Familles sans papiers, comment aider ?

samedi 22 octobre 2016
par  Luc De Chivré
popularité : 2%

Vous avez peut-être remarqué l’arrivée de nouveaux élèves dans votre établissement qui ne parlent pas le français et qui ont du mal à suivre. Parfois, ces élèves manquent certaines demi-journées. Avez-vous pensé à vous renseigner sur leur situation ? La Cgt Educ’Action vous donne quelques pistes pour aider ces élèves à poursuivre leur scolarité sereinement. Il est important de rappeler qu’un mineur ne peut pas être en situation irrégulière, il n’est donc pas expulsable : ce sont ses parents qui peuvent l’être.
Lorsque ces familles arrivent en France, il est fort probable qu’elles soient dans l’attente d’une réponse pour une demande d’asile. La plupart de ces demandes sont refusées. Les parents se retrouvent en situation irrégulière et avec une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Le logement devient alors aussi un problème car les logements qui leur sont attribués sont réservés aux demandeurs d’asile et on leur demande de le quitter lorsque l’asile leur est refusé. Dans ces cas-là, on peut leur proposer quelques nuitées d’hôtel mais aucune solution de relogement durable.
Ces élèves manquent un certain nombre d’heures de cours pour assister à des cours de FLE (Français Langue Etrangère) ou FLS (Français Langue Seconde) afin de pouvoir par la suite mieux suivre une scolarité normale. Malheureusement, ces cours sont rarement sur l’établissement d’origine et ils doivent aller dans un autre établissement pour assister au FLE/FLS, ce qui peut être source d’inquiétude pour eux.
Si vous avez envie de les aider il suffit simplement de se faire connaître d’eux, en leur demandant d’où ils viennent et en leur faisant comprendre que si eux ou leurs parents ont besoin d’aide, ils peuvent venir vous voir.
Vous pouvez aussi vérifier s’ils connaissent le RESF (Réseau Education Sans Frontières) et les inviter à aller aux permanences pour ouvrir un dossier si ce n’est déjà fait. Si la famille est déjà connue du RESF, vous pouvez le contacter pour savoir qui suit leur dossier et avoir de plus amples informations pour les aider au mieux.
Vous pouvez aussi accompagner ces familles prendre rdv avec l’assistante sociale de l’établissement. Ce rdv est important car il permet souvent que ces enfants soient connus et qu’une aide leur soit proposée pour la cantine (nous nous assurons ainsi qu’ils ont de vrais repas plusieurs fois par semaine), pour des fournitures scolaires et parfois même pour leur titre de transport (le Fonds Social est là pour ça).
Un autre coup de pouce est possible : mettez un mot dans les casiers de l’équipe pédagogique de la classe de l’élève en question car nous le savons tous, nous ne connaissons pas toujours tous les détails d’arrivée des nouveaux élèves et il est important que ces élèves là soient repérés pour pouvoir les aider.
Une fois que vous avez rencontré la famille, si besoin, vous pouvez mettre en place un Comité de Soutien au sein de l’établissement. Un Comité de Soutien est là pour aider les parents à faire leurs démarches (avocat, mairie, assistante sociale…). Un membre du RESF peut se porter volontaire pour vous accompagner dans la création de ce Comité de Soutien et la CGT Educ’Action soutient ce genre d’initiative. Le Comité de Soutien peut aussi mettre en place des pétitions pour demander la régularisation des parents et ainsi assurer une scolarité sereine pour les enfants. Il est important aussi de faire faire des attestations par les différents membres de la communauté éducative montrant le désir d’intégration de ces élèves et de leurs familles (enseignants, CPE, assistante sociale, …). Tous ces documents sont importants pour compléter le dossier qui sera mis en route chez l’avocat de la famille.
Cette démarche est essentielle pour soutenir ces familles qui vivent souvent dans l’anonymat et dans l’ignorance des mécanismes d’aide. Se sentir accompagnées est très important pour elles et rassurant pour les élèves.

Pourquoi le RESF ?
Le RESF n’est pas une association, c’est un réseau. En Seine Maritime, il regroupe des syndicats et des associations. Il existe des groupes au Havre, à Rouen, à Dieppe et à Evreux. Le REST milite pour la régularisation des parents d’élèves et des lycéens majeurs en situation irrégulière.
Les engagements internationaux ratifiés par la France et le Préambule de la Constitution garantissent l’accès à l’école de tous les enfants, sans condition de régularité de séjour de leurs parents. Ils garantissent aussi le droit pour chaque enfant de vivre en famille.
Les lois relatives au séjour des étrangers en France et au droit d’asile sont complexes, changeantes, de plus en plus restrictives.
Face aux menaces qui pèsent sur ces personnes, le RESF apporte son appui, son expérience, son réseau aux comités de soutien qui se créent autour des enfants et de leur famille. Ses moyens d’action sont, outre les manifestations et les pétitions, l’accompagnement dans les demandes administratives ou juridiques, la défense des dossiers auprès du préfet, la sensibilisation de l’opinion publique.
Le RESF76 est un rassemblement et un carrefour d’organisations. Certaines sont en contact social étroit avec les familles sans papiers. D’autres sont très au fait du droit et de son évolution (très rapide et de plus en plus restrictive). La somme de ces connaissances et implications de terrain, de ces compétences juridiques et sociales, de ces outils font du RESF une machine informelle efficace.

Pour entrer en contact avec le RESF76 et le RESF27 :

LE HAVRE :
R.E.S.F. :
45 rue Pierre Benoît
76620 Le Havre
(près de la forêt de Montgeon et du Cimetière Nord dans le quartier du Bois de Bléville ) Pour le RESF uniquement : Tél : 0640663132
AHSETI
Transport en commun : Arrêt de bus « Gendarmerie » des lignes 14 ou 15 de Bus Océane
Association Havraise de Solidarité et d’Échanges avec Tous les Immigrés
Courriel : ahseti@gmail.com
En coopération avec CIMADE et RESF
Permanences le mercredi de 10 à 12 h et le vendredi de 10 à 12 et de 14 à 17 h
ROUEN :

resf76.rouen@orange.fr
Permanences un mercredi sur 2 entre 16H et 17H
Maison des Associations 22 Rue Dumont d’Urville

EVREUX :
Collectif RESF27 - 4 rue de Barrey - 27000 EVREUX / 07 81 77 73 54
Pour nous rencontrer : Uniquement sur Rendez-vous
Local Amnesty International / RESF
Faubourg Saint Léger
3 rue Vigor
27000 EVREUX


Documents joints

PDF - 45.6 ko
PDF - 45.6 ko
Word - 49.2 ko
Word - 49.2 ko

Agenda

<<

2017

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293012
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois

Sites favoris


7 sites référencés dans ce secteur

Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.