Conseil école-collège : Abrogation !

lundi 1er février 2016
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En votant CONTRE le « conseil école-collège » lors du Conseil Supérieur de l’Éducation du 10 juillet 2013, la grande majorité des organisations syndicales (CGT, SNES, FO, SNEP, SUD) s’est opposée à cette nouvelle structure.

Faisant fi du vote des représentants des personnels, le décret n° 2013-683 du 24 juillet 2013 impose ce nouveau conseil, dont le champ de compétence s’étend à Tous les élèves de l’école et du collège, alors même que la justification du décret portait sur les difficultés scolaires liées à la « rupture entre CM2 et 6ème » ! Dans les « fiches ressources » éditées sur Eduscol, la participation des collègues de maternelle est d’ailleurs conseillée...

Les collègues de CM2 et de 6ème n’ont pas attendu ce décret pour se rencontrer : depuis plusieurs décennies, des liaisons et échanges existent entre écoles et collège du secteur (rallye lecture, calcul@TICE, visites et journées au collège,...). Si des collègues pouvaient trouver une certaine souplesse à cette instance et un caractère convivial où l’on échange et organise, entre autres, des projets communs, le décret rigidifie ces liaisons existantes en institutionnalisant ces liens et en donnant la présidence du conseil conjointement à l’IEN et au chef d’établissement du collège.

Dans quel but ?

Le conseil école-collège repose sur un « programme d’actions » arrêté par chaque conseil école(s)-collège, programme qui doit ensuite être soumis à l’accord du Conseil d’École de chaque école concernée et du Conseil d’Administration du collège. Alors que ce nouveau conseil a été mis en place progressivement en 2013/2014, avons-nous eu réellement ces allers-retours pour validation ?

Cette organisation a deux visées. Dans un premier temps, il s’agit de mettre au pas les enseignant-e-s du premier comme du second degré en les poussant à appliquer des projets induisant une certaine typologie et logique. Par là même, cela entraîne une modification de nos pratiques pédagogiques et une restriction certaine de nos libertés.

Rappelons que la grande majorité des projets mis en application sont proposés et impulsés par le chef établissement (ou IEN) et non par les collègues eux-mêmes.

Ces « programmes d’actions », sans référence aux programmes nationaux, entrent à long terme dans la logique de territo-rialisation et d’autonomie à la sauce libérale. Comme l’indique lui-même le ministère dans l’une de ses « fiches ressources », le conseil école-collège est « un nouvel outil d’action locale qui renforce l’autonomie ».

Cette même logique prévaut pour la réforme des « nouveaux rythmes scolaires » et vise à casser davantage le cadre national du Service Public d’Éducation.

« En cohérence avec le projet éducatif territorial, le conseil école-collège participe à l’ac-quisition par les élèves du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». Voilà qui est limpide !

La mise en place de « co-interventions et des échanges de services inter-degrés » peut être une bonne chose. Pourtant cela doit bien reposer avant tout sur la base du volontariat des collègues. Il faut surtout reconnaître les difficultés de mise en place sur le terrain. Si l’expérimentation peut être souhaitable dans des cas circonscrits et avec des moyens supplémentaires, la généra-lisation pourrait entraîner des dérogations au statut des enseignant-e-s.

En cela, le décret rejoint précisément les propositions du député UMP-LR du Bas-Rhin, F. Reiss, qui en septembre 2010, préconisait, dans son rapport, la disparition des écoles par la création d’EPEP, l’assou-plissement de la gestion des personnels en généralisant « les échanges d’enseignants entre le 1er et le second degré », « la création d’éta-blissements publics du socle commun de 6 à 16 ans qui rassembleraient des écoles et un collège en une seule entité ». Le risque serait, par exemple, de faire remplacer les certifiés par des PE. Quelle aubaine ! Au prorata temporis, c’est une belle occasion de faire des économies budgétaires !

Le conseil école-collège, comment cela fonctionne ?

Ce conseil doit se réunir au moins 2 fois par an. Le nombre de participants est fixé conjointement par l’IEN et le-la principal-e du collège. La représentation entre le collège et les écoles du secteur doit être égale. L’IEN désigne les membres du conseil des maîtres-ses de chacune des écoles du secteur, après proposition des conseils des maîtres de chacune de ces écoles.

Il faut donc rappeler que la participation est basée sur le seul volontariat. Aucun collègue, adjoint-e ou directeur-trice, ne peut être contraint de participer à ce conseil. Quelle est la base démocratique régissant la désignation ? Aucune ! Au moins, le conseil des maîtres-ses intègre tous les collègues concernés. Or, selon les départements, des choses diverses et variées se mettent en place. Ainsi, le DASEN de Paris oblige tous les collègues de CM2 à participer au conseil, celui des Hauts-de-Seine et celle de la Mayenne font entrer dans les 108 heures la participation à ce même conseil.

Sur quel temps se déroulent ces réunions ? Le décret n’indique pas que le conseil école-collège intègre nos obligations de service ; les réunions du conseil ne sont donc pas à prendre sur les 108 h.

Par ailleurs, le décret ne donne aucun élément sur la prise en charge du déplacement et des frais engagés. Il convient donc d’exiger un ordre de mission pour se faire rembourser lesdits frais. L’administration compte sur la lourdeur des démarches pour faire des économies de bouts de chandelle.

Conseil école-collège + cycle CM1-CM2-6ème = fusion école-collège ?

Dans le Nord, au collège Roussel à Tourcoing (où il y a moins de collégiens dans le public que dans le privé), les deux classes de CM2 de « l’école Michelet devenue trop petite » y sont désormais installées, à la grande joie du principal qui y voit « l’occasion de travailler en cycle 3 dans la réforme du collège ». Le DASEN, lui, voit encore plus loin : « Ah, si on pouvait pérenniser cet accueil... ce serait l’idéal ! ».

Au pseudo prétexte de difficultés scolaires liées à la « rupture école-collège », ou ici d’école « trop petite », on intègre donc des enfants de 9 ans dans des structures comprenant des élèves de 14-15 ans. Cherchez l’erreur...

La CGT Éduc’action revendique l’abrogation du décret. D’une part, ce conseil école-collège, en lien avec le nouveau cycle 3, est bien un outil au service du démantèlement de l’École publique, par sa territorialisation et sa privatisation rampantes, et correspond d’autre part à l’institutionnalisation d’un conseil chronophage au service de la bonne parole institutionnelle.

Plutôt que nous faire courir vers des projets avec contrats d’objectifs à la clé, que de vrais moyens soient affectés aux écoles, que des postes de remplaçants soient créés en nombre suffisant, que les RASED soient abondés, que la formation continue ne soit pas virtuelle et qu’elle corresponde à nos besoins. Voilà quelques besoins urgents pour un véritable projet d’école au service de tous les élèves !


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Brèves

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lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

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Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

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lundi 20 avril 2015

C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
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Voici le titre de l’interview de Vallaud-Belkacem au très réactionnaire journal Le Point.
Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sommaire : Conférence de l’UFR... les retraités à l’offensive ! - Quelle UFR, quelle structure ? - Place des retraités dans la CGT - Continuité syndicale et renforcement - Impressions croisées
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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED