7 ans de réforme du lycée : 7 ans de suppressions de postes, de dérégulation et de mise en concurrence

mercredi 13 janvier 2016
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Le ministère a entamé des réunions pour faire le bilan de la réforme du lycée, mise en oeuvre à partir de 2009. Les discussions sont sans intérêt car le ministère n’entend pas remettre en cause cette réforme et ses conséquences désastreuses mais propose d’associer les syndicats à des ajustements techniques.

Depuis des années, les personnels ont au quotidien et sur le terrain fait le véritable bilan de la réforme Chatel : des économies budgétaires, une dérégulation généralisée et une mise en concurrence des personnels.

Moins d’heures de cours pour supprimer des postes

En lycée général, les suppressions de postes ont été massives ces dernières années car la réforme Chatel s’est traduite par une baisse de l’offre d’enseignement : moins d’histoire en série S, les mathématiques optionnelles en série littéraire, la baisse des horaires de langue...
En lycée technologique, la situation a été bien pire ! Depuis 2012, le gouvernement a refusé de revenir en arrière sur la réforme des STI, nous pourrions plutôt parler de massacre de la voie technologique industrielle. Le nombre de spécialités est passé de vingt à deux baccalauréats. Les conséquences pour les enseignants ont été dramatiques : mesures de carte scolaire, polyvalence imposée, reconversion forcée... La souffrance au travail a explosé !

A chaque lycée son fonctionnement, à tous la dérégulation

Depuis la réforme, les dédoublements ne sont plus définis par les textes et chaque lycée organise comme il le souhaite l’accompagnement personnalisé (en demi-classe ou en classe entière, disciplinaire, interdisciplinaire ou n’importe quoi !) De plus, une partie du baccalauréat en langue est évalué par des « évaluations en cours d’année », c’est-à-dire des épreuves maison sans réel cadrage national ou même académique.
Cela se traduit par de très fortes inégalités constatées non seulement par les personnels mais aussi par l’Inspection générale. Dans un récent rapport, elle fut bien obligée de reconnaître « le creusement des écarts entre les lycées ».
Pour les enseignants, c’est aussi l’introduction d’une forte flexibilité : l’organisation de l’accompagnement personnalisé peut changer d ’une année sur l’autre au bon vouloir de l’équipe de direction. De plus, l’AP est dans un certain nombre de lycées un moyen pour annualiser les services : un emploi du temps variable selon les trimestres voire des tentatives pour pondérer les heures d’AP dans les VS.

Des personnels divisés et mis en concurrence

L’« autonomie » des établissements est surtout le prétexte à une gestion locale de la pénurie. Les heures globalisées à répartir par chaque CA (10 en seconde, 6 à 10 selon les séries en 1e et terminale) sont – comme les IMP – l’objet de nombreuses rivalités entre collègues et entre disciplines. Ils sont à la source de marchandage entre les chefs d’établissement et les personnels.
Les horaires de langue ont été globalisés et chaque établissement choisit de répartir la pénurie des 4,5 heures hebdomadaires.
Comme chacun manque d’heures pour assurer un enseignement de qualité (et donner du sens à ce qu’il fait) et a besoin d’heures dédoublées pour travailler dans de bonnes conditions, la répartition locale des heures ne peut être que source de tensions.

Collège : la réforme du lycée en pire

La réforme de la ministre Vallaud-Belkacem est une adaptation de tous les effets néfastes (et des échecs flagrants) de la réforme que subissent les lycées depuis 2009. Elle vise à réduire les heures de cours, à introduire l’accompagnement personnalisé, et à mettre en oeuvre une pseudo-interdisciplinarité chronophage et vide de sens. Le tout bien entendu avec la sacro-sainte « autonomie » des établissements, sa globalisation des horaires (sur trois ans comme en lycée professionnel) et la répartition locale des heures dédoublées.
Soyons conscient d’une chose : si la réforme du collège passe, les personnels des lycées subiront rapidement la déréglementation et la dégradation des conditions de travail dont seront victimes en premier lieu les personnels des collèges.
Il est facile de s’en convaincre lorsque l’on prend connaissance des « pistes » du ministère dans le cadre du bilan : il propose par exemple d’étendre le socle commun – cet enseignement low cost – à la classe de seconde.


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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

Pour rassurer tout le monde, la télévision publique nous montre à quoi ressemblera le collège 2016, dans deux reportages successifs. En effet, le collège réformé s’inspire de dispositifs innovants qui existent déjà dans quelques établissements expérimentaux.

Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

Chatel : « Certaines mesures vont dans le bon sens »

lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
On constate facilement où Vallaud-Belkacem trouve son inspiration !

« Que les conservateurs tombent les masques ! »

lundi 20 avril 2015

Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

samedi 31 août 2013

Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
Télécharger le 4 pages

Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED