Lycées : silence aux dissidents de Turgot

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jeudi 29 septembre 2016
par  Luc De Chivré
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Le proviseur du lycée Turgot ne tiendra pas de chronique dans Libé. C’est le journal qui le révèle aujourd’hui (1). Agé de 59 ans, proche de la retraite, et donc plus libre de sa parole, le proviseur Christophe Barrand avait accepté de raconter son année au journal, au fil des semaines. Mais au lendemain du premier article (2), convoqué par le rectorat de Paris « dans les deux heures qui ont suivi la parution », le proviseur a renoncé. « Il a été rappelé à Monsieur le proviseur le devoir de réserve qui s’impose à tous les fonctionnaires » justifie le rectorat, cité par Libé.

Si Libé avait choisi le proviseur de Turgot, ce n’est pas par hasard. C’est parce que son lycée a été victime, en cette rentrée, d’un bug du logiciel d’affectation des collégiens dans les lycées généralistes, Affelnet (pour Affectation par le Net), qui a abouti à y faire affecter... 83% d’élèves boursiers. A priori, il s’agit du plus grave dysfonctionnement sur les lycées parisiens d’Affelnet, logiciel dont l’objectif (partiellement atteint, selon une enquête de Libé du mois dernier (3)) est par ailleurs d’accroître la mixité sociale, en introduisant les revenus de la famille dans les critères d’affectation. Mais dans la même enquête du mois dernier, le proviseur Barrand avait semblé mettre en doute, dans la mésaventure de son lycée, l’hypothèse du bug, et sous-entendre (sans l’affirmer) que Affelnet aurait pu être trafiqué par des mains malintentionnées : « ce ghetto social est un choix politique, pour protéger d’autres établissements qui ne voulaient pas de ces élèves ». On comprend que le soupçon vaguement complotiste n’ait pas plu au rectorat, qui parlait pudiquement, lui, de « situation atypique » du lycée Turgot.

Libé avait donc choisi de braquer sa loupe, toute une année durant, sur le cas le plus extrême de train-qui-n’arrive-pas-à-l’heure -malchance supplémentaire pour le rectorat : ce lycée du Marais est situé à exactement 400 mètres des anciens locaux parisiens du journal. Cette polarisation sur les-trains-qui-n’arrivent-pas-à-l’heure est un des reproches récurrents adressés par tous les pouvoirs à la presse, depuis que la presse existe. Laquelle presse répond 1) que les-trains-qui-n’arrivent-pas-à-l’heure font de meilleures histoires que la grande majorité des trains qui arrivent à l’heure, et 2) que les situations de crise sont plus révélatrices des points de tension d’une société, que les situations plus paisibles. Quoiqu’il en soit, l’affaire serait restée confinée aux rubriques Education, sans l’interdit du rectorat, qui la fait entrer dans la rubrique « censure ». Le proviseur dissident interdit de parole, et sur fond de méfiance généralisée contre les méchants algorithmes, on va désormais considérer avec toutes les suspicions un logiciel qui, par ailleurs, semble-t-il, remplit le moins mal possible son office.


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Brèves

Fusion des académies : j’habite à Evreux, pourra-t-on me nommer à Cherbourg ?

vendredi 13 septembre

La lettre de cadrage pour la fusion des académies de Caen et Rouen certifiait que la gestion des personnels enseignants ne serait pas impacté jusqu’en 2022 (Mais en 2018 on nous jurait que la fusion n’était pas encore décidée). A en croire M. le Ministre, jusqu’à cette ce cas de figure n’existera pas. Mais après 2022 ça devient tout à fait possible pour les personnels du second degré. Le Rectorat a tout intérêt à ce que la souplesse et la mobilité des personnels soient maximales. Et avec l’affaiblissement du rôle des CAPA il sera encore plus compliqué d’influer sur les choix des services académiques, sans oublier que pour les contractuels ce « contrôle » est inexistant.

Une fusion des académies pour fermer des sections !

vendredi 13 septembre

Le Rectorat et la Région Normandie lancent la réflexion pour une nouvelle carte de formation à la rentrée de septembre 2020. Ca ne sent pas bon du tout ! L’académie et la région de Normandie auront, si nous ne faisons pas reculer le Ministère, le même périmètre au 1° janvier. Les filières de formation, frontalières pour le moment, ou seulement identiques, seront à la prochaine rentrée dans la même académie. Ce sera une très bonne excuse pour fusionner et fermer par ci par là et pour récupérer les postes.

Mac Do Neufchâtel en Bray veut licencier une militante syndicale CGT !

vendredi 6 juillet 2018

Suite à un entretien disciplinaire une syndiquée CGT depuis un mois au McDonald’s de Neufchatel en Bray a été mise à pieds à titre conservatoire avant que ne soit décidé un licenciement. Les vrais motifs de cette mise à pied : la distribution de tracts dans les restaurants de cette franchise (Dieppe, Yvetot et Neufchâtel en bray) mentionnant les acquis obtenus au restaurant d’Elbeuf (13e mois, prime trimestrielles, congés enfants malades, arbre de Noël ...), et la crainte que les salariés reprennent eux aussi ces revendications !
Rassemblement Dimanche 8 juillet 18h45 devant le Mac Donald de Neufchâtel en Bray.

Grève à l’hôpital psychiatrique Janet au Havre !

mercredi 20 juin 2018

A l’image des salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les personnels grévistes de l’hôpital psychiatrique Janet du Havre ne lâchent pas le morceau. Ils exigent la venue de Mme Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé, l’ouverture d’une nouvelle unité pour que les patients ne soient plus dans des lits supplémentaires avec la création de 50 postes pluridisciplinaires pour la faire fonctionner, la stagiarisation de tous les contractuels-les, l’arrêt de la polyvalence, l’embauche de médecins psychiatres titulaires. Rendez vous jeudi 21 à 8h45 à l’hôpital Flaubert pour une haie de déshonneur pour les administrateurs de l’hôpital, et le samedi 23 à 17h45 sur le parvis du printemps.
Soutenez les revendications en écrivant à Mme Gardel

RESF : une bonne nouvelle qui se concrétise enfin !

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Mme Erdene, dont les enfants sont scolarisés au lycée de Déville-lès-Rouen et dans des écoles de Maromme, a reçu enfin son titre de séjour ; celui de son mari attend à la Préfecture, sauf imprévu.
Les bonnes nouvelles sur ce front sont si rares qu’il fallait en parler d’autant plus que pour d’autres familles, l’étau se resserre.
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La CGT Educ’action revendique la régularisation des lycéens majeurs et des parents d’élèves sans papiers.

Fusion des académies : où en est on ?

mardi 12 juin 2018

En janvier, Mr le Recteur des académies de Rouen et de Caen nous assurait que la fusion des deux académies n’était pas décidée et qu’elle dépendrait de l’évaluation qui serait rendue fin mars, début avril. Il était malgré tout resté bien silencieux lorsque nous lui avions dit qu’il était impossible d’évaluer un processus de fusion en 5 mois (l’expérimentation a officiellement début en novembre), et notamment les conséquences sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’enseignement, et que nous étions convaincus que cette évaluation serait bidon et que la fusion était déjà actée officieusement. Depuis, aucune nouvelle de cette évaluation, ni de la décision du Ministère qui devait tomber à la suite de l’évaluation. Mais cela n’est pas vraiment plus rassurant. Les organisations syndicales et les personnels avaient déjà été mis devant le fait accompli en septembre en apprenant seulement à la rentrée qu’une expérimentation était menée sur les académies de Rouen et de Caen. Et le Ministère ne compte pas lâcher de sitôt son projet de fusionner des académies qui sera une véritable manne pour supprimer des postes d’administratifs en fusionnant des services et des formations.