef d’établissement, et seront les exécutants des projets décidés localement. Les enseignants devront se soumettre aux hiérarchies intermédiaires (conseil de cycle, école-collège, conseil d’école, pédagogique, d’établissement...) et au « projet d’établissement » ce qui réduira à néant la liberté pédagogique de chacun d’entre-eux. Dès la rentrée 2015, inspecteurs et chefs d’établissement prépareront ces « formations » qu’implique la nouvelle organisation du collège.

Cette réforme aura nécessairement des effets sur le lycée. Il ne s’agit pas d’obtenir une bonne application de la loi de refondation, une bonne définition locale des contenus des enseignements, alors que c’est dans ce cadre que se place la consultation sur les programmes. Ces projets ne sont ni amendables, ni négociables.


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED