Revalorisation salariale des personnels enseignants, ne nous laissons pas berner !

lundi 19 septembre 2016
par  Luc De Chivré
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Le ministère a définitivement arrêté ses choix en termes de grille salariale pour la « revalorisation » des rémunérations des personnels enseignants, en application du protocole PPCR dans la fonction publique. Ce projet, rejeté majoritairement par les organisations syndicales dont la CGT, est néanmoins mis en œuvre par le gouvernement, alors qu’en terme de revalorisation on est très loin de combler la perte monumentale du pouvoir d’achat, et qu’il s’agit en même temps de nous faire avaler une pilule inacceptable. Quoi qu’il en soit, ces nouvelles grilles seront en œuvre à partir du 1 janvier 2017
Le ministère va évidemment mettre en avant des chiffres intéressants avec, selon notre catégorie et notre échelon, des gains de 4 à 11 points d’indice pour les salaires. Mais, il oubliera de signaler que pour 4 points d’indice, ces « gains » correspondent à la conversion de la part fixe des ISOE en salaire. Même s’il est avantageux pour la retraite de convertir des primes en salaire, cette partie ne correspond pas à une véritable augmentation de salaire. De plus, la hausse de la cotisation retraite va également venir plomber la revalorisation salariale.
Au final, si on exclut la hausse de 0,6 pt d’indice qui a été obtenue suite aux journées de grève de mars-avril, et à la volonté de calmer la colère sociale, pour un professeur certifié au 7° échelon, l’augmentation du salaire en brut sera de 19,60 Euros. En net, ce sera moins !
En faisant un premier comparatif entre l’ancienne et la nouvelle grille, on s’aperçoit également que sur une durée de 40 ans d’exercice, pour un agent qui n’avancerait qu’à l’ancienneté, pour passer à la hors classe en fin de carrière, le gain au bout de 40 ans serait de 4,27%. Avec un deuxième comparatif qui concerne cette fois-ci un enseignant qui bénéficierait d’un avancement maximum, ce n’est plus un gain de salaire mais une perte de 2,42%.
En moyenne, sur l’ensemble des personnels enseignants, ce serait une augmentation de 5,21% bien loin des 15% de pouvoir d’achat perdu. Lire le 12 p revalorisation salariale et télécharger les nouvelles grilles de rémunération
Une faible augmentation, pour nous mettre sous pression !
C’est déjà ça de gagné me direz vous ! C’est vrai ! Mais en accordant cette faible augmentation, le ministère renforce le « salaire au mérite » et offre sur un plateau un outil supplémentaire pour que les chefs d’établissement et les inspecteurs puissent en demander encore plus aux enseignants, en renforçant l’évaluation des personnels. Il y aurait au cours de la carrière des évaluations formatives, mais aussi 4 évaluations qui détermineront la vitesse d’avancement du 6° au 7° échelon et du 8° au 9°, et aussi le passage à la hors classe et à une nouvelle classe intitulée exceptionnelle. Cette évaluation se fera avec une inspection, et aussi avec un entretien individuel avec le chef d’établissement pour le second degré. Aucune présence syndicale n’est autorisée au cours de cet entretien, pendant lequel le chef d’établissement sera chargé d’évaluer l’enseignant autour de 3 compétences qui ne concernent que des activités complémentaires à notre statut. Faisons bref, notre chef sera chargé d’évaluer ce que nous faisons en plus de notre travail et ce au cours d’un tête à tête. Difficile dans cette situation d’échapper à une quelconque pression pour travailler plus sans augmentation de salaire. Et parfois pour n’obtenir aucun accélération de l’avancement, puisqu’à chaque niveau et pour chaque année, seuls 30% des enseignants pourront bénéficier d’un gain d’ancienneté. Télécharger le 4 p évaluation des enseignants
Pour les passages à la hors classe, le ministère assure qu’il est prévu que chacun y accède, mais sans indiquer à quel moment. Et les personnels du premier degré en sont toujours exclus. Pour le passage à la classe exceptionnelle, il ne faut pas rêver ! Seuls 10% des membres d’un corps connaîtront cette joie immense, et sur ces 10%, 8% des places est déjà réservées pour des missions particulières.

La CGT éduc’action revendique :
Le versement immédiat à tous les personnels de 500 €, soit l’équivalent de 90 points d’indice, pour compenser en partie la perte de pouvoir d’achat qu’ils ont subie ;
une déconnexion totale entre la rémunération et l’évaluation.
une grille à un seul grade avec un avancement uniforme.


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Brèves

Ecoles Delaunay en action le 22 janvier 2020 pour revenir en REP+

jeudi 23 janvier

Lors de l’animation pédagogique du mercredi 22 janvier 2020 sur « les élèves à besoins particuliers », les enseignants ont rappelé leur exigence de classer les écoles maternelle Delaunay-Laurencin et élémentaire Sonia Delaunay de Dieppe (Val Druel) en REP+. En effet, elles sont sorties de l’Éducation Prioritaire en 2014 et ont été exclues des dispositifs REP et REP+ alors qu’elles répondent à tous les critères pour être classées en REP+. Son rang (64ème) au niveau académique la situe au même niveau que les écoles de REP+ du Havre ou de Rouen Nord.

Tous les enseignant·e·s des deux écoles sont venu·e·s avec un tee-shirt rappelant leur exigence et ont pris la parole en début d’animation. À l’issue de l’animation, l’urne était disponible pour pouvoir faire voter au référendum d’initiative populaire.

La CGT Éduc’action 76 soutient les collègues dans leurs actions.

Motion de soutien aux salariés de la Chapelle d’Arblay

mercredi 18 septembre 2019

Les camarades de la CGT Educ’action Haute-Normandie réunis en Assemblée générale de rentrée le 16 septembre 2019 à Maromme expriment leur soutien aux salariés de la Chapelle Darblay, menacés de licenciement.
Dans le secteur privé, les fermetures de site et les plans de licenciement se multiplient. Dans les services publics, ce sont les suppressions de postes massives et la dégradation des conditions de travail.
De plus, la réforme des retraites est une attaque contre l’ensemble des salariés.

  • Zéro licenciement !
  • Non à la fermeture des sites !
  • Non à la casse des services publics !
  • Non à la réforme des retraites ! Luttons tous ensemble !

Motion adoptée à l’unanimité par l’AG des syndiqué-e-s CGT éduc’action Rouen

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre 2019

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre 2019

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.