REMPLACEMENTS : Des solutions en trompe-l’oeil !

lundi 24 octobre 2016
par  Cécile DUCOS, François-Xavier Durand
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En présentant son plan de 7 mesures pour améliorer le remplacement des enseignants-es ab­sents-es ce mardi 18 octobre, la Ministre cherche à communiquer pour masquer la réalité vé­cue sur le terrain. Une nouvelle opération de communication qui prouve aussi que la priorité affichée pour l’Éducation n’était que de la poudre aux yeux et est loin de refléter les besoins urgents. Précisons aussi, que les enseignant-es ne sont pas plus absent-es pour raison de maladie que les autres salarié-es et agents de la fonction publique et/ou privé... voire même moins. Sauf à vouloir remettre en cause le congé maternité dans une profession fortement féminisée !

Des créations de postes et un recrutement insuffisants
En affirmant que le nombre de postes a augmenté depuis 2013, la Ministre ne précise pas dans le même temps qu’en plus des besoins de remplacement pour les en­seignants-es malades, de nouveaux dispositifs de rem­placements ont été créés.
En effet, les journées de décharge des directeurs d’écoles de moins de 4 classes et celles des ensei­gnants exerçant en REP+, nécessitent des postes. Cette nouvelle opération de communication du ministère masque mal la réalité des besoins sur le terrain car si de nouvelles missions de remplacements courts existent, cela impose une réelle politique de création de postes de remplacement. Or les postes créés, comptés aux plus juste, ce sont faits au détriment des nécessaires ouvertures de classes. De plus, le premier problème est celui du manque de recrutement d’enseignants.

Des missions de remplacement qui ont augmenté !

Ainsi, dans notre dépar­tement, à la rentrée 8 postes ne pouvaient être pourvus par manque d’en­seignants. Ce sont des bri­gades qui ont dus être mobi­lisés dans l’attente de l’ou­verture de la liste complé­mentaire ou du recrutement de contractuel-les. À l’issue de la CAPD du 18 octobre, ce sont 25 enseignant-es af­fecté-es sur des postes de brigade qui assurent des missions à l’année sur des postes vacants. Autrement dit, il manque a minima 25 emplois d’enseignants. Et la situation ne va pas s’arran­ger ! Dans tous les départe­ments la situation est com­parable.


Les ZIL en ligne de mire !

L’annonce de la Ministre de transformer les postes de ZIL en postes de brigade pour créer un vivier unique de remplaçants et soit-disant améliorer l’efficacité du remplacement va fortement dégrader les conditions de travail des personnels ainsi que les conditions de remplacement. En effet, les postes de ZIL permettent des remplacements de courte durée dans les circonscriptions. Or, par définition, la courte durée n’est pas prévisible. La durée peut varier en fonction des renouvellements des arrêts. C’est le manque de remplaçants ZIL qui contraint les circonscriptions à jongler avec la pénurie pour répondre aux arrêts maladie pour garde d’enfants malades ou Congé de Maladie Ordinaire.
Les secrétaires de circonscriptions subissent d’ailleurs en premier lieu le manque de postes de ZIL ce qui accroît leur charge de travail. Ce n’est pas en la centralisant qu’on réglera le problème. Par ailleurs, il est déjà fréquent que les circonscriptions se « prêtent » les ZIL selon les besoins. Il est tout aussi fréquent que les enseignant-es ne soient pas remplacé-es dans les grandes écoles (plus de 8 classes) et en maternelle pour permettre le remplacement de ceux des petites écoles élémentaires (moins de 5 classes).



Une culpabilisation affichée des enseignants
En affirmant d’une part que les enseignants-es ne sont pas plus absents que d’autres types de personnels, la ministre propose d’autre part des mesures qui ajoutent de l’huile sur le feu et discréditent les en­seignants-es et le travail des per­sonnels des circonscriptions char­gés d’organiser les remplace­ments.
La mesure n°6 qui vise à « mieux accompagner les per­sonnels pour éviter les absences perlées » risque de se traduire par une culpabilisation des col­lègues à prendre un arrêt ou à le renouveler. On a déjà entendu des propos d’IEN ou de DASEN qui affirment « il y a des col­lègues qui abusent, vous le savez bien », « vous êtes sûr que vous êtes malades » ou encore « vous êtes sûr que vous n’avez pas de solutions pour votre enfant ? » !

L’accompagnement individuel et l’invitation au sein de la cellule ressource humaine (c’est à dire à la DSDEN avec l’IA adjoint et le chef de service de la Division du Personnel) risque de se traduire par des rappels à l’ordre, voire des sanctions. Le tutorat, l’allè­gement de service (on peut en rire quand on constate qu’on ne peut l’accorder actuellement par manque de moyen) ou le retrait temporaire de service (enten­dons-nous, congé sans solde for­cé, mise en disponibilité, CLM ou sanction disciplinaire de niveau 2 ou 3) s’apparentent plus à des mesures répressives.

Réaffirmons-le, les ensei­gnants ne sont pas absents par plaisir et souhaitent aussi de la continuité dans leur travail.

Enfin la mesure n°7 qui vise à mettre en place un guide unique sur les différentes autorisations d’absence afin de clarifier à l’at­tention des services et des agents, le cadre juridique des droits et devoirs qui leur sont as­sociés, on est aussi en droit de craindre un cadre qui permettra l’augmentation des refus des au­torisations d’absence, phéno­mènes qui existent déjà.

Déréglementation de la formation continue
En proposant aux collègues de faire leur formation hors temps d’enseignement, c’est à dire le mercredi ou pendant les vacances, payée éventuellement en heures supplémentaires, la Ministre tente une relance de la formation continue sur le temps personnel.

La formation continue sur le temps de service est un droit. Chaque collègue a droit à 36 semaines de formation continue.

Or la formation continue a été mise à mal sous l’ère Sarkozy lorsqu’il a décidé d’employer les stagiaires sur les postes classes à l’année. Les Ministres Peillon/Ha­mon/Vallaud-Belkacem n’ont pas remis en cause ce principe. Au contraire, ils l’ont renforcé en dé­doublant les stagiaires par poste (2 PES en alternance). Si la for­mation continue existe de nou­veaux, elle reste timide (15 stages au Plan Académique de Formation à candidature individuelle) et for­tement contrainte (Formation à public désigné). Le nombre de postes de brigade stage reste très limité (25 postes brigade Forma­tion continue stage long !). Alors que les conditions de travail des enseignants-es sont déjà forte­ment dégradées par la multiplica­tions des réunions, des animations pédagogiques, des conférences ou des formations à public désigné le soir après la classe ou le mercredi après-midi, cette mesure va ac­centuer encore plus un système qui alourdit fortement le temps de travail.

Remplacement spécialisé : le parent pauvre !
Rappelons que le nombre de postes de Brigade ASH et ZIL ASH est très réduit ! Dans notre départe­ment il existe 4 postes de brigade ASH et 2 postes de ZIL ASH ! De nombreux collègues non spécialisés sont déjà affectés sur des postes spécialisés, et les rares postes de remplaçants ASH sont rarement occupés par des titulaires du CAPA-SH. Le manque de forma­tion spécialisée en est la principale cause. Une fois de plus, c’est un recrutement et des formations insuffi­santes qui créent la pénurie.

Retour de la précarité ?
Enfin l’annonce de la création de 1500 emplois ne doit pas nous bercer d’illusions. Cela ne garantit pas la création de postes d’enseignants, mais peut se traduire par un recrutement de contractuels comme le précise d’ailleurs la mesure n°4 de la Mi­nistre pour les absences de plus de 15 jours ! Il peut être fait également appel à des contractuels en CDI ou en CDD, dont le recrutement peut être anticipé pour faire face au pic des besoins de remplace­ment.


La CGT Educ’action 76 s’oppose à ces mesures et revendique :
  • La création massive de postes permettant d’assurer tous les remplacements tout au long de l’année
  • Le maintien des dénominations ZIL, Brigade maladie, brigade stages et ASH
  • Un recrutement à la hauteur des besoins
  • Des départs en formations spécialisées en nombre pour pourvoir tous les postes spé­cialisés
  • La transformation des temps d’animations pédagogiques et de M@gistère en temps de formation continue en présentielle
  • Une augmentation du temps de formation continue pris sur le temps d’enseigne­ment
  • Une revalorisation de l’ISSR.

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Brèves

La pédagogie Nutella ou le collège 2016... vu à la TV !

lundi 20 avril 2015

La réforme du collège 2016 agite le Landerneau enseignant depuis quelques semaines. Elle inquiète aussi à juste titre les parents qui se demandent bien ce que ledit collège réformé fera avec leur progéniture.

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Alors savourons cet avant-goût du collège nouveau...

Lire la suite sur le site La Vie Moderne

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Notre seule réponse à NVB : « Que les néo-libéraux tombent également le masque ! »

4 pages spécial Retraités de la FERC

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Au sujet des dépenses scolaires…

jeudi 22 août 2013

Chaque année, à l’approche de la rentrée, on retrouve dans les médias des articles plus ou moins bien renseignés sur les « dépenses de la rentrée des classes ». Je les parcours toujours avec un peu d’agacement quand ils mettent en avant les nouveaux cartables, les vêtements, les classeurs, les crayons et les compas, les garderies et les cantines.
Parler de ces frais là, c’est évoquer l’arbre pour cacher la forêt. Les cartables et les compas durent facilement plusieurs années et les vêtements ne me semblent pas être une dépense scolaire : mes filles iraient-elles nues si l’école n’existait pas ? Idem pour la cantine : il faut manger même en dehors de l’obligation scolaire. Admettons pour la garderie des petits. Ce qui m’interpelle, ce sont les frais dont on parle moins et qui pourtant jalonnent bien le parcours scolaire des jeunes.
Lire la suite sur le site de l’Ecole démocratique

Ecole élémentaire : en France, le nombre d’élèves par enseignant supérieur à la moyenne OCDE (Depp)

vendredi 16 août 2013

Selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » de la Depp, le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises se situe en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le taux d’encadrement dans les écoles élémen­taires fran­çaises est en des­sous de la moyenne des pays de l’OCDE, selon la revue « L’Éducation natio­nale en chiffres » éditée par la Depp et parue en juillet 2013.
Dans les pays de l’OCDE, le nombre moyen d’élèves par ensei­gnant était à ce niveau de 15,4, en 2011 contre 18,4 en moyenne en France.

Loire-Atlantique / Rythmes : lettre ouverte des UD CGT, FO, FSU et Solidaires au DASEN et aux 26 maires de Loire-Atlantique appliquant la réforme en 2013

samedi 29 juin 2013

Depuis plusieurs mois, nos organisations syndicales ne cessent de dénoncer la précipitation et les dangers contenus dans la réforme des rythmes scolaires. Si les appréciations de nos syndicats respectifs peuvent diverger sur l’analyse de la loi Peillon et de son volet sur les rythmes scolaires, cela ne nous empêche en rien de partager nombre de points de vue sur les effets néfastes de cette réforme. Les propos volontaristes des municipalités ayant décidé de s’engager dès septembre 2013 dans la mise en œuvre du pan de réforme sur les rythmes ne résistent pas à un l’examen pragmatique. Pour notre part cette réforme relève plus d’un projet politique portant sur la territorialisation de l’École que sur les effets bénéfiques pour les enfants et les familles.
L’intention gouvernementale affiche une volonté de servir la réussite scolaire des élèves. Nous pensons qu’il y a loin du discours à une réalité qui malmène aussi les personnels concourant aux rythmes éducatifs des enfants. Les campagnes de communication politiciennes ne peuvent dissimuler les malaises grandissant autour de la rentrée 2013 précipitée.
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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

mercredi 26 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?
Lire la suite sur le site d’ACRIMED