« inclusion » d’une classe ULIS en LP : témoignage

samedi 2 janvier 2016
par  Luc De Chivré
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Dites moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer... !

A la rentrée de septembre, il s’est avéré que dans la classe d’ULIS du LP Fernand Léger à Grand-Couronne, un seul élève était inscrit… Grande surprise car chaque année, sept à huit élèves étaient présents dans cette classe. Une professeure des écoles spécialisée et un AVS encadraient tous les deux ces élèves dans différents apprentissages. Ces mêmes élèves effectuaient plusieurs stages d’intégration dans différentes formations du lycée tout au long de l’année, souvent accompagnés d’un AVS.

Mais où sont donc passés ces élèves ?
L’explication s’est rapidement faite...

Plusieurs enseignants, du domaine général et professionnel, se sont interrogés sur certains élèves (un voire même deux) dans différentes formations. Ce qui a interpellé ces enseignants, ce sont des problèmes de comportement, d’apprentissage, de coordination des gestes de ces élèves. Il s’avère que ce sont eux qui, auparavant, étaient inscrits en ULIS…

L’institution a donc inclus directement ces jeunes dans différentes formations sans prendre en compte ni les handicaps de ces jeunes ni la difficulté des enseignants.

Pour l’enseignement général, les enseignants se retrouvent ainsi non seulement avec les élèves qu’ils avaient auparavant (et les difficultés qui existaient déjà) et un ou deux élèves relevant de l’ULIS.
Ces derniers nécessitent beaucoup de temps car c’est un accompagnement personnalisé et à temps complet dont ils ont besoin pour progresser. Les enseignants ne pouvant apporter toute cette aide à ces seuls élèves, délaissant parfois les autres, la solution a été apportée par l’institution : adapter leurs exigences et leurs critères d’évaluation pour ces élèves ! Mais comment rendre crédible une évaluation quand les exigences de réussite sont différentes pour deux élèves dans une même classe ? Voilà une difficulté de plus que devront gérer les enseignants. Ceci décrédibilise davantage la valeur du diplôme déjà peu valorisante aujourd’hui aux yeux de beaucoup d’entreprises.

Pour l’enseignement professionnel à présent, les difficultés sont d’un autre ordre. Ces élèves sont face à de l’outillage, du matériel et des situations de travail dangereuses !
L’utilisation d’une scie circulaire, d’une tronçonneuse, d’un travail en hauteur (exemple du montage d’un échafaudage à plusieurs mètres de hauteur nécessitant le port d’une protection individuelle et de s’assurer constamment pour éviter l’accident en cas de chute) posent de réels problèmes de sécurité et d’apprentissage. Ainsi, par exemple, un élève a eu de grandes difficultés pour déplacer une simple brouette d’un point A vers un point B sans chuter, ou encore un autre élève a porté plusieurs coups sur un de ses camarades lors d’un différend dans un atelier, l’amenant devant le conseil de discipline..
Comment gérer les problèmes de comportement avec de l’outillage dangereux ? C’est bien une dégradation des conditions de travail des enseignants les exposant à un stress supplémentaire dans la gestion de ces situations quotidiennes. Placer ces élèves dans ces situations sans leur apporter l’aide et le soutien dont ils ont besoin pour progresser (via un AVS ou un professeur des écoles spécialisé au quotidien), c’est les placer en situation d’échec !

Alors même que plusieurs formations professionnelles sont contraintes au respect du code du travail dans leur apprentissage nécessitant très souvent des demandes de dérogation pour plusieurs travaux dangereux auprès de l’inspection du travail, comment celle-ci ainsi que l’institution envisagent l’accord d’une dérogation pour des travaux dangereux alors même que des problèmes de coordination de mouvement sont constatés ? C’est une question que l’on peut se poser… En cas d’accident, la responsabilité de l’enseignant serait forcément engagée…

Enfin, quel avenir est envisagé pour les professeurs des écoles spécialisé dans ces conditions ? Cette pratique ne faisant que dévaloriser leur travail pourtant indispensable !

Une nouvelle fois, l’institution cherche à faire des économies budgétaires au détriment des enseignants, des élèves et de la réussite de tous ! A nouveau, celle-ci travaille avec des chiffres et omet totalement que les enseignants travaillent eux avec de l’humain…

Intégrer ces élèves, oui ! Mais avec les moyens humains nécessaires et indispensables à l’épanouissement de ces jeunes et ne dégradant pas les conditions de travail des enseignants ! Et en adaptant également la formation au profil de l’élève….

Des formations sur sites s’envisagent déjà pour expliquer aux enseignants comment faire…
Dites moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer... !

La CGT Educ’action revendique donc le retour à la classe ULIS où les jeunes étaient pris en charge pendant un an par un(e) professeur(e) spécialisé(e) et un(e) AVS. Cette année permet de préparer l’INTEGRATION des élèves dans le cursus scolaire par la suite.

Anthony HALBOUT


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED