L’avenir des lycées professionnels

dimanche 26 juin 2016
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Appel publié le 10 juin dans L’Humanité.
Il est signé par les principales organisations syndicales implantées dans les lycées professionnelles, à l’exception du SNETAA-FO

L’enseignement professionnel public subit des attaques sans précédent de la part des organisations patronales, du gouvernement, des régions, comme de certains parlementaires. Accusée à tort d’être éloignée de l’entreprise et des compétences nécessaires à l’emploi, la voie professionnelle sous statut scolaire ne colle pas à l’image que ses détracteurs cherchent à imposer. Alors que les mesures financières et les propositions de loi prônent le développement de l’apprentissage pour prétendre lutter contre le chômage des jeunes, il est indispensable de rappeler que l’enseignement professionnel public doit conserver sa première place dans la formation professionnelle et doit rester au sein des ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture, garants du service public d’éducation pour tou-te-s.

L’enseignement professionnel public scolarise 700 000 jeunes, soit un tiers des lycéen-ne-s. Majoritairement issu-e-s des classes populaires, ces futures employé-e-s, ouvrier-ère-s, artisan-e-s, responsables d’entreprises, participeront au développement économique du pays et sont toutes et tous formé-e-s en alternance. Il existe, par exemple, vingt-deux semaines de stage, appelées période de formation en milieu professionnel (PFMP), pour le baccalauréat professionnel. Sans la création de ce diplôme, qui a fêté ses 30 ans cette année, l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau bac n’aurait pas été atteint. Quant au CAP, aujourd’hui centenaire et toujours reconnu par les conventions collectives comme premier niveau de qualification, il est préparé pour près de la moitié par des jeunes sous statut scolaire (parmi lesquels 98 % des élèves les plus fragiles, issu-e-s de Segpa, y accèdent). Nombreux-ses sont les élèves de la voie professionnelle à avoir des parcours réussis dans leurs entreprises ou des poursuites d’études remarquables dans l’enseignement supérieur.

Le Medef ne se contente pas d’attaquer la voie professionnelle en valorisant uniquement l’apprentissage  : il prétend mettre la main sur la conception des diplômes aujourd’hui sous le contrôle des ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture, tout en refusant de détacher les salarié-e-s pour les travaux des commissions professionnelles consultatives (CPC). Les CPC ont pour mission de faire évoluer les formations et les diplômes en fonction des évolutions des métiers et les entreprises y sont évidemment représentées par l’intermédiaire de leurs organisations patronales et de salarié-e-s. Par ailleurs, les entreprises participent à la délivrance des diplômes professionnels par l’intermédiaire des tuteurs et tutrices qui accueillent les élèves de lycées professionnels en stage et contribuent aux évaluations professionnelles qui certifient les diplômes. Les lycéen-ne-s bénéficient d’un nombre conséquent d’heures d’enseignements général et professionnel dans nos établissements publics, même si la réforme du bac pro en trois ans a malheureusement réduit ces temps. Cette rénovation de la voie professionnelle l’a fragilisée et les mesures annoncées le 29 janvier dernier par la ministre de l’Éducation nationale ne compenseront pas la suppression d’un an de formation.

Non, l’enseignement professionnel public sous statut scolaire n’est pas éloigné des entreprises. Celles et ceux qui claironnent le contraire poursuivent plusieurs objectifs  : récupérer l’enseignement professionnel sous statut scolaire pour le mettre sous la seule responsabilité des entreprises, diminuer les heures d’enseignement général indispensables à la formation et à l’émancipation de tou-te-s les élèves, casser les diplômes de la voie professionnelle et couper le lien formation–qualification-rémunération. Les jeunes les moins qualifiés sont les plus touchés par le chômage, le projet des détracteurs de la voie professionnelle sous statut scolaire n’est donc clairement pas de lutter contre le chômage des jeunes.

Prétendant justement lutter contre le chômage des jeunes, le gouvernement et les régions participent à cette remise en cause de la voie professionnelle publique sous statut scolaire en promouvant et en finançant très largement le système de l’apprentissage. L’investissement public pour un-e apprenti-e est de 18 700 euros (coût en 2012, source : Cnefop, « Rapport apprentissage, janvier 2015 »), quand il est de 12 210 euros pour un-e lycéen-ne professionnel-le (coût en 2013, source : « Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, « Repères et références statistiques 2015 »). Et, contrairement aux idées reçues, l’apprentissage est moins efficace en termes d’obtention du diplôme, de lutte contre le décrochage, de poursuite d’études et d’insertion professionnelle à long terme. Il est la première dépense pour l’emploi des jeunes alors qu’il se développe essentiellement dans le supérieur, qu’il est très inégalitaire et discriminatoire (70 % des apprentis sont des garçons). Sélectif de surcroît, il n’a donc pas fonction de « bien public » en matière de formation professionnelle. Et si l’iniquité est régulièrement questionnée à l’université, celle opérée à l’entrée de l’apprentissage n’est, quant à elle, jamais débattue. L’enseignement professionnel public est la voie de réussite et d’intégration sociale des plus fragiles  : il doit donc être doté de moyens à la hauteur des enjeux qu’il représente (650 000 jeunes de 15 à 25 ans sans solution d’emploi ni de formation). Les gouvernements successifs ont dépensé des millions d’euros et pourtant les objectifs du nombre d’apprenti-e-s de niveau IV et V n’ont jamais été atteints, loin de là  ! (7 milliards d’euros dépensés en 2008 pour 427 000 apprenti-e-s et 8,2 milliards en 2012 pour 438 000 – source : Cnefop.) Alors que de nombreuses études confirment que les diplômé-e-s sont toujours mieux protégé-e-s du chômage que les non-diplômé-e-s, le gouvernement et le patronat fragilisent la formation professionnelle en remettant en cause les diplômes nationaux. La délivrance de blocs ou d’attestations de compétences dans des dispositifs et/ou cadres législatifs comme dans le projet de loi travail participeront de cette précarisation des jeunes. Le projet de loi travail propose aussi aux établissements d’enseignement secondaire privés hors contrat de bénéficier de la taxe d’apprentissage (TA). Il s’agit ici de diminuer d’autant le financement des lycées professionnels publics, dans un contexte où la perte de 30 % de la TA subie depuis 2014 asphyxie et empêche de fonctionner de nombreux lycées professionnels sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement doit enfin considérer le service public de l’éducation, notamment l’enseignement professionnel public sous statut scolaire, comme un investissement pour l’avenir. Des mesures ambitieuses doivent être prises pour une voie de formation qui scolarise les élèves quels que soient leur condition sociale, leur sexe, leur lieu de résidence ou leur origine. L’enseignement professionnel public doit être développé pour accueillir tou-te-s les jeunes qui le souhaitent.

Signataires   :

Olivier Bleunven, Snetap-FSU, Valérie Bretel, SUD éducation, Guy Brucy, professeur des universités, historien de la formation professionnelle, Sabine Coste, chargée d’études IFE-ENS de Lyon, laboratoire ECP, Nicolas Chaudet, SUD éducation, Jérôme Dammerey, Snuep-FSU, Séverine Depoilly, maîtresse de conférences Espe Paris, Fabrice Dhume, enseignant-chercheur, Philippe Duffaut, Syac-CGT, Céline Dumoulin, ingénieure de recherche en sociologie, Henri Eckert, professeur de sociologie, Muriel Filippi, SYAC-CGT, Sigrid Gerardin, Snuep-FSU, Benoit Hubert, Snep-FSU, Prisca Kergoat, sociologue, Jean-Marie Le Boiteux, SNETAP-FSU, Anne-Marie Le gallo-Piteau, Snalc, Fabienne Maillard, professeure des universités, Gilles Moreau, professeur de sociologie, François Portzer, Snalc, Catherine Prinz, CGT éduc’Action, Didier Sablic, Snep-FSU, Lucie Tanguy, directrice de recherche honoraire au CNRS, Alain Vrignaud, CGT éduc’Action.


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La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

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C’est le spécialiste des réformes destructrices Chatel qui ont mis à mal le lycée général et liquidé la voie STI qui nous le dit.
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Au sujet des dépenses scolaires…

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Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

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Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

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Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED