Encore une rentrée catastrophique !

déclaration de la CGT éduc’action académie de Rouen au CTA du 28/11/2016
lundi 5 décembre 2016
par  Luc De Chivré
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Nous souhaitons commencer notre déclaration par la question importante de la « revalorisation salariale » et de l’évaluation des personnels enseignants. La question du protocole de revalorisation préoccupe de nombreux personnels qui ont constaté une perte de pouvoir d’achat hors tabac de 14,27% depuis 2000. Ce que le Ministère présente comme une avancée est largement inférieur à ce qui a été perdu. En faisant des simulations tenant compte du fait que la part fixe de la prime ISOE est intégrée au salaire, ce qui est évidemment une bonne chose, en moyenne, sur l’ensemble des personnels enseignants, ce serait une augmentation de 5,21%, ce qui est très insuffisant. Et l’acceptation du PPCR entraîne de fait un gel des salaires jusqu’en 2020. Nous sommes opposés à la création de la classe exceptionnelle qui n’est réservée qu’à 10% des personnels et qui ne fera qu’accroître les inégalités, et nous dénonçons la nouvelle procédure d’évaluation des enseignants qui va venir renforcer les avancements de carrière au mérite, et les moyens de pression de la hiérarchie sur les personnels enseignants avec l’instauration d’entretiens individuels où l’enseignant n’est pas sur un pied d’égalité avec le chef d’établissement. La CGT éduc’action revendique une augmentation immédiate pour tous les personnels de 500 €, une déconnexion totale entre la rémunération et l’évaluation et une grille à un seul grade avec un avancement uniforme.
La question des lycées en éducation prioritaire nous interpelle également. La 1° réponse de Mme Vallaud-Belkacem aux personnels des lycées de l’éducation prioritaire qui étaient en grève le 17 novembre, et qui le seront encore le 29 confirme ce que nous avions déjà dénoncé. La liste des lycées en éducation prioritaire n’a jamais été présentée parce que tous les lycées sortent de l’éducation prioritaire. En recevant les personnels des lycées en grève et en daignant leur accorder l’intégralité de l’indemnité ZEP en 2018‐2019, au lieu d’un versement prévu aux 2/3, Mme la Ministre a rendu officielle la sortie des lycées de l’éducation prioritaire. Nous nous opposons à cette décision. Les difficultés sociales ne s’arrêtent pas en seconde. Nous rappelons notre refus de toutes sorties d’écoles, de collèges, de lycées de l’éducation prioritaire, et notre demande de réintégration de ceux qui en sont sortis en 2015 et de nouvelles entrées en fonction des besoins réels. Nous attendons de voir la confirmation et les contours de l’annonce de la création de 450 postes pour les lycées défavorisés avant de voir s’il s’agit d’un vrai changement de politique.
Concernant plus précisément le bilan de la rentrée scolaire 2016 dans notre académie, nous ne pouvons dans cette déclaration aborder l’ensemble de nos sujets de préoccupation. Quelques- uns ont retenu un peu plus notre attention.
La mise en place de la réforme du collège, alors même que les moyens budgétaires alloués aux collèges de l’académie devait permettre « d’accompagner tout particulièrement la mise en œuvre de la réforme du collège » (documents préparatoires au CTA du 20 janvier 2016, p 19), est une catastrophe. Nous dénonçons la nocivité de la réforme dont nous demandons toujours l’abrogation et nous constatons les conséquences négatives directes sur le terrain : des élèves dont le temps de cours est inférieur à l’horaire réglementaire, un temps de présence des enfants dans l’établissement accru, une amplitude horaire de présence des enseignants sur le lieu de travail bien plus importante, des emplois du temps annualisés, des conflits avec les chefs d’établissement, des enseignements différents selon les collèges, et des classes toujours aussi chargées !
Nous nous indignons également de la fermeture programmée d’au moins quatre collèges dans l’académie (Pablo Néruda, Jacques Daviel et Pierre Mendès-France dans l’Eure, et Guy Môquet en Seine-Maritime). Trois de ces collèges sont en éducation prioritaire et nous ne pouvons croire qu’il s’agit d’un hasard. Nous estimons que de petits collèges sont bien plus propices à des conditions d’enseignement sereines que de grands ensembles. Et nous voyons dans la fermeture programmée de trois collèges REP +, un danger de créer des collèges « explosifs ». Nous pensons que le rectorat doit peser de tout votre poids pour empêcher la fermeture de ces 4 collèges. Nous appelons également, dans un cadre intersyndical, les personnels et les parents à manifester le 10 décembre à Evreux contre la fermeture des trois collèges de l’Eure.
Nous sommes aussi très inquiets des moyens insuffisants en postes d’Assistants d’éducation. La situation est toujours particulièrement préoccupante dans de nombreux secteurs et notamment au lycée des Bruyères à Rouen, où il n’y a que 8,5 postes d’assistants d’éducation pour 1228 élèves plus les post-bacs, dont deux pour l’internat. La surveillance de l’établissement est donc le plus souvent assurée par 2 Assistants d’éducation seulement, et mercredi 23 novembre il n’y en avait qu’un. Les couloirs ne sont plus surveillés et il y a déjà eu au moins un cas d’agression d’enseignant. Nous demandons à ce que le rectorat prenne la mesure de la situation et accède aux revendications des personnels.
Concernant les lycées professionnels, à la suite d’un article du Canard enchaîné daté du 21 septembre 2016, titré « le tableau noir de l’enseignement professionnel », la CGT s’insurge contre la baisse de 3340 postes ETP dans l’enseignement professionnel depuis 2012. Pourtant, telle le mauvais élève se vantant devant ses camarades de classe d’obtenir de bons résultats, la ministre osait déclarer : « je suis particulièrement engagée en matière d’enseignement professionnel ». Elle était tellement engagée qu’on se souvient qu’en 2015, les 4000 postes prévus pour les LP ont été finalement affectés… à la réforme du collège (une autre grande réussite pour déréguler l’enseignement tout en prétextant lutter contre les inégalités scolaires). Pourtant, il y a urgence à financer une filière qui compte en son sein une forte proportion des élèves décrocheurs de ce pays. Le gouvernement, en parfait accord avec la droite sur ce sujet comme tant d’autres, préfère livrer petit à petit la formation professionnelle au patronat, à travers les aides accordées tous azimuts au développement de l’apprentissage, rompant ainsi avec le principe d’un enseignement public et laïc de l’enseignement professionnel, la notion de laïcité s’entendant au sens de l’indépendance des services publics à l’égard des groupes d’intérêt économiques privés.
Enfin, nous ne pouvons terminer cette déclaration sans alerter à nouveau sur la dégradation continue du climat de travail dans de nombreuses écoles et établissements. Prenant de face les conséquences sociales sur leurs élèves et leurs familles d’une crise économique amorcée dans les années 70, et subissant de plus en plus souvent les pressions d’une hiérarchie formée aux nouvelles méthodes de management, les personnels souffrent dans leur tête et dans leur chair de la dégradation de leurs conditions de travail. Nous le mesurons par exemple au lycée Val de Seine, où un enseignant a tenté de mettre fin à ses jours le 31 août dernier à cause de relations fortement dégradées avec la hiérarchie. Le rectorat avait pourtant été informé dès 2014 des tensions qui existaient dans cet établissement grâce à un compte-rendu de visite du CHSCTD qui pointait par exemple que, je cite : « les relations sont tendues entre le personnel de l’Education Nationale et l’équipe de direction dues notamment à des problèmes de communication. L’administration semble exprimer peu d’empathie envers les difficultés rencontrées par les personnels qu’elle encadre. » Malgré la tentative de suicide récente, l’administration continue à faire la sourde oreille, refusant de procéder aux enquêtes réglementaires paritaires (articles 5-7 et 53 du décret modifié n°82-453). Les personnels doivent en tirer toutes les conséquences, pour ne pas perdre leur vie à la gagner.



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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.