CHSCT : merci, patron ! Quel « plaisir » de travailler pour vous !

déclaration de la CGT éduc’action 76 au CHSCT 76 du 10 Mars 2017
samedi 11 mars 2017
par  Luc De Chivré
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Contrairement à nos précédentes déclarations, nous n’évoquerons pas ce que nous dénonçons depuis deux ans, à savoir la non-application des droits des travailleurs de l’éducation nationale, les multiples atteintes aux prérogatives du CHSCT, et le mépris à l’égard des organisations syndicales, donc des personnels, qui y siègent. Nous souhaitons au contraire intervenir exclusivement sur les points à l’ordre du jour et nous concentrer uniquement sur cela.
Nous ne reviendrons donc pas sur le refus de procéder aux enquêtes réglementaires (articles 5-7 et 53 du décret 82-453). Nous n’en voyons pas l’intérêt, il ne s’agit que d’une simple tentative de suicide, d’une tentative d’immolation par le feu sur le lieu de travail, qui ne concerne ni n’émeut les personnels de l’éducation nationale. D’ailleurs, l’Administration a bien fait de refuser les enquêtes paritaires réglementaires et de ne pas communiquer le contenu écrit de l’enquête administrative menée au lycée Val de Seine : il convient de laisser les gens sérieux et responsables mener les opérations, et non pas quelques activistes syndicaux qui, c’est bien connu, ne cherchent qu’à perturber le bon fonctionnement de l’institution.
Nous ne reviendrons pas sur le refus de la DSDEN d’appliquer les préconisations de sa hiérarchie, la DGAFP (Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique) au sujet des enquêtes réglementaires (voir note du 7 septembre 2015 lue en séance du 1er décembre). La DGAFP invite certes à diligenter de vraies enquêtes du CHSCT en cas de tentative de suicide et d’accidents de service, avant même que ceux-ci soient reconnus ou pas comme tels par l’Administration. Mais si l’Administration se met à appliquer tous les textes qui visent à favoriser la prévention et à protéger la santé des travailleurs, alors, où va-t-on ?
Nous ne reviendrons pas non plus sur les deux délibérations votées lors de la séance du 1er décembre 2016 et le refus par l’Administration d’en tenir compte. Le terme avis convient d’ailleurs mieux que celui de délibération. Les syndicats ont le droit de s’exprimer, c’est déjà amplement suffisant, il ne manquerait plus qu’ils aient la possibilité de décider ! Concernant l’avis sur la publication des rapports de visite du CHSCT sur les sites du rectorat et de la DSDEN, nul besoin de leur céder quoi que ce soit sur ce terrain. Cela n’intéresse et ne regarde en aucune façon les travailleurs de l’académie de Rouen. A quoi bon lire des rapports sur la situation d’une école d’un quartier populaire, l’école Jules Guesde, touchée par un climat de violence scolaire ? Ou sur celle d’un établissement spécialisé, l’EREA Dolto, victime d’une importante désorganisation du travail ? Chacun à sa place, chacun à son poste, exécution, et tout ira bien.
Nous ne reviendrons pas plus sur le refus de soumettre au vote les choix de visite du CHSCT. Les organisations syndicales doivent enfin comprendre qu’il faut faire confiance à leur hiérarchie pour orienter le travail des élus syndicaux sur les bonnes thématiques et visiter les établissements appropriés. L’ Administration a bien raison de faire obstacle à la visite de l’école Molière. Il ne faudrait tout de même pas mettre en évidence les situations de travail dégradées liées à la fusion d’une école maternelle et élémentaire, laquelle s’est opérée sans aucune préparation ni concertation, et montrer que, plus de deux ans après, cette fusion comporte toujours des facteurs de risques psychosociaux liés aux conditions de travail des enseignants dans une structure de cette taille, dans ce type de quartier. Mais à quoi bon visiter une école de 18 classes, classée en REP+, qui plus est, à taille humaine ? Car une école de plus de 430 élèves, en REP+, où donc est le problème ?
Puisque nous ne sommes donc guère revenus sur ces détails qui n’entravent en rien le bon fonctionnement d’une instance soucieuse du bien-être des travailleurs, abordons à présent l’ordre du jour. Il faut savoir passer à autre chose, même quand des injustices sont commises.
Au programme de cette séance, il est notamment question de la situation d’un personnel du lycée Val de Seine. Cela n’est pas précisé dans la convocation mais nous supposons que cela fait référence à la tentative d’immolation par le feu du 31 août 2016. A moins qu’il ne s’agisse du chef d’établissement, lui aussi victime de sa hiérarchie et obligé de mettre sous pression les personnels dans le cadre d’un management soumis aux contraintes de l’obligation de résultats, dans un système éducatif de plus en plus concurrentiel, et dans un contexte d’austérité budgétaire.
Concernant l’articulation entre CHSCT Académique et CHSCT Départemental, le rectorat a bien fait d’ignorer les syndicats élus depuis 2015 et de ne pas inviter ces impertinents à travailler sur cette question. Pourquoi convier en effet certains syndicats qui ont l’outrecuidance de dénoncer les atteintes aux droits des personnels et, comble de l’horreur, de les pousser parfois à la grève ?
Concernant les visites du CHSCT, la visite de l’ULIS du collège de Criquetot l’Esneval a permis de mesurer combien ce type de structure fonctionne parfaitement. La preuve, les personnels AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) acceptent d’y travailler malgré des salaires de misère, la très grande précarité de leurs contrats et des conditions de travail exténuantes. Mention spéciale à cette salariée qui a été renvoyée chez elle à la prérentrée, faute de contrat, et qui, sans contrat pendant six mois, est revenue travailler pour 10 heures par semaine à partir de mars 2016. Nous pouvons également dire un mot sur la visite récente du CHSCT au collège Rollon de Gournay en Bray, bien que le rapport ne soit pas encore achevé, faute de temps laissé à la disposition des représentants syndicaux. La lumineuse réforme du collège a déjà produit ses effets sur nos collègues. Comme le Ministère avait peur que ceux-ci s’ennuient, il les a contraints à mener de nouvelles expériences comme la mise en place des EPI ou de l’AP sans moyens suffisants, la multiplication de réunions de travail en dehors du temps de travail ou l’application de nouveaux programmes pour tous les niveaux simultanément, sans formation suffisante. Nul doute qu’ils comprennent mieux à présent les vertus de ces situations de travail en vogue telles que le surmenage, l’épuisement professionnel ou le management d’entreprise. L’augmentation de la productivité d’enseignants habitués à travailler peu, pardon ! la modernisation du système éducatif, est à ce prix.
Sur les demandes de transmission des rapports de l’inspection du travail ou de l’Inspecteur Santé et Sécurité au Travail, ainsi que des déclarations d’accidents de service au fil de l’année, nous nous inquiétons de voir transmis aux syndicats des documents confidentiels qui ne devraient rester qu’entre de bonnes mains. Il convient en effet de ne pas provoquer de panique chez nos collègues : pour être heureux au travail, il vaut mieux vivre dans l’ignorance des risques qui menacent la santé et la sécurité des personnels.
Sur la demande d’un groupe de travail relatif aux Troubles Musculo Squelettiques, nous sommes surpris de la mention « avec l’appui de l’ARACT ». Quand la CGT avait proposé en juin 2015 le concours de l’ARACT (Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) sur le transfert des formations qualifiantes des SEGPA vers les LP, cet acronyme avait été qualifié de « langage clanique » par l’Administration. La CGT aurait-elle donc eu raison de faire appel à cet organisme reconnu pour son expertise du monde du travail ? Etrange...
Comme vous le voyez, nous avons donc respecté notre engagement consistant à ne pas ressasser les mêmes discours et les mêmes revendications.
Bon, soyons clairs, ce vœu pieux, vous l’aurez deviné, n’est que rhétorique. La CGT ne pourra se plier, sans les condamner, aux desiderata de l’Administration. Oui, les personnels de l’éducation nationale sont des travailleurs comme les autres, et oui, il faut arrêter de minimiser les risques professionnels, en particulier psychosociaux. C’est pourquoi nous continuerons avec vigilance et ténacité d’apporter notre concours aux travaux d’un Comité dont nous demandons qu’il soit réellement soucieux de l’Hygiène, de la Sécurité et des Conditions de Travail.


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Brèves

Moins de fonctionnaires et un statut attaqué :

vendredi 26 mai

120 000 fonctionnaires en moins mais un service public renforcé. Comme depuis 10 ans, le but est donc de faire mieux avec moins, ce qui impliquera, dans les faits, une baisse des services rendus aux usagers et une détérioration des conditions de travail des personnels. Pour cela, la recette managériale habituelle : autonomie des chef-fes de services, individualisation des carrières et des salaires. Bref, la concurrence entre les personnels et la division

CEPIC, AVEC LA CGT, ILS et ELLES ONT GAGNÉ !

mardi 18 avril

Au bout de 2 semaines de grève totale et de blocage du site, les salariés de CEPIC ont arraché vendredi 14 avril un très bon accord :

  • une augmentation de salaire avec un talon de 30 €
  • une prime exceptionnelle équivalent à un mois de salaire
  • une prime de chiffre d’affaires mensuelle

De fait, ces mesures salariales amènent les salariés de CEPIC au niveau des minima conventionnels, que l’employeur refuse depuis des années. La grève menée par les militants CGT de CEPIC, épaulés par la présence permanente de l’UL Sotteville St Etienne a rassemblé du premier au dernier jour 90 % des salariés.
L’UD 76 et la fédération Chimie ont organisé la solidarité sur le piquet : des dizaines de syndicats cgt sont venus régulièrement soutenir. La victoire des CEPIC, après la victoire des Legrand est une victoire pour toute la CGT. C’est la victoire de l’unité et de la solidarité.

Lutte gagnante : victoire pour les travailleurs sans papiers du Marché de Rungis

mercredi 12 avril

Après trois semaines de grève et d’occupation de la Tour Semmaris, les pressions sur les entreprises pour l’établissement des CERFA, les parties (Préfecture, Min de Rungis, CGT) se sont mis d’accord sur les points suivants :

  • établissement par les services préfectoraux de récépissés avec autorisation de travail pour l’ensemble des grévistes ;
  • dépôt des dossiers des 128 travailleurs sans papiers en préfecture du Val-de-Marne.

En conséquence, l’occupation de la Tour Semmaris a pris fin dimanche 9 avril 2017.

Cette victoire est incontestablement à mettre au crédit de la lutte, de la détermination des travailleurs sans papiers, des militants de la CGT et des nombreux et divers soutiens qui auront pu s’exprimer.

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

Montreuil, le 10 avril 2017

Les salariés de l’usine Legrand ont gagné !

mardi 28 mars

Cet après-midi, après 9 jours de grève et de blocage , la direction de l’usine Legrand de Malaunay a cédé devant la délégation CGT et FO, et face à la détermination des salariés qui ont gagné 41,61 euros d’augmentation par mois.
La solidarité a joué un rôle déterminant. Le patron, énervé par la détermination des grévistes qui tenaient bon a lâché : « oui je le sais, vous avez une cagnotte », en faisant référence au soutien financier des autres syndicats CGT et d’autres salariés présents le jeudi 23 Mars devant l’usine. La CGT éduc’action de l’académie de Rouen était porteuse ce jour là d’un message de soutien. BRAVO aux LEGRAND !

Déclarations CGT éduc’action de mars 2017

samedi 25 mars

Lutte gagnante chez SIDEL, près du Havre :

mardi 21 mars

Après des propositions au rabais suite aux négociations salariales annuelles, les salariés de Sidel (métallurgie) ont décidé de se mobiliser pour les salaires alors que les résultats de l’entreprise sont au beau fixe. Après 2 jours de débrayages, la direction a été obligée de revoir sa copie à la hausse. Ainsi, l’augmentation générale pour les non cadres est passée de 0,4% à 1%, Pour les cadres, c’est 1,6% d’augmentation individuelle. La prime de transport est améliorée de 3%, et la prime de vacances de 1000 euros est reconduite. 5000 euros de primes vont être versés aux salariés ainsi qu’un bonus. Le mercredi 8 mars l’assemblée générale a accepté le contenu des négociations et a repris le travail .

Mutations 2° degré : le rectorat ne veut pas communiquer les postes vacants !

samedi 18 mars

Les collègues qui participent au mouvement intra du second degré l’ont déjà remarqué : le rectorat ne communiquera pas les postes vacants, hors postes spécifiques. La raison invoquée d’un problème de calendrier ne tient pas la route. En effet, le CTA qui entérine les suppressions de postes a lieu le 24 Mars, et à la demande légitime des organisations syndicales, il est important que la période de saisie des voeux ne se fasse pas pendant les vacances. Mais cette excuse soulève pas mal de questions : pourquoi refuser de diffuser les postes vacants au moins pour quelques jours, après le 24 Mars ? Pourquoi ne pas avoir fixé les CTA et les groupes de travail préparatoires plus tôt ? Pourquoi ne pas laisser le serveur SIAM ouvert jusqu’au 7 avril ? Cette décision ressemble plus à un refus de communiquer les postes vacants, qu’à un simple problème de calendrier !

Non, tout ne va pas bien dans l’éducation !

jeudi 9 mars

Contrairement à ce que le gouvernement déclare la rentrée 2016 n’est pas bonne, et celle qui se prépare va être encore pire. Les effectifs de classe vont encore augmenter. En Seine-Maritime, en collège, 40 classes vont fermer pour 31 ouvertures. Et les ouvertures ne se font que quand les classes sont déjà pleines à craquer ! Les collèges sortant de l’éducation prioritaire figurent dans le top 5. La fermeture du collège Guy Môquet au Havre est en cours. Dans les lycées les effectifs de classe dépassent de plus en plus fréquemment la barrière déjà inadmissible de 35 élèves par classe. Dans le 1° degré, en Seine-Maritime, 97 classes vont fermer pour seulement 37 ouvertures. Et dans l’Eure, avec des fermetures plus nombreuses que les ouvertures il y aura 6 classes de moins.