CTSD du 10 mars 2016 : Déclaration de la CGT Educ’action 76

jeudi 10 mars 2016
par  François-Xavier Durand
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Madame la Directrice Académique,

Nous ne pouvons commencer notre déclaration sans évoquer tout d’abord la visite mémorable de la Ministre de l’Éducation Nationale au Havre. Ce fut un grand moment de communication. En effet, pendant les vacances les collègues de l’école Molière sont informés de la venue de la Ministre, avant de se rétracter. Il est vrai que les séquelles d’une fusion forcée restent toujours présentes dans cette école d’un nouveau genre. Finalement le choix est fait de faire venir la Ministre à l’école Valmy, non loin de Molière, également située en REP+. Des articles de presse présentent sa venue avec Mr Bentolila pour observer la machine à lire dans une classe de CE2. L’accueil se fait le 22 février, jour de la rentrée des classes !... des photos et des reportages sont effectués dans cette classe où s’entassent beaucoup d’adultes et … des élèves (oui, ça fait quand même mieux sur la photo !). C’est joli, on peut voir Mme la Ministre souriante, assise à une table avec des élèves, travaillant à leurs côtés. C’en est touchant. On peut décemment se dire : c’est formidable la machine à lire, tous ces élèves de REP+ qui travaillent sur les tablettes, tous ces moyens mis par l’Éducation nationale en éducation prioritaire...
C’est peut-être joli, mais la réalité est toute autre. Les élèves de Valmy n’avaient jamais vu de tablettes dans leur classe avant sa venue. Tout ce beau monde est venu avec les tablettes sous le bras, des connections ont été installées dans l’urgence afin que l’image puisse se faire. Et une fois les clichés pris, les tablettes sont reparties comme elles étaient venues.

Mais alors, à qui sont ces tablettes ? C’est là que cela devient encore plus excitant : elles sont à la mairie du Havre ! Effectivement, la mairie commence à mettre en place la machine à lire au périscolaire dans les écoles. Merci la réforme des rythmes scolaires ! Maintenant après l’école, les élèves sont encore à l’école pendant le périscolaire, aidés par des animateurs et de magnifiques tablettes.
Cette opération de communication témoigne bien de la volonté de la Ministre et du gouvernement de développer non pas le service public de l’Éducation Nationale mais bien le périscolaire et favoriser ainsi la municipalisation de l’école, qui est facilitée par la Réforme des Rythmes scolaires imposée par les Ministres successifs et rejetée par la majorité des enseignants, des parents et des élus !
Dans cette même ville, les fusions d’écoles continuent. Après l’école Molière, ce sont les écoles Massenet et Maridor qui risquent de fusionner de façon tout aussi aberrantes contre la volonté des parents et des enseignants. D’autres fusions vont une nouvelle fois former des écoles de grande taille en REP+ ! Pour la CGT Educ’action les écoles doivent rester à taille humaine, les écoles élémentaires et maternelles doivent rester distinctes pour respecter la spécificité de chacune d’entre elles.

D’ailleurs, vous ne vous arrêtez pas là, vous envisagez la fermeture de 13 écoles pour la rentrée prochaine. Pour la CGT Educ’action 76, la carte routière ne peut guider la carte scolaire. La Loi NOTRe va accélérer les fusions et les fermetures d’écoles. Les parents et les enseignants vont subir les conséquences de la politique du gouvernement qui a déjà été opérée dans d’autres services publics (santé, trésorerie, poste...). Et pour y parvenir tous les moyens semblent bons. Ainsi vous évoquez une carte scolaire qui ne respecterait plus obligatoirement les lieux de résidence mais les les lieux de travail des familles ! Les solutions suggérées aux élus, parfois dans la précipitation ou sous la menace de suppressions de poste, fragilisent les équipes pédagogiques, risquent de dégrader un peu plus les conditions de travail des enseignants et les conditions d’enseignement des élèves. Mais cela a aussi un impact pour les familles qui risquent de subir des dépenses contraintes supplémentaires (cantine, garderie...).
Avec le soutien des autorités préfectorales, vous ne cessez depuis deux ans de rencontrer les élus en milieu rural notamment pour leur expliquer le bien-fondé de fermer des écoles dans un souci de rationalisation des moyens. Les menaces de retrait d’emploi pour y parvenir ne sont pas acceptables.
Par contre la scolarisation des moins de trois ans ne semble pas bénéficier de la même attention des élus puisqu’un seul dispositif est prévu pour la rentrée prochaine. Cette scolarisation n’est pas pris en compte dans les effectifs pour les écoles hors éducation prioritaire même quand elles en relèvent.
La transformation des postes CPC-EPS en généraliste n’est pas acceptable tout comme la suppression du poste de CPC « Arts Plastiques » à Dieppe Ouest qui intervient bien au delà de cette circonscription. Les collègues sont surpris et en colère vis-à-vis de cette mesure.

Une fois de plus, alors que la dotation pour notre département est positive (+28 postes) nous constatons plus de fermetures que d’ouvertures de classes. La CGT Educ’action 76 rappelle que si des dispositifs plus de Maitres que de Classes sont nécessaires, cela ne doit pas se faire au détriment des ouvertures de classes ou ne doit pas compenser des fermetures de classes. Les moyennes par classe continuent d’augmenter. Des écoles vont rester encore chargées même en REP+.

Concernant les RASED, aucune création de postes n’est proposée alors que les besoins sont criants. Nous ne pouvons accepter un redéploiement. Pour la CGT Educ’action, le transfert du poste E de l’école élémentaire Sonia Delaunay (école classée au 64ème rang académique et qui relève de la REP+) n’est pas acceptable. Il est par contre urgent de créer des postes G dans les circonscriptions qui n’en n’ont pas actuellement. La CGT Educ’action revendique toujours la mise en place de RASED complet par secteur de collège et renforcé en éducation prioritaire.

Si nous actons positivement la création d’ULIS école, cela reste encore insuffisant au regard des besoins et des listes d’attente. De plus, l’inclusion des élèves dans les classes ordinaires doit être réellement prise en compte dans les écoles concernées. Une véritable politique d’inclusion des élèves en situation de handicap doit se faire avec des moyens mais aussi dans des structures adaptées avec du personnel formé. Les conditions de travail des enseignants s’en trouvent fortement dégradées depuis 10 ans et il est urgent de stopper la politique des contrats aidés pour accompagner les élèves en situation de handicap. Le gouvernement doit enfin créer un véritable statut dans la fonction publique pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Tous les emplois en CUI doivent être transformés en AESH et permettre la titularisation de tous les personnels en poste qui le souhaitent. Ils doivent bénéficier d’un temps plein leur permettant de vivre décemment et ainsi prendre en compte les temps de réelle formation, de concertation, de réunion d’ESS...

Nous l’avons déjà dit, les moyens attribués ne sont pas à la hauteur des besoins pour combattre notamment l’échec scolaire que ce soit en Éducation prioritaire ou hors REP. Mais il ne peut en être autrement lorsque la politique menée est une politique d’austérité et que le gouvernement a choisi de satisfaire des demandes du MEDEF par le biais, entre autres, du pacte de responsabilité, du CICE des exonérations des cotisations sociales, au lieu d’opérer un véritable plan de recrutement de 80000 personnels dans l’Éducation nationale, et de faire des choix similaires dans les autres services publics. Il ne peut y avoir ni opposition ni concurrence entre les services publics.

Cette politique n’est pourtant pas sans conséquences directes en terme d’échec scolaire, mais aussi de violence dans les établissements et les écoles, ainsi qu’un « management » de plus en plus dur à l’égard des personnels, à la précarité galopante. D’ailleurs c’est la même politique que celle menée pour les salariés du privé avec la casse du code du travail à travers la Loi El Khomri. C’est la raison pour laquelle la CGT Educ’action avec l’ensemble des syndicats CGT a appelé les collègues à participer aux actions hier contre le projet de loi El Khomri et appellera à la grève pour combattre ce projet de loi mais aussi pour exiger de nouveaux droits pour tous les salariés et une revalorisation des salaires qui sont gelés depuis 2010 pour les fonctionnaires. La CGT Educ’action garde plus que jamais à l’esprit que les revendications des fonctionnaires et celles des salariés du privé sont similaires, et qu’il est important que les luttes convergent pour se renforcer.

Enfin si nous demandons un Groupe de travail en juin, nous n’accepterons pas que le CDEN de septembre soit annulé. Les fédérations de parents d’élèves et les élus ont le droit d’être informés de vos décisions. La suppression de ce CDEN serait vécu comme un déni de démocratie et de mépris vis-à-vis des partenaires importants de l’école.


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Lire la suite sur le site La Vie Moderne

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Au sujet des dépenses scolaires…

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Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED